Une vie banale

J’ai commencé en juin de l’an passé à écrire sur mon quotidien à Hakodate, avant tout pour faire partager mon travail d’enseignante au Japon. Et au moment d’écrire sur le mois de juin de cette année, je me suis rendue compte que c’était à peu près la même chose, ce qui est tout à fait normal.

Old Public Hall
Old Public Hall, Hakodate
Trappistes
Monastère trappiste, Hakodate

Je mène une vie ordinaire, entre mon travail, mes différentes activités et mes amis. C’est une vie banale, dans laquelle je me sens néanmoins bien. Tout cela pour dire que je pense avoir fait le tour de ce que j’avais à dire sur ma vie quotidienne, et que je ne vois plus la nécessité d’écrire des articles qui en parlent.

Après le marathon
Soirée d’après marathon

Par ailleurs, je voulais parler d’un voyage que j’ai fait récemment dans les préfectures de Mie et de Wakayama, mais j’en ai perdu l’envie. Aujourd’hui, n’importe quel touriste visitant le Japon fait son propre blog pour parler de son expérience, et je ne vois pas vraiment la plus-value que je pourrais apporter en faisant part de la mienne.

Esashi 1
Kamomejima, Esashi
Esashi 2
Coucher de soleil, Esashi

C’est donc ici que s’achève ce blog, et que s’achève aussi mon compte Twitter. Twitter est un réseau social qui m’a fait découvrir beaucoup de choses et rencontrer de belles personnes (comme Judith, du blog Jud à Hiroshima), mais aujourd’hui, j’y vois beaucoup plus de négatifs que de positif. Ma page Facebook aussi disparaîtra dans peu de temps, puisque le blog ne sera plus alimenté et qu’elle n’aura plus de raison d’être. Par contre, je resterai présente sur Instagram (Pamela4785) car j’aime bien prendre des photos.

Hakodate
Baie de Hakodate

Enfin, sachez qu’avec mon amie Mizuki nous lançons le projet « Hakonnections », destiné à faire découvrir le sud de Hokkaido aux touristes francophones. Notre site n’a pas encore beaucoup de contenu, mais si cela vous intéresse, n’hésitez pas à y faire un tour.

Festival
Soir de festival entre amis

Merci à toutes et à tous de m’avoir lue et encouragée à travers vos commentaires, ce fut une aventure sympathique.

Paméla

 

Avec du retard, retour sur avril et mai

Le mois d’avril, mois de la rentrée scolaire au Japon, est un mois où les professeurs, comme moi, sont très occupés. Puis vient mai et sa Golden Week, puis un problème personnel est apparu… tout cela m’a empêchée de rédiger mon journal d’avril-mai plus tôt.

Photo 6 - Mi-mai
L’église catholique de Hakodate

Résolution du mystère N.-chan
Au mois de mars, je vous avais parlé de N.-chan, une de mes élèves qui m’intriguait par son comportement. Pour rappel, il s’agit de la jeune fille qui me collait comme un enfant apeuré collerait sa mère. Le mystère s’est très vite éclairci en ce début d’année scolaire, puisque N.-chan est venue elle-même me dire ce qui la tracassait : en fait, elle ne souhaite pas aller à l’université, et elle voulait en parler avec moi puisque je n’y suis pas allée moi non plus.

Son rêve est de devenir coiffeuse et de travailler à l’étranger. Et la petite a bien fait de me parler, puisque j’ai justement dans mon entourage une copine japonaise qui a exercé à New-York le métier de coiffeuse… durant 30 ans ! Je l’ai donc présentée à N.-chan, et je continue toujours à discuter de son avenir avec cette dernière. Guider les élèves dans leurs questionnements et les rassurer est une partie du métier d’enseignant que j’adore particulièrement, et je me sens honorée de la confiance que N.-chan a placée en moi.

Photo 3 - Cerisiers
Fin avril, les cerisiers sont enfin en fleurs !

Apparition d’un nouveau mystère : M.-chan
M.-chan est une élève de troisième année à qui j’ai enseigné durant sa première année. Molle et passive en classe, voire désinvolte, mais plutôt bonne dans ses tests, c’est l’une des rares élèves qui a réussi à m’énerver. Je crois qu’elle se foutait de moi, tout simplement.

Alors quelle ne fût pas ma surprise de la voir, chaque fois que je suis à l’école, venir dans la salle des profs où j’ai mon bureau. Au début, j’ai pensé qu’elle voulait voir un autre prof, qui n’était pas là, et qu’elle avait décidé de me faire la conversation, mais j’ai fini par comprendre qu’en fait c’était moi qu’elle venait voir.

Chaque fois que je la croise dans un couloir, elle m’arrête pour me poser des petites questions, soit sur la langue française, soit sur ma robe orange qu’elle aime bien… bref, sur tout et rien !

Peut-être que, comme N.-chan, elle doit me demander quelque chose, et que tourner autour du pot fait partie de la stratégie des lycéennes japonaises ! Je vous tiens au courant.

Photo 8 - Esan
En juin, c’est au tour des tsutuji (azalées) de fleurir, ici à Esan

Les malheurs de mes collègues masculins
Le début de l’année scolaire est aussi l’occasion, pour les profs, de sortir manger et picoler, ce que j’appelle « les beuveries des profs », parce que c’est vraiment à ça que ça ressemble. Après quelques verres, il y a toujours au moins un homme qui se plaint de sa situation « amoureuse », genre « Ma femme ne me prépare plus de bentō, c’est la fin ! »

Celle-là, elle peut prêter à sourire, mais certaines histoires sont un peu plus perturbantes. Ainsi d’un collègue dont l’épouse reste au foyer… et n’y fait strictement rien ! Le ménage, les courses, les comptes, la préparation des repas… tout repose uniquement sur ses épaules à lui, en plus des 12 heures par jour qu’il passe à l’école, et le pauvre est épuisé.

Autre exemple assez perturbant, alors que la conversation avait tournée sur l’assurance-vie : « Moi, ma famille ne me pleurera pas. Enfin, les premiers jours peut-être, mais après ils s’en ficheront ».

Ce n’est pas la première fois que j’entends ce genre de phrases, et je me demande toujours si mes collègues n’exagèrent pas un peu. Probablement, mais je crois qu’il y a aussi un réel problème avec leur famille.

Photo 1 - Sekikawa-san
Un an après, on se revoit par hasard !

Voyage en terre inconnue
Durant la Golden Week, je suis allée dans la préfecture de Mie avec une amie française. Nous avions choisi cette région car nous n’y étions ni l’une ni l’autre jamais allée. Étant donné que j’ai pas mal de choses à dire sur ce petit séjour, je vous en reparlerai dans un autre article.

Photo 4 - Ise-jingu
Le grand sanctuaire d’Ise

Soutenir la communauté LGBT
Dustin, un Américain vivant à New-York, est venu rendre visite à sa grande amie qui vit à Hakodate, l’ancienne coiffeuse dont je parlais plus haut. Dustin est gay et, ayant été élevé dans une famille traditionnaliste de la campagne américaine, il a beaucoup souffert étant jeune.

Mon mari a profité de sa venue pour organiser un colloque à l’université et ce colloque a été bouleversant. Dustin a parlé de sa situation personnelle de façon très émouvante, expliquant comment il était persuadé de croupir en enfer parce qu’il était « déviant ».

Parmi les participants, des parents mais aussi des jeunes ont osé exprimer leur désarroi face à leur situation. Cela m’a fait réaliser à quel point tous ces gens, familles incluses, avaient besoin de parler et d’être écouté et soutenu.

Photo 5 - Dustin
Bienvenue à Hakodate Dustin, et merci pour tout !

Le projet GRHABIP
GRHABIP est l’acronyme de « GReat HAkodate Bay Innovation Project » et le but de ce projet est de promouvoir le tourisme dans la ville. J’y participe en tant qu’étrangère habitant la ville, simplement pour donner mon avis. Pour l’instant, il n’y a pas grand-chose à en dire, sinon que c’est une belle initiative !

Photo 7 - Hakoba
Visite du Hakoba, tout nouvel hôtel de Hakodate

Il s’est, en-dehors de tout ceci, passé énormément de choses mais je ne me sens pas le courage de les raconter. J’ai donc choisi de parsemer mon article de plusieurs photos qui vous donneront, je l’espère, un aperçu de la vie à Hakodate au début du printemps.

Mars 2017 à Hokkaidō : Love, love, love

Fin d’année scolaire oblige, en ce mois de mars je vais beaucoup vous parler d’école. Relations avec les élèves et avec les collègues sont au menu !

Larmes, selfies et jus d’orange
Le 1er mars de chaque année se tient la cérémonie de fin d’études du lycée. C’est toujours un moment très émouvant pour toutes les personnes présentes. Devant la scène sont installées les élèves qui terminent le lycée. À leur droite, les personnalités importantes de l’école, à gauche les professeurs, derrière les parents et les élèves de première et deuxième années.

Comme nous sommes une école chrétienne, la cérémonie débute invariablement par une messe. Ensuite, c’est l’appel de toutes les élèves de 3e année, qui montent sur scène et se voient remettre un diplôme par le directeur de l’école et leur prof principal. Elles descendent ensuite à l’autre bout de la scène, et saluent les professeurs, puis les parents et vont se rasseoir. Quasiment toutes nos élèves font ce chemin en pleurant, et parfois, nous les profs on pleure aussi. Le directeur, lui, ne pleure jamais, et je me demande bien comment il fait.

Une fois que tous les diplômes ont été remis, vient le temps des interminables discours. Le directeur de l’école d’abord, puis la présidente de l’association des parents d’élèves, puis une représentante des élèves de première et deuxième année, et enfin une représentante des élèves diplômées.

Après cela, ces dernières quittent la salle sous les applaudissements des personnes présentes. Les professeurs principaux des troisième année partent ensuite pour leur salle de classe, puis d’autres professeurs conduisent les parents dans ces mêmes salles. Ceux qui restent sont chargés de ranger les chaises.

Après la cérémonie, nous avons un repas dans la grande salle d’un hôtel de la ville. Nos élèves se jettent alors sur nous pour prendre des selfies et au bout d’un moment on a tous la tête qui tourne. Puis on mange, répartis à des tables avec des élèves, on discute et certaines élèves jouent de la musique pendant le repas, qui est arrosé au jus d’orange ou au thé.

Une fois que nous sommes bien repus, les professeurs principaux des troisième année font un discours. Celui d’une de mes collègue m’a beaucoup marqué, et particulièrement la fin : « Je vous aime, je vous aime énormément. Vous ne vous rappellerez peut-être pas mon nom dans quelques années, et je m’en fiche, mais je veux que vous vous souveniez que je vous aime et que j’ai fait tout mon possible pour vous soutenir. »

Ensuite, des photos des trois années que les filles ont passées au lycée défilent sur différents écrans, accompagnées d’une musique qui donne bien envie de pleurer. Puis les profs partent, sous les applaudissements des élèves. La cérémonie est terminée.

Les beuveries des profs (et là, on ne tourne plus au jus d’orange !)
L’année scolaire se terminant en mars, nous avons beaucoup d’occasions de sortir entre profs. J’adore mes collègues, et sortir avec eux n’est jamais déplaisant. Je vois souvent certains étrangers, sur les réseaux sociaux, se plaindre de ces sorties, mais moi j’adore, car mes collègues sont hyper sympas et nous sommes tous très soudés.

Notre première soirée s’est déroulée le soir de la cérémonie de fin d’études. Comme on avait terminé notre déjeuner à 15h, personne n’avait faim, mais nous avions par contre tous terriblement envie d’une bière.

Le hasard a voulu que je sois assise à côté de celui que j’appelle bogoss, mon collègue bel homme. On ne se parle pas souvent à l’école, car nous n’avons pas trop l’occasion de nous voir, mais on commence à bien se connaître parce qu’on est toujours ensemble dans les soirées et on s’entend bien.

Comme d’habitude, nous avons parlé de tout un tas de choses durant 2h, les sujets allant de la course à pied à la politique, en passant par nos frères et sœurs. Nous sommes ensuite aller prendre quelques verres tous les deux chez Kinoshita-san, l’un de mes bars favoris, où nous avons encore papoté comme des commères avant de rentrer complètement claqués. C’est une soirée qui m’a fait énormément plaisir, parce que je pense que ce n’est pas tout le monde qui est suffisamment ouvert d’esprit (ou un peu fou !) pour aller prendre un verre à tête-à-tête avec une étrangère qui ne parle pas parfaitement japonais. Et lui aussi était ravi, car de son aveu, c’était la première fois qu’il avait une bonne discussion avec une personne non japonaise (mon collègue néo-zélandais n’entrant pas, pour lui comme pour nos autres collègues japonais, dans la catégorie « non-japonais »).

N.-chan et la classe de 2e année
Une de mes élèves de 2e année, N.-chan, m’a beaucoup intriguée en cette fin d’année scolaire. Pour dire les choses simplement, elle me collait et faisait le bébé. Chaque fois que je la croisais dans les couloirs, elle me disait que j’étais belle, que je sentais bon, qu’elle m’aimait. Bon, jusque-là rien d’anormal, la gaijin de l’école est toujours un phénomène de foire. Mais ce qui est plus rare, c’est qu’elle se comportait ainsi pendant les cours. Et dans la rue. Après la cérémonie de remise de diplômes, alors que je m’en allais à l’hôtel pour la réception, j’ai croisé N.-chan et d’autres filles de sa classe. Elle m’a alors pris par le bras, a posé sa tête sur mon épaule et m’a supplié de ne pas l’abandonner. Son comportement m’a paru tellement étrange que j’avais décidé d’aller voir son prof principal pour savoir si elle n’avait pas un problème dans sa vie personnelle, et puis faute de temps je n’ai pas pu et les vacances sont arrivées. En y réfléchissant maintenant, je crois qu’elle était stressée par son passage en 3e année.

Mais elle n’est pas la seule à m’avoir surprise, toute la classe m’a pris de court lors de notre dernière séance. L’une des élèves m’a demandé ce que nous ferions en 3e année, et déjà là j’étais surprise car elles étaient sensées le savoir : je ne serai pas leur prof. J’ai donc pris des pincettes et leur ai dit que la probabilité était forte pour que je ne sois pas leur enseignante. Cris de surprise et de déception ! Comment ça, on ne fait pas de français l’année prochaine ? Ben, non, je vous l’ai dit déjà plusieurs fois… Non, mais nous on ne veut pas, on veut rester avec toi !

Leur réaction m’a fait chaud au cœur, mais m’a fait de la peine tout à la fois. J’adorais cette classe, et quand je l’enseignais, j’adorais le cours de 3e année. Une fin d’année scolaire, c’est rempli d’amour, mais aussi de tristesse.

Esashi et Parikko Bento
Marie, l’amie de mon amie Mizuki, est venue à Hakodate au début du mois de mars. Et la passion de Marie, ce sont les bento ! Si ce sujet vous intéresse aussi, je vous invite à faire un petit tour sur son blog : ParikkoBento.

Du coup, afin de lui laisser un bon souvenir de Hakodate, nous avons organisé un événement autour du bento, en collaboration avec Kitami-san, notre ange-gardien et avec l’aide précieuse de Yamada-san, mon maraîcher.

Nous avons fait une présentation sur le bento et j’ai donné un petit cours de français. Ensuite, avec les participants, nous avons rempli nos boîtes à bento et nous avons mangé tous ensemble en discutant. Ce fut une très belle journée !

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Avant cet événement, nous sommes allées visiter Esashi toutes les trois. En mars, Esashi se transforme en village des poupées ! Comme vous le savez sans doute, le 3 mars au Japon, c’est hina matsuri (ひな祭り), la fête des poupées, et par extension la fête des petites filles. Et à Esashi, ils font les choses en grand ! Toutes les vitrines de magasin en sont ornées, et le clou du spectacle est dans ichiban-kura : il y en a du sol au plafond !

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Poupées Hina-ningyō à Esashi, mars 2017

Nous avons aussi eu la chance, grâce à notre ami Muroya-san, de pouvoir visiter le temple annexe Nishi Hongan-ji et d’être reçu par le bonze qui nous a fourni des explications fascinantes, à la fois sur sa branche du bouddhisme et sur l’architecture du temple.

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Nishi Hongan-ji Betsu-in, Esashi

Et avant de rentrer, nous avons été saluées par les rayons du soleil se couchant sur une mer du Japon agitée.

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Vue sur la mer du Japon, Esashi, mars 2017

C’étaient donc les événements qui ont principalement marqué mon mois de mars. J’ai aussi eu beaucoup de travail, mais ce n’est pas forcément intéressant à raconter, alors à lire… En échange, je vous propose quelques photos de Hokkaidō en ce mois de mars 2017.

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Aomori vu depuis Hakodate, mars 2017
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Kikonai, mars 2017
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Kikonai, mars 2017

Aventures dans le sud de Hokkaidō : février 2017

Février a été un mois plutôt tranquille, mais j’ai tout de même de beaux souvenirs à partager avec vous.

Le festival de la neige d’Onuma (5 février)
Le festival des neiges de Sapporo est sans doute le plus connu des festivals d’hiver du Japon. Mais d’autres endroits enneigés ont aussi leur petit festival, comme à Onuma. Les sculptures y sont de dimensions beaucoup plus modestes, mais cela reste un festival intéressant, car on peut y pratiquer diverses activités. Et puis le cadre est magnifique, avec le mont Komagatake en arrière-plan.

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La pointe enneigée du Komagatake

Nous avons choisi deux activités, une randonnée en raquette et la pêche aux wakasagi, ces petits poissons qui se mangent frits. Les deux activités se déroulaient sur le lac Onuma, bien gelé en cette période de l’année. Il faisait doux et nous avions chaud durant la randonnée, mais il faisait très froid durant la partie de pêche, parce que nous étions immobiles. En plus, les poissons ne mordaient pas à l’hameçon, et l’appât finissait par geler au bout de la ligne. Ce fut néanmoins une très belle journée.

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Rando en raquettes sur le lac Onuma
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Ça ne mord pas…

 

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Toboggan de glace !

Les adieux
Chaque année, de septembre à février, trois étudiants français viennent étudier à l’université Mirai Daigaku. Les trois qui sont venus cette année sont ma troisième « cohorte d’étudiants », et ils étaient drôlement sympathiques. Nous avons fait plusieurs activités et sorties ensemble mais comme toute bonne chose a une fin, il a malheureusement fallu se dire au revoir ce mois-ci.

La famille de l’un d’entre eux est venu lui rendre visite jusqu’à Hakodate, et nous sommes allés tous ensemble dans un izakaya. J’adore discuter avec les Français qui découvrent le Japon, pour connaître leurs impressions. Ça me permet de redécouvrir certains aspects que j’ai tendance à oublier avec le temps.

Le séminaire sur le tourisme
Ce mois-ci se poursuivait le séminaire sur le tourisme, à destination des personnes qui veulent devenir guide bénévole. Ce n’est pas mon intention, mais je m’étais dit que ça serait une bonne idée pour en connaître plus sur ma ville. Mauvaise idée…

Lors de l’atelier du 11 février, nous devions créer, en groupe, un itinéraire autour de la forteresse Goryokaku. Franchement, je n’y connaissais rien et les dames de mon groupe n’avaient pas l’air plus au courant. On a réussi tant bien que mal à faire un parcours, pas terrible à mon avis, puis il a fallu le présenter devant les autres groupes. La madame assise à mes côtés, une vieille relou dont je reparlerai plus loin, me demande d’être la personne qui présente pour notre groupe. Pourquoi moi l’étrangère, je n’ai pas bien compris. Je lui explique que je n’ai pas confiance en mon japonais, alors elle demande aux trois autres, parce qu’elle elle ne peut pas, elle doit partir. On est resté cinq minutes silencieuses, personne ne voulant se décider à présenter. Ça m’a énervé et j’allais me proposer quand une autre personne a dit qu’elle le ferait.

Après toutes les présentations, nous avons voté pour l’itinéraire que nous préférions, et la majorité des gens ont voté pour l’itinéraire que je n’aimais pas, parce que beaucoup trop pointu à mon goût. Je ne crois pas que des touristes demandent ce niveau précis d’informations, mais bon, c’est l’itinéraire choisi.

 

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Tu le sens, le froid ?

Le 18 février, nous testons le parcours choisi. Pour moi, ça a été l’horreur. Tout d’abord, une tempête de neige s’est abattue sur Hakodate cet après-midi-là, et il faisait horriblement froid. En plus de ça, les explications des personnes qui avaient conçu le tour étaient interminables et nous devions rester 10 à 15 minutes à chaque endroit qu’ils avaient sélectionné, à écouter des points des détails alors que nous étions assaillis de tous côtés par le vent et la neige. C’est bien simple, on gelait sur place.

La vieille madame relou n’arrêtait pas de faire des commentaires et de poser des milliards de questions. Pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti l’envie de tuer quelqu’un. Je me voyais en train de poser mes mains autour de son cou et de serrer de toutes mes forces en hurlant « Mais tu vas la fermer, ta gueule ! ». Au bout d’1h30, je n’en pouvais plus, et je me suis excusée en disant que j’avais trop froid et que je ne pouvais pas continuer.

Pour la séance du 25, nous étions en intérieur pour une séance divisée en deux parties. La première portait sur les points d’intérêt de la ville, et le conférencier expliquait vraiment bien, donc j’ai beaucoup aimé. Mais la deuxième partie, dont j’attendais pourtant beaucoup, a été décevante. Il s’agissait de la partie sur l’histoire de la ville, et peut-être qu’elle était intéressante, mais je n’ai rien compris. Tout d’abord, le présentateur, un vieux monsieur qui sentait la naphtaline, membre de la société d’histoire de la ville, n’a pas utilisé de PowerPoint et c’est bien embêtant pour moi, car ça me prive d’un bon support pour suivre une conférence en japonais. Il avait photocopié tout un tas de vieux documents sur du papier de mauvaise qualité et dans un ordre complètement anarchique. J’ai donc dû écouter pendant 1h30 un discours auquel je ne comprenais que dalle, et croyez-moi c’est long !

C’était au final un séminaire plus décevant qu’autre chose pour moi, mais les autres avaient l’air ravi.

Une affaire qui roule
Février a aussi été le mois « business », puisque nous avons décidé, avec une amie, de nous lancer. Tout n’étant pas encore bien défini, je ne peux pas vraiment en parler, mais nous avons énormément de soutien et nous formons une bonne paire.

Un de mes anciens collègues lance aussi sa propre compagnie, et il m’a convié à la première réunion de son équipe mais je ne pourrais malheureusement pas mener les deux projets de front.

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Avec mon épi légendaire, toujours présent lors des interviews avec photo

J’ai également lancé un cours de français pour débutants en février, et jusqu’à présent tout se passe bien. Je dois néanmoins travailler à la promotion de ce cours pour attirer plus d’élèves, mais je n’en ai pas eu le temps jusqu’à présent.

La jeune fille qui a commencé son cours privé le mois passé continue, plus motivée que jamais, et nous sommes passées à 2h par semaine pour elle.

Golden Week
Avec mon amie Orianne, qui vit à Tokyo, nous avions décidé de changer notre lieu de rencontre de l’année. D’habitude, c’est elle qui vient à Hakodate ou c’est moi qui vais la squatter à Tokyo, et on s’était dit qu’on devrait un jour voyager ensemble dans un endroit où ne nous sommes jamais allées.

Ce mois-ci, nous avons enfin eu le temps de nous mettre d’accord et de faire nos réservations. L’endroit où nous allons est souvent demandé aux amateurs de mots croisés, sous la définition « baie/ville du Japon en 3 lettres ». J’ai bien hâte de revoir mon amie, et bien hâte de découvrir une nouvelle région !

 Mars s’annonce déjà bien plus rock’n roll que février, et j’ai déjà hâte de partager la suite de mes aventures avec vous.

Aventures dans le sud de Hokkaidō : janvier 2017

Le climat de janvier
En début de mois, le ciel était souvent gris et c’était assez difficile pour le moral mais vers le milieu du mois, il a commencé à faire enfin beau. Mais le retour du ciel bleu s’est aussi accompagné de températures froides. L’hiver bat son plein !

Activités et promenades
Le 4 janvier, en début d’après-midi, j’ai rendez-vous avec Hanzawa-san, journaliste au Hakoshin (函新, diminutif de Hakodate Shimbun, le journal de Hakodate) au café Marutamagoya, pour une entrevue. Hanzawa-san prépare une série d’articles sur les personnes du signe du coq, dont je fais partie, et il m’a interrogée sur mes projets pour l’année à venir. J’y suis allée avec Romain, un étudiant français en échange, et après l’entrevue nous sommes allés nous promener. Nous avons marché depuis Motomachi jusqu’au sanctuaire Hachiman, dans le quartier Yachigashira, puis nous nous sommes arrêtés au Café Classic, qui est un de mes favoris à Hakodate.

 

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Hachiman-gu, Yachigashira

Le mercredi 11 janvier a sans doute été la journée la plus froide du mois. Il faisait -16 en température ressentie, et c’était assez pénible. Cet après-midi là, avec les étudiants français, nous avions une entrevue avec le journal Hokkaidō Shimbun pour l’événement « galette des rois » que nous organisons et qui aura lieu dimanche. C’était un certain Nishimura-san qui devait nous interroger, mais finalement, c’est Hoshino-san qui est venue. Je la connais bien et j’étais ravie de la revoir. Le soir, en rentrant de l’entrevue, nous avons décidé d’aller manger tous les trois au Lucky Pierrot. Lucky Pierrot est une chaîne de hamburger locale, très populaire.

 

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Le Chinese Chicken Burger, numéro 1 chez Lucky Pierrot

Le 13 janvier, la météo que j’attendais est là ! Après les grosses chutes de neige de la veille, avoir un beau ciel bleu est une aubaine pour aller faire des photos. Je voulais aller jusqu’au cap Tachimachi, mais j’ai finalement trouvé un bon endroit au parc Hakodate Kōen, dans le quartier d’Aoyagi-chō.

 

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Hakodate Gokuku-jinji

Dimanche 15 janvier, c’est le grand jour ! Aujourd’hui, nous fêtons les rois au Marutama Square de Kitami-san. Au total, une quarantaine de personnes sont attendues, 20 en matinée et 20 en après-midi. Le programme est le même que celui de l’an passé. Après avoir parlé brièvement de la tradition de la galette, j’ai donné un mini-cours de français et chaque table a pratiqué avec les étudiants français et Mizuki, qui étaient venus me donner un bon coup de main. Comme l’an passé, la journée a été longue et épuisante, mais tout s’est bien passé.

 

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Entrer une légende

En ce samedi 21 janvier, exceptionnellement, je ne travaillais pas le matin. J’ai donc eu la chance de pouvoir participer à un atelier où l’on pouvait apprendre à faire des soba. C’était très intéressant, mais vraiment compliqué ! Néanmoins, les soba fraîches sont bien meilleures que celles que l’on peut acheter en supermarché. Après l’atelier, Romain et moi avons marché jusqu’au cap Tachimachi. Il n’y avait personne, et c’était génial d’avoir pour nous seuls cet endroit si magnifique. Malgré les nuages, nous avions une bonne vue sur Ōma (préfecture d’Aomori) et sa centrale nucléaire… En redescendant, nous nous sommes arrêtés au café Laminaire, dans Hōrai-chō, pour prendre un café et manger un petit gâteau.

 

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Super Romain, le roi des soba !
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Le cap Tachimachi

Le mardi 24 janvier, j’ai testé un parcours touristique en compagnie de mon amie Mizuki. Ce tour était gratuit, mais en échange nous devions remplir un questionnaire pour donner notre avis. Nous sommes partis en bus de la gare de Hakodate pour dans un premier temps rejoindre Assabu (厚沢部) dont la spécialité est la pomme de terre et qui possède une forêt qui figure sur la liste des 100 plus belles promenades à faire au Japon. Nous n’y avons malheureusement pas fait grand-chose, à part manger une croquette de patates, par ailleurs délicieuse.

Nous avons ensuite continué notre route jusqu’à Esashi (江差). Nous avons visité la maison Yokoyama-ke, maison traditionnelle d’Esashi. Outre la partie habitation, cette maison comprend une enfilade de quatre kura (蔵 ,entrepôt). Autrefois, la mer arrivait juste à l’arrière des maisons et il suffisait d’en sortir son bateau pour aller pêcher.

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Esashi autrefois

 

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Sur la gauche, l’enfilade de aura

Après le repas, nous sommes ensuite allés visiter le sanctuaire Ubagami Daijingū, le plus vieux sanctuaire shintō de Hokkaidō, puis nous nous sommes promenés dans le village, dans une tempête de neige !

 

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Ubagami Daijin-gū, Esashi

 

Notre journée s’est terminée par des visites à Otobe (乙部), Kaminokuni (上ノ国) et Kikonai (木古内). Ah, Hokkaidō et ses noms de villages exotiques !

Le samedi 28 janvier débutait le séminaire sur le tourisme à Hakodate. Il faisait gris, le vent soufflait très fort et par conséquent, il faisait vraiment froid. Le séminaire avait lieu au centre culturel appelé Machizukuri Center (まちづくりセンター) et s’adresse avant tout aux personnes qui souhaitent devenir guide bénévole, mais tous ceux qui s’intéressent au tourisme sont bien sûr les bienvenus. Au total, cinq après-midi seront consacrés à ce séminaire.

Il y avait trois types de participants : des vieux, des gens qui viennent étaler leurs connaissances et des jeunes femmes qui semblent être des femmes au foyer. J’étais évidemment la seule étrangère et je détonnais un peu dans le paysage.

La conférencière du jour était la présidente de l’association des guides touristiques bénévoles de la ville. Elle nous a parlé de choses plutôt évidentes, mais c’était tout de même intéressant. Après sa présentation, elle nous a emmené faire une démonstration de la façon dont elle guide les touristes dans le quartier historique de Motomachi. Un vent terrible soufflait et nous étions tous glacés, il a donc fallu abréger le tour. Comme nous étions en extérieur, je n’entendais pas bien et j’ai eu du mal à comprendre les explications de la guide, ce qui m’a un peu frustrée. La prochaine session aura lieu le 11 février et le thème sera « Construisons l’itinéraire d’un tour ! ».

Apprentissage du japonais
Quand mon contrat de travail à l’école a pris fin, je me suis retrouvée avec plus de temps libre et en septembre 2016 j’ai repris les cours de japonais. Les cours ont lieu tous les jeudis après-midi et l’inscription à un trimestre coûte 3,000 yens seulement.

En début de mois, en l’absence de cours, j’ai eu du mal à étudier. Mon problème avec l’apprentissage du japonais depuis mon arrivée au Japon, c’est que la grammaire me ressort par les yeux. J’ai l’impression de ne pas apprendre de choses qui me soient utiles dans l’immédiat, et je ne suis pas motivée.

Du coup, même si j’aime bien étudier les kanjis et le vocabulaire (parce que j’en vois l’utilité immédiate quasiment de suite), je n’étudie pas du tout la grammaire qui ressemble pour moi à un obstacle insurmontable.

En réfléchissant au problème, j’ai décidé de changer ma méthode d’apprentissage :

  • tout d’abord, je vais redéfinir mes objectifs d’apprentissage pour savoir où je veux aller ;
  • je vais continuer à étudier les kanjis et le vocabulaire comme je le fais maintenant, car j’aime bien et je m’en sors aussi plutôt bien ;
  • je vais essayer de trouver un autre moyen d’apprendre la grammaire :
    • je commencerai par travailler les points grammaticaux que j’entends souvent, que je comprends à peu près mais que je ne suis pas encore capable d’utiliser (j’en ai identifié quelques uns comme ça)
    • ensuite, en fonction de ce que j’aurais entendu dans une conversation ou à la télé, je sélectionnerai un point de grammaire
    • ou bien je travaillerai à partir de différents textes écrits qui m’intéressent, journal, magazine, page Internet ou encore extrait de roman.

Travail
Le cours de français que je donne à l’université d’éducation (北海道教育大学, Hokkaidō Kyōiku Daigaku) reprend le 6 janvier. Je trouve que mes élèves ont un peu de mal à suivre et je songe à changer de manuel l’an prochain ou bien à créer un cours sur mesure.

Le 14 janvier, c’est la reprise des cours au lycée. Je suis ravie de retrouver mes élèves et mes collègues, et ça a l’air réciproque. J’adore enseigner au lycée, parce que j’adore être en contact avec les ados. Je trouve que c’est un chouette âge, on les voit évoluer et c’est touchant.

J’ai aussi décidé de me lancer dans les cours privés, bien que cela ne m’enchante pas trop. Le 17 janvier, j’ai réservé une salle dans un centre culturel, pour démarrer des cours en groupe le mois prochain. Cela faisait des semaines que je repoussais cette tâche, et je suis bien contente de l’avoir finalement accomplie. Il me reste à faire la promotion de mes cours.

Le 18 janvier, je donne un cours de français au centre culturel Fururu, dans le quartier de Yachigashira. Six personnes se sont inscrites, et l’une d’entre elles viendra au cours de février.

Le 19 janvier, c’est le début du cours particulier donné à Nana, une lycéenne venue à la galette des rois et qui rêve depuis longtemps d’apprendre le français. Elle est très motivée, et est ravie d’avoir enfin trouvé une professeur de français. Mon seul problème avec Nana, c’est de canaliser son enthousiasme. L’apprentissage d’une langue étrangère est, selon moi, un marathon plutôt qu’un sprint, et il ne faut surtout pas en faire trop en début d’apprentissage, au risque d’être découragé.

Le 17 janvier, j’avais rendez-vous à 18h au restaurant Colz avec mon ami Kenichi, qui voulait me présenter une de ses anciennes collègues. Elle vit maintenant en France, et a épousé un Français. Si Kenichi tenait à me la présenter, c’est parce qu’elle est à la recherche d’un(e) interprète japonais-français pour sa petite cérémonie de mariage qui aura lieu en octobre. Le courant est bien passé entre nous, et je serai donc l’interprète. Ce sera ma toute première expérience dans ce domaine, et j’espère bien m’en sortir.

Aimer l’hiver à Hokkaidō !

Vivre à Hokkaidō, c’est devoir composer avec un hiver rigoureux qui dure plusieurs mois. Quand les premières photos de cerisiers en fleurs apparaissent sur les réseaux sociaux, ici toute la végétation porte encore les brûlures du froid et de la neige, et les températures demeurent fraîches.

Mais l’hiver est loin d’être une saison désagréable pour les habitants de Hokkaidō et beaucoup de gens ici aiment cette saison. C’est, quant à moi, ma saison préférée, pour tout un tas de raisons. Bien évidemment, il y a toujours un moment où j’en ai marre, où je suis jalouse des autres qui vivent déjà leur printemps… Dans ces cas-là, je pense aux désagréments de l’été que l’on n’a pas ici, comme les ゴキブリ(gokiburi, les cafards locaux) ou la chaleur intense. Mais surtout, je me rappelle de mes règles d’or pour profiter de l’hiver en pays de neige.

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Vue sur Hakodate à la mi-mars

Règle no1 : Sortir
La tentation est grande de rester au chaud à la maison, à regarder la télévision ou à lire, le chat sur les genoux. Si cette situation peut convenir à plusieurs personnes, elle a tendance à me déprimer. Je me force donc à sortir régulièrement, même s’il fait froid. L’idéal, c’est de faire un sport d’hiver. Pas la peine d’être un pro des pistes pour bien profiter d’une promenade en ski de fond ou en raquette, j’en suis la preuve vivante !

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On peut aussi plus simplement profiter des paysages hivernaux en marchant. L’hiver offre de multiples occasions de prendre de belles photos, ce qui est une motivation supplémentaire pour se promener. Au bout de quelques heures de balade, quand je commence à avoir du mal à supporter le froid, je me réfugie dans un café que j’aime pour savourer une boisson chaude tout en papotant avec des personnes que j’apprécie. Rien de tel pour se réchauffer, à l’intérieur comme à l’extérieur !

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Sur le lac Onuma, fin février

Règle no2 : Se lever tôt
Le Japon porte bien son nom de pays du soleil levant : ici, le soleil se lève bien plus tôt qu’en France ! Mais cela a un revers, et la nuit tombe aussi plus tôt. L’hiver, à Hakodate, le soleil se couche autour de 17h00, 16h30 dans les jours les plus courts. Ainsi, si on se lève par exemple à 10h, on aura peu de temps pour profiter de la lumière du jour. Et c’est bien connu, le manque de lumière a une influence négative sur le moral.

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On profite des journées ensoleillées !

Les jours de travail, il faut aussi se lever plus tôt. En effet, quel que soit votre mode de transport, les routes et les trottoirs étant gelés, il vous faudra plus de temps pour vous rendre au boulot. Pour vous donner une idée, quand je travaillais à temps plein au lycée, je devais me lever 1h plus tôt l’hiver (à 5h du mat’, donc) pour arriver à l’heure à l’école. Et cela peut paraître idiot, mais s’habiller pour sortir l’hiver prend plus de temps qu’au printemps ou en été… Sans compter la voiture à déneiger si vous conduisez, bref, ça n’en finit plus !

 

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La route en bas de chez moi en ce moment
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Rouler par temps de neige

De plus, dans certaines entreprises, c’est le personnel qui déneige le parking et/ou les trottoirs devant le bureau. On appelle cela le 雪かき (yukikaki) et c’est un des premiers mots que l’on apprend en arrivant à Hokkaidō. Certaines personnes arrivent tôt pour déneiger, pour ne pas empiéter sur leur temps de travail, et vous devrez arriver tôt aussi pour ne pas passer pour un tire-au-flanc. Et puis, vous n’avez pas non plus envie de vous retrouver avec la plus grosse pelle, celle qui pleine de neige est impossible à soulever.

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Tempête de début mars

Règle no3 : Bien manger
De nombreuses personnes ont tendance à grossir en hiver (c’est mon cas, pas de bol !) et le premier réflexe, le mauvais, est de se dire qu’on va faire un petit régime. Erreur ! Vivre dans une région froide, c’est mettre son corps à rude épreuve. Ici, le froid ne dure pas deux ou trois semaines, mais trois ou quatre mois, et croyez-moi c’est dur pour le corps.

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Merci Hokkaidō de produire du fromage à raclette !

 

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Kara-miso ramen, des nouilles épicées parfaites pour se réchauffer !

Règle no4 : Aller au onsen
Il y a de nombreuses sources d’eau chaude à Hokkaidō et ce serait dommage de ne pas en profiter. Il n’y a rien de plus agréable que de se prélasser dans un bain extérieur quand il neige. Ça réchauffe et en plus, ça fait du bien au corps qui est tout courbaturé l’hiver. Parce que marcher sur la neige et, encore plus pénible, sur de la glace, tout crispé pour ne pas glisser, ça fait mal partout.

Règle no5 : S’hydrater et y aller franco sur le déo
On dirait un conseil d’été, mais non vous ne rêvez pas, c’est bien un conseil d’hiver ! Le froid, souvent mordant, fait beaucoup de mal à la peau. Il est donc primordial de bien se crémer. Mais s’hydrater signifie aussi boire de l’eau. L’air est ici parfois tellement sec qu’après cinq minutes de marche, je me retrouve assoiffée, bien plus qu’en été.

Marcher est aussi source de transpiration, même par moins 10 degrés. Oui, on peut crever de chaud malgré des températures négatives ! Mais pour la transpi, le pire ce sont les intérieurs, souvent bien trop chauffés à Hokkaidō (ce n’est pas pour rien qu’ici les gens s’enfilent des crèmes glacées en hiver). Pour vous donner une idée de la situation, ici je ne transpire quasiment pas l’été, mais l’hiver c’est une vraie galère.

 

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Omikuji après le Nouvel An

 

Règle no6 : Fuir les jeans !
L’hiver, je suis très souvent en short… avec des collants bien chauds évidemment ! Pas forcément des collants en laine, plus souvent des collants noirs qui tiennent chaud. J’évite le jean, qui devient très froid au contact de l’air et qui frotte sur la peau. Pour le manteau, pas la peine de se ruiner si on ne travaille pas dehors toute la journée, il ne fait pas froid à ce point-là.

Il est important de protéger ses extrémités (mains, pieds, tête) car ce sont les endroits les plus sensibles au froid. Même si ce n’est pas très sexy, il faut mettre un bonnet, car notre chaleur interne a tendance à s’échapper par notre tête. Là encore, pas besoin de se ruiner, j’achète les miens chez Daiso, les magasins à 100 yens. Aussi, il faut avoir de bonnes bottes car les trottoirs sont franchement glissants. Là par contre, il vaut mieux investir (et je conseille les bottes Sorel). Et en plus, une bonne paire de bottes évite d’avoir froid aux pieds !

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C’est pas beau, l’hiver ?

Chercher à lutter contre l’hiver, c’est une bataille perdue d’avance. Il est là pour durer, et il reviendra à coup sûr l’an prochain. Alors autant voir le bon côté des choses et profiter des joies offertes par cette belle saison. Quand on est mentalement et matériellement bien préparé, il n’est pas du tout difficile de passer un long hiver, cela peut même être agréable. J’espère vous avoir donné envie de visiter Hokkaidō en hiver !

 

Bilan 2016 : du beau et du moche

Chaque début d’année, à l’époque où arrivent les cartes de vœux du Nouvel An (年賀状), c’est pour moi l’heure du bilan. J’aime beaucoup cet exercice, car il me permet d’avoir du recul sur ce que j’ai accompli et ce que je n’ai pas réussi, et parce qu’il me donne en général un bon élan pour l’année à venir. J’ai choisi de présenter mon bilan 2016 sous forme d’événements marquants, puis, comme l’an passé, de passer rapidement chaque mois en revue.

Le moment le plus sympa : la venue de mes parents
Mes parents m’épateront toujours. Ils ne parlent pas un traître mot d’anglais, encore moins japonais, et pourtant ils sont venus ici en pleine confiance, comme quand ils avaient déboulés au Canada. C’était étrange de les voir dans mon environnement japonais, en compagnie de mes amis. Personne ne se comprenait, mais tout le monde était content.

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Mes parents sont des gens qui aiment les plaisirs simples de la vie, manger, boire, rigoler, s’amuser, papoter… Ils se sont donc parfaitement fondus dans l’ambiance de Hakodate, et je crois qu’ils ont aimé leur séjour, car ils ont pu rencontrer plein de gens et découvrir une autre culture à travers eux.

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Pa maîtrise le matsuri, c’est bon !

Une mention spéciale à Pa, qui bougonnait (comme toujours) avant son départ, disant qu’il était hors de question qu’il mange avec des foutues baguettes… et qui, dès le premier soir, se débrouillait déjà comme un chef ! Allez Pa, avoue, tu t’es entraîné en cachette !

Le moment le plus triste : les funérailles de M.-chan
C’est en salle des profs que nous avons appris la mort d’une de nos élèves. M-chan est morte quelques jours seulement après avoir fêté son dix-septième anniversaire, emportée par une maladie contre laquelle elle luttait depuis plusieurs années.

J’ai enseigné à M.-chan au cours de sa première année de lycée. Je ne me souviens pas toujours de toutes mes élèves (j’en avais 350 à l’époque), mais je me rappelle bien d’elle. Je m’en rappelle bien, car elle était toujours assise au premier rang et qu’elle avait des grands yeux. C’était une élève sérieuse et appliquée, mais qui avait aussi souvent le mot pour rire.

Toutes ses camarades de classe et tous les profs de l’école étaient présents à ses funérailles. Avec mes collègues assises à côté de moi, nous nous retenions de pleurer, pour être fortes pour nos élèves qui étaient anéanties. Mais quand elles ont chanté une chanson pour leur camarade, ça a été trop dur et nous avons chialé, forcément. J’entends encore les pleurs de douleur de la maman de M.-chan et de son petit frère, effondrés dans les bras de certaines de nos élèves, alors que nous quittions le salon funéraire.

L’événement le plus Hokkaido : le cri de l’animal mystère
Passons à quelque chose de beaucoup plus léger, avec une petite anecdote. Un soir, dans le quartier Yachigashira, je rentrais d’un cours de français et je me dirigeais vers le café où je devais rejoindre mon mari pour manger. Dès la sortie du centre culturel, j’entends un chien aboyer au loin. Plus je descends de la montagne, plus je l’entends et à mi-chemin je crois bien que c’est finalement un chat. Mais non, c’est bien un chien, et il hurle à la mort, et ce n’est pas normal. Le cri vient d’un terrain vague. Bien qu’il fasse noir, j’enjambe le talus et grimpe sur ce terrain, appelant et sifflant pour que le chien vienne. Plus un bruit. Je décide de m’éloigner, et les cris reprennent de plus belle. Je cours jusqu’au café, demande à mon mari de m’accompagner. L’animal est toujours là, j’essaie de m’en approcher mais il s’échappe. Tant mieux, car cela veut dire qu’il n’est pas blessé.

De retour au café, et après un instant de réflexion, je me demande si je ne viens pas de me faire avoir par un renard. En effet, c’est l’hiver, et bien souvent ils s’approchent des maisons pour chercher à manger. Mon mari cherche sur Internet le cri qu’un renard peut bien avoir et… bingo ! Notre hypothèse se confirme quand nous rentrons en voiture après avoir mangé, avec un magnifique renard du nord, le fameux Kita-kitsune (キタキツネ), qui traverse la route juste devant nous !

Le relou de l’année : un chauffeur de taxi
Les gens de Hokkaidō ne sont pas réputés pour leurs bonnes manières au volant, et ceux de Hakodate ne font pas exception : smartphone au volant, feux rouges allègrement grillés, gamins pas attachés, absence de clignotant… c’est festival.

Avant de vous raconter mon histoire, je vais vous faire un petit topo sur certaines rues de Hakodate. Comme vous le savez, il neige en hiver à Hokkaidō et les grands axes ont parfois une voie très large, pour stocker la neige sur les côtés en cas de besoin, sans que cela ne gêne la circulation. Mais quand il n’y a pas de neige, comme la voie est large, les gens d’ici roule côte-à-côte (oui, oui, sur une voie, pas deux).

Un matin, je vais conduire mon mari à l’aéroport. Il y a du monde sur la route, on est un peu à la bourre, et je ne sais jamais à quel moment je dois tourner, ni si ce sera à gauche ou à droite, du coup je décide de rester tranquille au milieu de la voie pour l’instant. En plus, il y a des bus qui s’arrêtent, et parfois la voie reprend une taille normale (pas possible d’y être à deux côte-à-côte) à cause des quais du tramway.

Soudain, un taxi se colle sur ma droite, l’air furax, et tente de me faire rabattre sur ma gauche. Il est tellement proche de moi que je n’ose pas regarder à gauche pour voir si je peux, je préfère le garder en visuel. Il doit alors se rabattre car arrive le quai du tramway. Furieux, il me colle au cul et klaxonne. Comme il me fait grave chier, j’ouvre ma fenêtre et je lui balance un doigt d’honneur par la fenêtre. Le gars a pété une coche et m’a fait plusieurs queues de poisson pour me forcer à m’arrêter. Franchement, j’aurais bien aimé m’arrêter et appeler la police, mais mon mari avait son avion et on n’était pas en avance. Et à un moment donné, manque de bol, le feu passe au rouge et le taxi descend de sa voiture, s’approche de la mienne et vocifère de l’autre côté de ma fenêtre. Je lui dis de se casser, hors de question que j’ouvre ma fenêtre, il remonte dans sa voiture et disparaît.

Je suis allée à la police après, pour confirmer la règle de circulation et l’officier de service m’a dit : « Si c’est une voie, tu dois rouler au milieu de ta voie. Ici, tout le monde roule côte-à-côte, c’est la coutume, mais si tu veux rouler au milieu tu es dans ton droit. Et si jamais tu as des emmerdes avec un taxi, appelle-nous tout de suite. »

Si jamais vous comptez conduire à Hokkaidō, vous êtes prévenus !

Mon plus beau voyage : Taïwan
À la fin du mois de mars, alors qu’il faisait encore bien froid à Hakodate, je suis allée passer quatre jours à Taïwan avec quelques collègues. Nous sommes partis en voyage organisé, et je n’ai pas trop aimé cette formule, mais Taïwan est un beau pays et la nourriture est délicieuse.

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C’était aussi amusant de voyager à l’intérieur d’un groupe de Japonais et d’observer leur comportement. Par exemple, la première chose que mes collègues féminines ont vérifié à l’hôtel, c’est que les toilettes avaient bien un système « washlet ». J’ai par ailleurs trouvé notre groupe particulièrement bruyant à plusieurs reprises (y compris moi), et c’est là que j’ai réalisé que nous parlions tous fort et de façon plutôt sèche. Peut-être le fait d’être profs qui nous a rendus comme ça

Ma rencontre de l’année : Judith et l’ambiance de Hiroshima
J’étais bien contente de retourner à Hiroshima. C’était ma troisième visite dans cette ville, et les deux premières m’avaient laissée sur ma faim car, par manque de temps, je n’avais pas pu voir ce que je voulais (c’est-à-dire la ville en elle-même, pas les lieux touristiques).

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Soirée improvisée, style Hiroshima !

Cette fois, j’allais à Hiroshima pour voir ma copine Manon, alors stagiaire dans la boîte de Judith, du blog Jud à Hiroshima. Ce fut donc l’occasion pour moi de rencontrer Judith, charmante comme tout, qui nous a emmené dans plusieurs endroits intéressants et fait rencontrer plein de monde… tout ce que j’aime dans une visite touristique ! Merci Judi, je reviendrai !

Le passage à vide : la perte de mon emploi
Mon contrat de travail au collège-lycée s’est terminé au mois de juillet, avec l’arrivée des vacances d’été et celle d’une nouvelle prof. J’avais beau le savoir depuis un bout de temps, ça ne m’a pas empêché d’espérer jusqu’au bout… je me disais que peut-être la nouvelle allait changer d’avis au dernier moment et ne pas monter dans l’avion.

L’école dans laquelle je travaille est une école chrétienne, et l’un des deux postes de professeur de conversation anglaise est réservé à un(e) religieux(se) de l’étranger. Mais l’école n’arrivait pas à trouver la personne qui lui convenait dans le peu de candidatures qu’elle avait reçues, et c’est ainsi que le poste m’est revenu. J’y ai donc travaillé un an et demi à temps plein, et depuis juillet 2016, j’y travaille à temps vraiment partiel, avec quatre pauvres heures de cours par semaine (dont deux le samedi matin, bordel !).

Comme la fin de mon contrat correspondait avec l’arrivée de mes parents, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer au début. J’étais aussi très fatiguée et j’ai énormément dormi. Mais avec la rentrée scolaire d’août et le retour à la routine pour tout le monde, je me suis soudainement sentie seule et désœuvrée.

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Mes bébés !

J’adorais mon emploi, j’adorais mes élèves, j’adorais mes collègues, j’adorais être super occupée, j’adorais travailler 60h par semaine, je serais allée à l’école tous les jours s’il l’avait fallu.

Je pensais pouvoir profiter de mon temps libre pour travailler sur d’autres projets, mais j’ai perdu toute envie de faire quoi que ce soit. Je sors beaucoup moins qu’avant aussi, parce que je me sens moins libre d’agir comme bon me semble. Je déteste ma vie de femme au foyer, je me fais chier comme un rat mort, et je me déteste aussi car en plus mon inactivité m’a fait prendre du poids.

Mais bon, j’ai confiance en ma résilience et j’ai plein d’espoirs pour 2017 !

2016 en photo, mois par mois
Janvier
Au début du mois, on fête les rois ! Cet événement, organisé en collaboration avec Kitami-san du café Marutamagoya, est un succès. Nous prévoyons d’ailleurs de le refaire dans quelques jours.
Le lendemain de la galette, ma copine de Tokyo vient me rendre visite. La pauvre, elle qui avait déjà vu son avion de retour annulé pour cause de typhon lors de sa première visite à Hakodate, tombe cette fois en pleine tempête de neige ! Mais cela ne nous empêche pas de bien nous amuser.

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Pas un chat au cap Tachimachi

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La forteresse Goryokaku illuminée

Février
Que de neige, que de neige ! Ce mois-ci, je vais deux fois à Onuma, exactement comme l’an passé. C’est toujours un vrai dépaysement d’aller à Onuma, surtout en hiver, car même si c’est proche de Hakodate, on y trouve plus de neige. Le paysage, montagneux, est aussi bien différent.

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Onuma Seminar House, février 2016
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Le fameux Kita-Kitsune !

Mars
Changement de décor radical avec la fonte des neiges ! Il fait beau, il commence à faire doux… que c’est agréable !

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Le port d’Irifune
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Mouette sur un bateau

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Le cimetière des étrangers

Le 26 mars, le Shinkansen débarque à Hokkaido et moi, deux jours plus tard, je débarque à Taïwan !

Avril
Avril, c’est la rentrée des classes ! Je suis évidemment occupée, mais heureuse de revenir à l’école. Et je n’oublie pas de profiter de la vie ! Je me promène souvent dans le quartier Yachigashira, où je rêve d’habiter.

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Vue sur Yachigashira, avril 2016

À la fin du mois, deux de mes collègues se marient. L’occasion pour nous de faire une nouvelle fois la fête. C’est aussi à la fin avril que les cerisiers sont (enfin) en fleur.

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Cerisiers dans le parc de l’école

Mai
Comme l’an dernier, je prends la direction d’Esashi pour le défilé des nouveaux mariés. Cette année, nous arrivons le 2 pour profiter d’une soirée avec les habitants. Pour la première fois de ma vie, je mange de l’ours. Ce n’est pas terrible.

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Avec le maire d’Esashi, Terui-san

Pour la Golden Week, direction Hiroshima ! Je fais le trajet en Shinkansen depuis Hakodate, soit environ 7h de train. J’ai un petit choc à l’arrivée, parce qu’il fait chaud !

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Parc du Musée de la Paix, Hiroshima
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Festival des fleurs 2016, Hiroshima

À mon retour à Hakodate, les cerisiers sont toujours en fleurs. Nous partons en excursion avec nos élèves du lycée.

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En fin de mois, comme l’an passé, c’est défilé pour la bataille de Goryokaku !

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La veille, nous étions tous soûls…

Juin
Le mont Hakodate est enfin redevenu vert ! Il fait beau, il fait doux, je vais souvent voir la mer.

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Le port d’Irifune, version été
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Le tramway de Hakodate, bien vintage

En fin de mois, je donne un cours de cuisine à Nanae. J’ai choisi de faire des tomates farcies et une tarte aux pommes, car Nanae, c’est la ville des pommes !

Juillet
À l’école, le tournage du film « P to JK » (PとJK) prend fin. Depuis juin, une grosse équipe de tournage est là quasiment tous les jours. Avec tous ces techniciens, le nombre de copains de fumoir a bondi. L’actrice principale, Tsuchiya Tao, est très gentille et patiente avec nos élèves qui essaient de l’apercevoir tous les jours. Mais quand l’acteur Kamenashi Kazuya est arrivé, ça a été un peu le bordel, aussi bien chez les profs femmes que chez les élèves. Ce qui nous a toutes surprises, c’est qu’il est court sur pattes. Mais bon, il a de beaux yeux, et on peut pas tout avoir.

Dans la bande-annonce, on voit bien notre école, et aussi d’autres endroits de Hakodate, dont le café Laminaire où je vais souvent (à environ 33 secondes).

Puis c’est la fin du trimestre, le début des vacances, et la saison des barbecues commence. Il ne fait pas très beau, et nous sommes frappés par des typhons.

Avant l’arrivée de mes parents, je passe quelques jours chez ma copine à Tokyo (celle qui est venue en janvier). Il fait terriblement chaud, il y a énormément de monde et je suis bougonne. Je crois que ma vie à Hokkaido me rend un peu sauvage. Je m’en veux un peu, et je dois absolument revenir à Tokyo car je n’aime pas rester sur une mauvaise impression.

Août
On profite des derniers jours de l’été, qui ne dure pas longtemps ici. Le ciel est déjà tristement blanc. À la fin du mois, les premières feuilles rouges font leur apparition.

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Vue sur Hakodate depuis la montagne
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L’ancien « public hall »

 

Septembre
Mon premier Baru-Gai ! J’ai toujours travaillé auparavant, et je n’avais jamais pu y participer. Cet événement festif et gourmet est pour moi l’occasion de découvrir de nouveaux endroits.

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Le Transistor Café
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Shamisen et pépés

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Vers le milieu du mois, je découvre le ranch Shirotai et sa vue splendide sur Hakodate. Mais en hauteur, il fait déjà froid !

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Octobre
Je commence à enseigner à l’université, et je suis invitée à tester un tour à destination des touristes étrangers.

Le 10, je grimpe le mont Komagatake, mon volcan favori dans la région.

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Vue sur les lacs Onuma et Konuma
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Veni, vidi, vici

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Je rencontre enfin les trois nouveaux étudiants français, qui resteront jusqu’en février. À moi les papotages en français !

Novembre
Il ne neige pas encore, nous en profitons pour faire l’ascension du Mont Esan.

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Le 17 novembre, c’est l’arrivée des Beaujolais Nouveaux et je fête cela dans mon bistrot favori, La Buvette.

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À la fin du mois, l’ancien « boss » de mon mari vient nous voir et, pour la première fois, je vais voir le couvent des Trappistines.

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Décembre
La neige est là, il fait froid, mais les paysages sont splendides.

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Le parc de l’école sous la neige
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Le lac Onuma

Et pour 2017, alors ?
Il y a belle lurette que je ne crois plus aux résolutions du Nouvel An, alors j’ai cessé d’en prendre. Enfin, je vais tout de même essayer de répondre rapidement à mes messages, et en fin d’année j’aimerais réussir à envoyer mes cadeaux de Noël début décembre.

Pour le reste, je ne souhaite qu’une chose : qu’on me donne l’envie… l’envie d’avoir envie !

Journal du 26 au 30 juin

J’ai été très occupée ces derniers temps, et si j’avais bien écrit mon journal, je n’avais pas eu le temps de le publier. C’est maintenant chose faite.

J’espère que mon récit aura pu donner au lecteur une idée de ce que peut être la vie professionnelle au Japon. Bien sûr, chaque expérience est différente, mais je pense que la plupart des profs de lycée employés à temps plein vivent plus ou moins la même chose.

Pour moi, l’écriture de ce journal a été bénéfique, et je vais le continuer, même si je ne le publierai pas. J’ai retrouvé le goût d’écrire, et j’ai trouvé le courage de débuter l’écriture d’une rubrique « Humeurs », dans laquelle je parlerai de ce que je vois de la société japonaise ou à Hakodate. J’ai toujours eu peur de lancer cette rubrique, car je sais que c’est un coup à se faire lyncher, genre « Tu connais rien du Japon ! » ou « Tu généralises, là, ma vieille ! », et je ne me sentais pas assez forte pour supporter ça. Mais j’ai réalisé qu’en fait je m’en foutais, et que mon avis ne valait pas moins qu’un autre (il ne vaut pas plus d’ailleurs non plus).

J’espère que cette nouvelle rubrique te plaira, cher lecteur, et surtout, n’hésite pas à me proposer des sujets !

Dimanche 26 juin

Je me lève à 7h, ce qui est exceptionnel pour moi. Aujourd’hui, c’est le grand jour pour le concours de présentations en anglais. Nous avons prévu de nous réunir à l’école à 12h, pour réviser une dernière fois avant de partir pour le concours.

Mais aujourd’hui, c’est aussi le marathon de Hakodate. Comme plusieurs collègues y participent, je veux aller les encourager. Malheureusement, il n’y a pas de bus suffisamment tôt pour me permettre d’arriver au stade pour le départ. Je décide donc d’aller jusqu’au marché Nakajima, là où les coureurs devraient passer.

J’aperçois deux copains, mais pas mes collègues. Je vais ensuite à un autre endroit, derrière le marché, où les coureurs devraient repasser après leur boucle. Il fait froid et il commence à pleuvoir. Là encore, j’aperçois seulement quelques copains et connaissances, mais toujours pas de collègues. Je commence à croire qu’ils ont menti et qu’en réalité ils ne participent pas au marathon. J Et là, j’aperçois l’un des profs de maths, qui me voit lui aussi et semble bien content.

Je pars ensuite pour l’école, où le tournage se poursuit. Après avoir rapidement mangé, nous faisons pratiquer nos élèves, puis nous partons vers 13h15. Le lycée où a lieu le concours est tout proche de notre école.

Le concours débute à 14h. Au total, huit équipes y participent, dont trois pour notre école. Les présentations se terminent vers 16h, puis nous avons une pause. Ensuite, une amie vient faire une présentation sur l’architecture, « Regards croisés Paris-Hakodate ». C’est vraiment très intéressant, et je me rends compte que je ne vois plus plusieurs mochetés du paysage urbain. Il y aurait tellement à faire pour améliorer le paysage de Hakodate !

Ensuite, les résultats du concours : l’une de nos équipes remporte le deuxième trop, une autre le prix « mention honorable ». L’équipe qui n’a rien gagné est évidemment un peu déçue. La cérémonie de clôture se termine vers 18h.

Je prends le tramway pour rejoindre mon mari et un de ses anciens collègues au restaurant. Sur place, nous croisons d’autres amis et nous continuons à boire avec eux. Et ensuite, nous croisons une écrivaine apparemment bien connue au Japon, auteure de best-sellers, qui nous invite à prendre un verre chez elle. Nous y allons, bien sûr. Elle a une chouette maison dans la montagne, avec une grande terrasse qui offre une vue magnifique sur toute la ville. Quel dommage que la maison soit la plupart du temps inhabitée !

Nous rentrons à la maison un peu après minuit, et je file au lit, épuisée.

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Le tramway de Hakodate, bien vintage

Lundi 27 juin

Avec 4h30 de sommeil seulement, le réveil est difficile, mais je suis à l’heure au travail. À partir de cette semaine, je vais devenir moins occupée et je devrais pouvoir rentrer chez moi assez tôt.

La matinée n’est pas trop dure, puisque dans mes deux cours je regarde High School Musical. Je ne sais pas combien de fois j’ai vu ce film, mais je connais certaines répliques par cœur. Le voir deux fois de suite est tout de même un peu ennuyant.

Le midi, je mange à la cantine avec mes collègues. Tout le monde est relativement tranquille, car je pense que tout le monde est fatigué.

L’après-midi, je n’ai qu’un cours, qui se passe normalement. Aujourd’hui, nous n’avons pas de club d’anglais, car nous faisons relâche après les présentations d’hier. J’en profite pour quitter le bureau vers 17h30, ce qui est vraiment tôt.

Mon mari a une soirée et ne mangera pas à la maison, et comme je n’ai pas envie de cuisiner pour moi seul, j’achète de quoi manger au supermarché. Le soir, j’aimerais commencer l’écriture de nouveaux articles pour mon blog, mais Momo ne l’entend pas de cette oreille. Elle veut vraiment des câlins, alors je m’installe dans le canapé pour qu’elle puisse venir dans mes bras.

Je me couche tôt, vers 22h.

Mardi 28 juin

Je me réveille à 5h et je suis en pleine forme. Je prends le bus, et j’arrive au travail vers 7h30. J’ai une journée un peu plus chargée aujourd’hui, à cause de la préparation aux entretiens du test Eiken.

Le matin, j’ai un cours avec les 3e année, et je dois entraîner quatre élèves pour le test Eiken. L’après-midi, j’ai un cours avec les 1re année, qui sont plutôt mollassonnes aujourd’hui. Ce n’est pas évident de donner un cours de conversation quand les élèves ne réagissent pas.

Après l’école, j’ai une élève pour la préparation à l’entrevue du test Eiken. Elle est censée venir à 16h30, mais quand je vois qu’elle n’est pas là au bout de 10 minutes, je quitte la salle de cours. Je décidé de ne pas aller la chercher dans l’école, car je considère qu’il est de sa responsabilité de venir.

Je retourne à mon bureau, corrige des tests et prépare de futures leçons. Je commence aussi à préparer les leçons pour la personne qui me succèdera, pour ne pas qu’il ou elle ait trop à faire à son arrivée. Je continue à travailler jusqu’à 18h, pensant que peut-être l’élève viendra, mais non.

Rentrée chez moi, je mets du riz à cuire et je joue un peu avec Momo. Elle a l’air vraiment contente, mais au bout de 10 minutes elle en a marre et s’allonge pour se reposer. Quelle faignasse !

Après manger, j’écris un peu puis je regarde la télé avec le chat. Je regarde le dernier épisode d’un drama que j’avais enregistré, et la fin me surprend agréablement. Le drama en lui-même était ordinaire, mais j’ai trouvé la fin belle. Cela m’a fait réfléchir aussi sur certains aspects de ma vie personnelle.

À 21h30, alors que je commence ma lecture, mon mari rentre du travail. Cela faisait depuis dimanche soir que je ne lui avais pas parlé, incroyable ! Car quand je pars, il dort encore, et quand il rentre, je dors déjà.

Mercredi 29 juin

Momo me réveille à 3h, sans raison apparente. Je l’appelle pour qu’elle vienne dormir avec moi, et elle arrête son bazar.

Aujourd’hui, je n’ai que deux cours au lieu de trois, car j’ai échangé mon heure de cours avec celle d’une collègue. Mes deux cours ont lieu en matinée, ce qui me laisse du temps en après-midi pour travailler en profondeur. Je continue de préparer la venue de mon ou ma remplaçante, en lui écrivant des petites descriptions pour chaque place et en préparant la première leçon à donner.

L’équipe de tournage du film est de retour à l’école, mais ils filment en extérieur, ce qui ne nous dérange pas trop.

À 18h30, je rejoins mon mari car nous sommes invités à manger chez un de ses collègues. Les rénovations de la vieille maison qu’il a achetée sont terminées, et la transformation est incroyable. Nous étions venus l’an dernier pour plâtrer les murs, et il y avait vraiment de gros travaux à faire.

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Une jolie pièce bien rénovée

Après manger, nous allons prendre un verre à l’extérieur. Les femmes restent à la maison pour s’occuper des gamins, ce qui me met mal à l’aise. Pourquoi ce ne serait pas l’inverse ? Les femmes qui sortent boire un coup et les hommes qui restent à la maison pour s’occuper des gosses ? Moi je n’ai pas d’enfant, alors je peux aller boire avec les hommes. Je les accompagne dans le premier bar, mais je décide de rentrer quand ils vont dans le deuxième. Je suis fatigué, et en plus je n’apporte pas grand-chose à la conversation.

Je me couche vers 22h30.

Jeudi 30 juin

J’ai une grosse journée aujourd’hui, avec trois cours et huit élèves à entraîner à l’interview du test Eiken. Durant deux de mes cours, nous regardons un film (c’est bientôt les vacances d’été !) et l’autre est un cours de français.

Certaines des élèves qui passent l’entrevue du test Eiken ne sont clairement pas à point. Il faut dire aussi que cette entrevue à un format plutôt particulier, qui déstabilise souvent les élèves. Je pense sincèrement que ce test est idiot, parce qu’il n’évalue pas correctement, selon moi, la compétence à s’exprimer oralement. Par exemple, il y a un exercice au cours duquel les élèves doivent reconstituer une histoire à partir de trois images. Le problème, c’est que parfois les images ne sont pas très explicites, et les élèves sèchent à cause d’un problème d’imagination, et non pas à cause d’un manque de compétences en anglais.

L’autre problème de la plupart des élèves est qu’elles formulent une réponse en japonais dans leur tête, réponse qu’elles essaient de traduire telle quelle en anglais… évidemment, en faisant cela, il leur manque du vocabulaire et elles n’arrivent pas à formuler leur réponse correctement. À aucun moment il ne leur vient à l’esprit d’utiliser des formules simples pour exprimer leurs pensées.

Je quitte le bureau vers 17h30, après ma dernière entrevue. Pour le dîner, je cuisine des nouilles udon froides avec de la viande hachée au miso. Comme je suis très fatiguée ce soir, je vais au lit tôt et je m’endors vers 22h. Demain, c’est juillet, et juillet, c’est mon dernier mois de travail à l’école… La plupart de mes collègues ne le savent pas encore, et mes élèves non plus.

Journal du 21 au 25 juin

Un tournage de film, un conseil de discipline… Nous sommes très occupés à l’école en ce moment ! Ce qui ne m’empêche pas de sortir m’amuser, et de faire de nouvelles rencontres !

Mardi 21 juin

Minuit dix, l’alerte du téléphone retentit : « Jishin desu ! Jishin desu ! » C’est l’alerte pour nous prévenir qu’un tremblement de terre va avoir lieu. Je secoue mon mari qui a le sommeil lourd et enfile un bas de pyjama, puis j’attends. Rien. Fausse alerte ? Déjà passé ? J’allume la télé et je découvre que le tremblement de terre a bien eu lieu, d’une force de 4 sur l’échelle shindo. Il n’y a pas d’alerte au tsunami, ce qui est rassurant. Au bout de quelques minutes, je retourne me coucher et je me rendors tant bien que mal.

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Shindo 4 en pleine nuit

À 5h, je me lève pour me préparer à aller au travail. Je suis fatiguée, et j’ai mal aux jambes, sans doute à cause de ma longue marche de dimanche.

J’ai une journée chargée au bureau aujourd’hui : en matinée, deux cours, plus l’entraînement de quatre élèves à l’entrevue du test Eiken. Le midi, j’ai une pause de 20 minutes, et je mange rapidement mon bentō, pour aller ensuite en réunion. Samedi matin, nos élèves de 1re et 2e années spécialité anglais vont accueillir des touristes étrangers arrivant par bateau croisière, et nous leur expliquons les grandes lignes de l’activité.

En après-midi, j’ai un cours avec les 2e année de collège. Elles sont vraiment dissipées, et je dois les rappeler à l’ordre plusieurs fois. Tout rentre dans l’ordre assez rapidement. J’enseignais à des élèves de ce niveau l’an passé, et je sais bien que c’est le moment où elles prennent confiance et se relâchent.

En fin d’après-midi, nous avons club d’anglais et nous continuons à préparer nos élèves pour le concours de présentations de dimanche. Je quitte le bureau vers 18h30. Je n’ai pas envie de cuisiner, alors j’achète un bentō pour mon mari, et moi je finis les restes. Ensuite, je regarde un peu la télé avec le chat, puis je lis et je me coucher vers 22h30. D’autres longues journées m’attendent…

Mercredi 22 juin

Je me lève à 5h, me prépare et part. Aujourd’hui, mon mari me laisse la voiture, ce qui m’arrange bien puisque j’ai un cours de français après l’école dans une autre partie de la ville.

Mon premier cours commence à 10h55, mais je dois être à l’école avant. En attendant mon cours, je m’occupe de corrections et de préparations de leçons.

J’ai trois cours aujourd’hui, mais ce ne sont pas des cours très demandant. Lors du premier, les élèves doivent lire un article scientifique en anglais et répondre à des questions. Le but est de leur montrer plusieurs choses, notamment le fait que l’on peut comprendre un texte a priori difficile en se servant de ce que l’on sait déjà. Je ne sais pas comment les élèves français ou ailleurs se comportent, mais au Japon, les élèves cherchent tous les mots qu’ils ne connaissent pas dans le dictionnaire. Je veux vraiment que mes élèves comprennent qu’il n’est pas nécessaire de comprendre tous les mots pour comprendre un texte, et que l’aptitude à deviner le sens en fonction du contexte est très importante.

Mon deuxième cours se fait avec mon collègue néo-zélandais. Nous préparons nos élèves à répondre aux questions qui leur seront très probablement posées par les passagers du bateau croisière samedi.

Après ma pause déjeuner, j’ai mon troisième cours. Comme il ne me reste que 3 cours avec cette classe d’ici les vacances d’été, nous commençons à regarder un film (High School Musical, que je connais par cœur à force de le voir plusieurs fois tous les ans).

J’ai ensuite une pause avant plusieurs travaux administratifs. Dans le parc de l’école, le tournage du film a débuté et les élèves sont tout excitées. Elles tentent d’apercevoir l’héroïne, sans y parvenir.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis mon arrivée à l’école, se tient un genre de conseil de discipline pour deux élèves. Je ne vous dirai pas ici pourquoi, mais je vais vous parler un peu du déroulement d’un conseil de discipline. Je ne sais pas si c’est dans toutes les écoles pareilles, par contre.

Les profs sont assis et l’élève debout au centre de la pièce. L’élève doit décliner son nom et sa classe. On lui demande ensuite pourquoi elle a été appelée ici et elle doit nous expliquer ce qu’elle a fait en détails, et nous dire pourquoi elle l’a fait. Ensuite, un ou plusieurs profs lui font un sermon, comme quoi c’est mal de faire ça, etc. La dernière question que l’on pose à l’élève est « Qu’as-tu appris de ton erreur ? ». Ensuite, on la met en garde pour lui dire qu’il n’y aura pas de prochaine fois, et au revoir !

Je suis toujours surprise que les élèves japonais reconnaissent immédiatement leur tort. Ils ne cherchent jamais à nier, à se défendre ou à se justifier. Ils reconnaissent leur erreur sans tente de la minimiser. Aussi, ils ne sont pas désinvoltes dans leurs explications et font l’effort de s’expliquer poliment.

Ensuite, nous avons notre réunion du groupe de profs responsables des 1re année de lycée, que nous devons abréger car une autre réunion nous attend après.

L’autre réunion est en fait un cours pour les profs. Cela a lieu une fois par an, et une personne extérieure vient nous faire un cours sur un sujet que l’on a choisi. Cette année, nous parlons de la façon de comprendre et de gérer les réactions des élèves ayant des troubles mentaux. C’est triste à dire, mais il y a de plus en plus d’élèves ayant des difficultés, le tout parfois mêlé à une histoire familiale triste. Le cours est très intéressant, mais j’ai malheureusement oublié d’amener mon dictionnaire et il y a plein d’informations qui m’échappent.

Le cours se termine un peu après 18h, ce qui m’arrange car je dois partir bientôt. En effet, à partir de 19h, je donne un cours d’initiation au français dans un centre culturel de Yachigashira, mon quartier favori. Ce n’est jamais désagréable d’aller là-bas, car les paysages et l’atmosphère du quartier sont extraordinaires. Mon rêve serait de vivre à Yachigashira, ou dans les quartiers adjacents.

Le cours en lui-même n’est pas très difficile, mais je ressens toujours un peu de frustration car c’est un cours mensuel, ce qui ne sert à rien, et de nouveaux étudiants se présentent à chaque fois. Mais je n’y peux rien, c’est la règle fixée par le centre culturel. Aujourd’hui, deux des élèves présentes ont un bon niveau de français. Elles cherchent un professeur pour des cours privés, ce que je n’aime pas trop, mais je prends tout de même leurs coordonnées car je n’ai plus de travail à partir du mois prochain.

Après le cours, je vais au Café Classic, où m’attend mon mari. Il discute avec un homme que nous connaissons, un photographe qui habite le quartier. J’adore aller au Café Classic, car ils font de délicieux croque-monsieur, mais aussi parce qu’on peut y sentir une certaine atmosphère de vie de quartier qui me plaît beaucoup.

Après avoir mangé et discuté, nous quittons le café vers 21h30. J’aimerais avoir la force de jouer avec le chat, mais je suis épuisée, et je file direct au lit pour lire. Je m’endors vers 22h30.

Jeudi 23 juin

Réveil à 5h. J’ai mal partout, alors que je ne fais pas de sport. Je sens que mon corps est fatigué, et je décide aussitôt que je prendrai mon congé du vendredi matin.

J’arrive à l’école à 7h20, et je commence à travailler fort pour pouvoir prendre mon congé demain. Je dois m’y mettre dès maintenant, car le reste de la journée va être intense.

J’ai 3 cours qui se suivent, de 9h55 à 12h45. Ensuite, c’est la pause déjeuner. Mon cours suivant, dernier cours de la journée, débute à 13h30. Ensuite, je poursuis mon travail et comme j’avance bien, j’enregistre un congé pour demain.

Dans l’après-midi, des élèves de 3e année viennent me voir pour me « demander une faveur ». Elles voudraient que je danse avec elles sur le titre « I’m a perfect human » durant le festival. Comme c’est mon dernier festival, j’accepte avec plaisir… mais j’ai un terrible problème de coordination de mouvements, alors je vais devoir répéter beaucoup. Heureusement, il me reste un mois pour me préparer.

À 16h30, c’est le club d’anglais. Nous travaillons jusqu’à 19h, et je quitte l’école peu après. Mon mari est rentré à la maison, il a toujours de la fièvre. Je m’arrête au supermarché pour aller acheter de la litière pour le chat. En rentrant, je cuisine un shōgayaki et nous commençons à manger vers 20h30. Je change ensuite la litière du chat, me repose devant la télé, puis je vais me coucher vers 22h30.

Vendredi 24 juin

Je me réveille à 7h. Quel bonheur d’avoir pu dormir autant en une nuit ! Je suis en forme, et je profite de ma matinée pour faire tout un tas de petites choses laissées en suspens. Je pars à 10h, et arrive au bureau vers 10h30.

L’équipe de tournage du film et les figurants sont présents en force. Aujourd’hui, ils filment à l’intérieur de l’école. Il y a des caméras, des projecteurs et des câbles un peu partout, et ce n’est pas évident de circuler. Va-t-on apercevoir l’héroïne du film, une jeune actrice bien connue ?

Je travaille sur tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire hier, mais c’est difficile de se concentrer car une scène se tourne juste à côté de la salle des profs. Lors des pauses entre les cours, nos élèves se précipitent pour essayer d’apercevoir l’actrice. Certains profs font la police pour les obliger à retourner en classe quand la sonnerie a retenti.

Le midi, je vais manger à la cantine. Une fois le カット! entendu, je me faufile hors de la salle des profs, et là, je la croise cette fameuse actrice. Mon Dieu qu’elle est petite ! Mais elle est drôlement mignonne. Je mange avec le prof de chimie, qui va jouer le rôle d’un prof dans le film. J’ai vraiment hâte de voir sa performance !

Après la pause déjeuner, c’est le début des cours. Je regarde Shrek 2 avec les élèves du collège, puis j’ai un cours d’anglais avec les 2e année de lycée. Ensuite, j’ai une réunion qui porte sur l’orientation des étudiants de 1re année. Je ne sais pas trop ce que je fais là, étant donné que je ne suis pas prof principale, et surtout étant donné que je n’enseignerai plus qu’à temps partiel après les vacances d’été.

Après cette réunion, c’est encore le club d’anglais. Nos élèves sont plus ou moins au point pour la présentation de dimanche. À 18h, je dois partir pour le pensionnat de l’école, pour une visite. Avec un collègue, nous mangeons avec les élèves de 1re année qui restent en pension, puis nous participons avec elles à la messe du soir. Je quitte le bureau vers 19h30.

Arrivée à la maison, je regarde la télé avec le chat. Il y a un programme rigolo qui parle de ce que certains mecs recherchent chez une fille. C’est assez « clichés », mais c’est drôle.

À 21h, je pars pour Daimon Yokochō, où se tient le « baru-gai ». Chaque restaurant du quartier propose une boisson et une petite assiette pour 500 yens. Je vais d’abord à « La Buvette », un bistro français que j’adore.

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Le jambon blanc de La Buvette

Ensuite, après avoir hésité, j’entre au hasard dans un autre resto. Il y a là un petit vieux que je connais. Je commande une bière avec une assiette, mais dans le même temps ce petit vieux décide de m’offrir un verre de blanc.

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Des gens partent et d’autres arrivent, et nous sommes tous rassemblés autour du minuscule comptoir. Il doit y avoir quoi, 10 places à tout casser dans ce resto. Au final, je me retrouve assise près du mur. Un homme entre et vient s’asseoir à côté de moi, la seule place qui reste, puisque le petit vieux qui m’a offert le verre de vin vient de partir. L’homme à côté de moi me regarde de temps à autre. Je pense qu’il a envie d’engager la conversation mais qu’il ne sait pas trop comment faire. J’ai l’habitude de ce genre de situation, ça m’arrive quasiment tout le temps. Les femmes sont moins timides que les hommes quand il s’agit de commencer à parler, je ne sais pas pourquoi.

Nos yeux finissent par se croiser, et on se sourit, mais on ne se parle toujours pas. J’ai fini ma bière et je voudrais en commander une autre mais j’hésite un peu. Je sais que dès que j’aurai commandé, l’homme d’à côté va en profiter pour engager la conversation, en commençant par le toujours très classique « Vous parlez bien japonais ! » Ce n’est pas que je ne veux pas qu’il me parle, au contraire j’adore discuter, mais c’est la phrase cliché du début de conversation qui me met mal à l’aise. Parce que je sais déjà ce que je vais répondre après, toujours la même chose.

J’ai seulement à moitié raison : l’homme en profite pour engager la conversation, comme je m’en doutais, mais il ne prononce pas la fameuse phrase habituelle. Il me demande si j’habite Hakodate. J’apprécie qu’il ne commence pas la conversation par ma « gaijinitude », et je me sens moins stressée.

La glace est rompue et on papote durant plus d’une heure, d’un peu de tout. Il s’appelle Kenji, et est journaliste sportif. Il travaille et vit à Tokyo, mais Hakodate est sa ville natale. Il est venu pour écrire un papier sur les courses de chevaux, et il en profite pour rendre visite à sa famille. Il est gentil, et sa conversation est intéressante. J’aime beaucoup ce genre de rencontre imprévue, car j’aime découvrir les gens. Et c’est aussi une bonne occasion de pratiquer mon japonais.

Il est bientôt minuit et je rentre en taxi. Il y a toujours des taxis qui tournent dans ce quartier, et j’en attrape un très vite. Quand je dis au chauffeur le nom du quartier où je vis, il me dit, surpris : « Ah mais oui, je vous connais, vous ! D’ailleurs, j’ai ramené votre mari l’autre jour ! » C’est génial, je n’ai même pas besoin d’expliquer la route au taxi ! Là encore, on papote, et le taxi se révèle être une vraie pipelette lui aussi !

J’arrive à la maison vers 0h30.

Samedi 25 juin

Réveil à 5h. Aujourd’hui, nous emmenons nos élèves de 1re et 2e année spécialité anglais accueillir les passagers d’un bateau-croisière. Généralement, lors de cette activité, nos élèves doivent renseigner les touristes. Comment peut-on aller ici ? Comment prendre le tramway ? Où puis-je acheter… ? C’est une bonne occasion de pratiquer leur anglais et les touristes sont toujours heureux de voir des lycéennes.

Mais aujourd’hui, le temps est mauvais, il pleut énormément et le vent souffle en tempête. Quand nous arrivons au port, nous voyons le bateau mais il ne peut pas accoster à cause du vent. Nous attendons dans les bus, et au bout d’une heure, le bateau finit par réussir sa manœuvre. Quand les premiers passagers commencent à débarquer, nous devons aller leur souhaiter la bienvenue. Il pleut toujours et c’est difficile. Nos élèves se donnent à fond, et elles leur font même la « danse du calmar », une danse locale très amusante à danser. Mais personne ne daigne leur jeter un regard alors qu’elles se démènent sous la pluie. Vers la fin, heureusement, une passagère se met à danser en rythme avec elle. Je ne sais pas qui est cette dame, mais je la remercie du fond du cœur. Cela a vraiment fait plaisir à nos élèves, et elles se sont bien amusées malgré la pluie.

Vers 11h, nous quittons le port pour revenir à l’école. Le temps est très mauvais, les touristes ne font que s’engouffrer dans les taxis qui les attendent, alors ça ne sert à rien de rester plus longtemps.

De retour à l’école, je mange le hamburger que la mairie nous a offert, puis je fais mon travail habituel. À 12h45, nous avons club d’anglais. Le grand jour est demain, et nous voulons répéter encore un peu. Je quitte l’école vers 15h.

Arrivée à la maison, j’ai faim, donc je me cuisine des œufs et du bacon vite fait. Vite fait, car je dois repartir sous peu. En effet, je donne un cours de cuisine française à Nanae, la ville voisine. La cuisine, ce n’est pas mon truc mais c’était la deuxième demande du centre qui organise ce cours, et je me sentais mal de refuser. J’ai proposé un truc très simple, des tomates farcies et un gâteau aux pommes.

 

Il y a beaucoup de dames âgées dans mon cours, et pour être franche, elles sont parfois un peu casse-bonbons. Elles vont très vite, et reviennent tout de suite me voir en disant : « Et après ? », mais moi je dois cuisiner aussi, et je ne suis pas en équipe comme elles, alors j’ai du mal à suivre.

Le cours se termine vers 20h, et ensuite je rentre chez moi. Je regarde Shrek 2, pour faire des feuilles de travail pour mes élèves de collège. Je trouve le film rigolo, mais je me demande comment font les gens pour comprendre toutes les références culturelles qui s’y trouvent.

Ensuite, je lis un peu et je me couche tôt. C’est à peine croyable que je sois au lit avant minuit un samedi soir, mais demain, je dois encore bosser !

Journal du 16 au 20 juin

Comment gère-t-on un séisme à l’école ? Que faire quand une élève vous pleure dans les bras ? La suite de mes aventures dans un lycée japonais ! Et aussi, une balade rafraîchissante en bord de mer pour mon deuxième et dernier jour de congé de juin.

Jeudi 16 juin

Le chat me réveille à 4h50 et je déteste ça ! Quand elle me réveille vers 3h, je me dis que j’ai encore 2h de sommeil devant moi, et j’en suis plutôt heureuse, mais là… Réaliser qu’il ne me reste que 10 minutes à dormir me déprime un peu, et je décide de dormir jusqu’à 5h30. Mais à 5h, c’est le réveil de mon mari qui sonne et me réveille ! Je décide de me lever. Mon mari s’est rendormi, et le chat somnole sur le canapé. Les bandits !

Aujourd’hui j’ai la voiture, car mon mari a un déplacement. Je le dépose à son travail, puis je file à l’école. Aujourd’hui, je suis en charge de la classe de mon collègue néo-zélandais car il est en déplacement. J’ai beaucoup d’informations à leur transmettre, et elles sont plutôt lentes, du coup on arrive en retard à la messe. J’ai deux cours le matin, dont un cours de français (cours d’études internationales pour les élèves de 2e année de lycée). Les filles se débrouillent bien, et on s’amuse beaucoup.

L’après-midi, peu après la fin de mon dernier cours, alors que les élèves venaient juste de quitter la salle et que j’étais en train de ranger mes affaires, je vois que l’écran blanc que nous utilisons pour projeter nos leçons tremble. J’ai à peine le temps de penser « C’est un tremblement de terre ! » que la secousse s’intensifie, pour devenir très forte. J’ai peur. Parce que les élèves hurlent. Parce que la secousse est forte.

J’ai le réflexe d’ouvrir la porte, comme on nous l’a appris, puis la secousse s’arrête. Elle aura duré très peu de temps, tout est allé très vite. Au jugé, je dirais une dizaine de secondes.

Nous faisons le tour des salles pour demander aux élèves de rester sous leur bureau. Car on ne sait pas s’il y aura une prochaine secousse. Et l’autre interrogation, c’est bien sûr « Y aura-t-il un tsunami ? »

Très vite, une annonce tombe des haut-parleurs : l’intensité du séisme était de 6- sur l’échelle Shindo, échelle allant de 0 à 7, 7 étant bien sûr le maximum. Il n’y a pas d’alerte au tsunami. Les cours peuvent reprendre normalement, mais nous devons tous rester vigilants.

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Dans l’après-midi, nous apprenons qu’en fait la secousse ressentie était d’intensité 3 sur l’échelle de Shindo, et que le 6- a été ressenti dans un quartier de l’est de la ville seulement. Je suis dubitative. Nous avons eu un 5- l’année dernière, mais le tremblement de terre d’aujourd’hui m’a semblé plus fort.

En fin d’après-midi, je m’occupe des salutations du soir de la classe dont je suis en charge aujourd’hui. Ensuite, je vais vérifier que tout se passe bien avec les élèves qui font le ménage dans l’autre salle de cours. Et là, catastrophe ! Une élève se met à pleurer. Je m’isole avec elle et tente de savoir ce qui la tracasse. Elle pleure beaucoup, renifle, et je ne comprends pas grand-chose à son histoire. La seule chose claire, c’est qu’elle veut que je n’en parle à personne. Mais je ne peux pas laisser la situation telle quelle.

De retour dans la salle des profs, j’en parle à la responsable de notre groupe, qui décide d’aller enquêter sur-le-champ pour savoir ce qui s’est passé. D’autres élèves lui ont expliqué la situation, mais je ne comprends toujours pas le problème. Bref, nous y donnerons suite le lendemain, quand le prof principal sera de retour.

Je quitte le bureau vers 18h, et je passe au supermarché car j’ai envie de manger des champignons. À la maison, je fais sauter ces champignons avec des oignons et de la viande de porc. Je mange le tout avec une salade de concombre et du tofu. C’est bon de manger ce que l’on a cuisiné.

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Je sors le sac de transport du chat du placard, au cas où il y aurait un tremblement de terre dans la nuit qui nous obligerait à évacuer. Cela peut sembler idiot, mais perdre Momo serait terrible pour moi.

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La soirée se passe tranquillement, câlins-télé-lecture. Je m’endors vers 23h.

Vendredi 17 juin

Momo me réveille à… 4h58 ! Deux minutes avant le réveil, la petite maudite ! Elle pousse des miaulements désespérés, sans raison aucune. Je la fais venir près de moi, elle ronronne de plaisir, et moi je me rendors jusqu’à 5h30. La matinée est tranquille, et je pars à 7h00.

Je n’ai pas cours le vendredi et je suis théoriquement autorisée à prendre un congé à ce moment-là, mais aujourd’hui je suis en charge de la classe d’une collègue, absente pour le tournoi du club de basket-ball.

Je n’enseigne pas à cette classe-là, mais j’ai entendu dire que les élèves étaient bruyantes. Et cela s’avère vrai. Alors que la période de lecture a commencé, elles continuent de parler et je suis obligée de les rappeler à l’ordre. Durant la messe, certaines parlent et rigolent. Encore une fois, je dois leur dire de se calmer.

Le reste de la matinée, j’essaie de m’organiser pour les semaines à venir. Je vérifie le nombre de cours qu’il me reste pour chaque classe. En effet, nous regardons toujours un film avant les vacances d’été, et j’ai besoin de trois cours pour finir le film. Avec les événements qu’il y a avant les vacances, j’ai plusieurs cours en moins, et il y a déjà certaines classes avec lesquelles je dois commencer le film la semaine prochaine. La matinée passe très vite.

Peu après midi, les alertes de nos téléphones sonnent. Tous les profs présents en salle des profs ont le même réflexe : sortir et laisser les portes ouvertes. On attend, tendus, car on ne sait pas trop ce qui va nous tomber dessus… en fait, rien. En revérifiant l’alerte, nous constatons que c’était une alerte aux fortes pluies. Je crois que nous sommes un peu tous paranos, et que la possibilité d’un nouveau séisme reste dans un coin de la tête de tout le monde. Bizarrement, la pluie qui tombait à verse depuis le matin cesse après l’alerte.

L’après-midi, c’est branle-bas de combat ! J’ai un cours en moins, mais je dois aider mes collègues et les collégiennes pour préparer la journée portes-ouvertes de demain. Ménage, préparation des piles de documents,… Ensuite, je file à mon unique cours de la journée, conversation anglaise pour les 2e année de lycée (parcours anglais). Elles ont une présentation à faire, un genre de mini-speech, et ce n’est pas fameux. En début de cours, une élève a mal au ventre et demande à aller aux toilettes. Au bout de 10 minutes, comme elle n’est pas revenue, j’envoie une élève la chercher. Elle est toujours aux toilettes. À un moment, je vois que l’élève est revenue, mais elle se cache derrière un bureau au fond de la salle de classe. Ma pauvre cocotte, comment as tu pu croire que je ne t’aurais pas vue ? Quand on est lycéen, on est en général un peu bêbête, on croit que les profs sont nés de la dernière pluie. On ne peut tout simplement pas imaginer que son prof a fait les 400 coups avant. Je la surprend donc au moment où elle s’y attend le moins, et elle me dit qu’elle ne se sent pas bien, qu’elle va retourner aux toilettes. Je la laisse faire, mais je décide tout de même d’en parler à son prof principal. À la fin du cours, elle revient pour s’excuser de son comportement. J’ai un peu l’impression qu’elle essaie de me manipuler avec ses excuses, mais c’est raté, car je ne laisserai pas les choses ainsi.

Je dois ensuite faire les salutations du soir avec la classe dont je m’occupe depuis le matin. Je leur rappelle qu’elles ne doivent pas parler pendant la messe, et encore moins rire, car certains profs et certaines élèves sont chrétiennes et la messe est importante pour eux. Je leur explique l’importance de respecter les croyances des autres, mais je ne crois pas qu’elles m’aient bien compris.

Ensuite, il me reste une demi-heure de battement avant le nouveau branle-bas de combat, mais cela ne me laisse pas le temps de faire grand-chose. Je supervise le ménage habituel, puis à 16h30 nous avons une réunion pour discuter de différents cas, dont celui de l’élève qui s’est mis à pleurer la veille. Je ne comprends toujours pas ce qui se passe, mais l’affaire a l’air d’avoir pris de grosses proportions.

Ensuite, je file au club d’anglais, et nous travaillons jusqu’à 19h. Je quitte ensuite le bureau et je récupère mon mari à son travail. Nous allons manger des ramen dans notre resto de ramen favori. Pour une fois, je choisis celles au sel, la spécialité de Hakodate.

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Ramen au sel par Maido

La soirée se passe tranquillement et je me couche assez tôt.

Samedi 18 juin

Comme nos salutations du matin sont un peu plus tard que d’habitude, je me lève à 5h30. Je pars en voiture car mon mari a décidé de travailler à la maison. J’arrive à l’école vers 8h, il n’y a pas grand-monde. Aujourd’hui, c’est la journée portes ouvertes du collège. Les lycéennes n’ont pas cours et tous les professeurs ne sont pas concernés par cette activité.

Je travaille un peu jusqu’à 9h, puis je me dirige vers la salle où aura lieu la présentation des cours d’anglais. On diffuse des vidéos des différentes activités, et on joue à des jeux de société en anglais. À 11h, l’activité est terminée et nous rangeons tout.

Vers 12h, je mange des sandwichs du konbini qui ressemblent un peu à des sandwichs SNCF. Ce n’est pas terrible, mais ça me cale pour l’instant. Une fois nos visiteurs repartis, je peux moi aussi théoriquement repartir mais je dois terminer la préparation de mes cours pour lundi. Je travaille jusqu’à 14h30 environ.

Quand je sors du bureau, il fait beau et j’ai envie d’aller voir la mer. Mais je décide de rentrer chez moi. Mon mari a fait un peu de ménage et je lui en suis reconnaissante. Je me repose 1h, et aussitôt après je m’ennuie. C’est quand même terrible d’être fatiguée mais d’être incapable de rester inactive et de se détendre. J’ai besoin de travailler tout le temps, j’ai besoin d’avoir du monde autour de moi, et que ce monde soit en perpétuel mouvement. C’est pour ça que mon travail à l’école me plaît autant. Il n’y a jamais de temps mort, on est toujours dans l’action.

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Le soir, je cuisine des pâtes puis mon mari et moi décidons d’aller prendre un verre dans un bar appelé « Le comptoir ». Je suis déçue par la déco et par l’ambiance, car ce bar est connu comme une institution de la ville. Mais je n’étais pas de très bonne humeur, alors peut-être que cela a influencé mon impression. J’y retournerai sans doute quand je serai mieux disposée, mais pas tout de suite. Nous rentrons à la maison un peu après minuit.

Dimanche 19 juin

Le chat me réveille à 7h. C’est l’heure à laquelle je voulais me lever, mais finalement je décide de dormir encore un peu et je me lève finalement à 9h30. Je passe la matinée au ralenti, et je ne fais pas grand-chose, à part laver les draps. J’essaie de me pardonner ma paresse en me disant que ce dimanche est mon deuxième et dernier jour de congé du mois.

Un peu après midi, mon mari part assister à un événement. Je n’ai pas souhaité l’accompagner car je n’avais pas envie de passer mon dimanche après-midi enfermée. Après avoir mangé le reste de pâtes d’hier, je pars me promener. J’ai fourré tout un tas de choses dans mon sac à dos, dont mon ordinateur, car je ne sais pas encore si je vais marcher ou me poser quelque part pour écrire. Après avoir pris le bus jusqu’à la gare de Hakodate, je prends le tramway jusqu’à Yachigashira.

Je me dirige d’abord vers la mer, dans un petit coin situé en bas du cimetière. Je m’assois au bord de l’eau, j’écoute de la musique et je ne pense à rien d’autre qu’au fait que je me sens bien ici. Cela fait des jours que je me demande ce qu’est le bonheur, et j’avais l’intention d’y réfléchir ici, mais étrangement le vide se fait dans mon esprit. Rien ne compte pour moi à ce moment-là, juste le fait d’être ici et d’avoir ce magnifique paysage sous les yeux.

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Je décide ensuite d’explorer le cimetière à flanc de montagne. Certains chemins sont si peu entretenus qu’on les voit à peine. Je n’arrive pas bien à savoir jusqu’où je peux monter sans m’enfoncer dans la montagne, et je décide de rebrousser chemin.

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Cimetière, Yachigashira

J’hésite sur la suite de mon itinéraire, puis je décide de passer au cap Tachimachi, qui est juste à côté. C’est l’un des plus beaux endroits de la ville, mais les touristes s’y font rare. Les personnes présentes sont toujours majoritairement des locaux. Je ne sais pas si c’est dommage ou si c’est une bonne chose d’avoir encore un endroit pour nous. Après une petite pause, je repars et décide d’emprunter la route de montagne pour redescendre.

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Vue sur Hakodate depuis la montagne

Le ciel est couvert et l’air chargé d’humidité, mais il ne fait pas froid. On dit qu’il n’y a pas de saison des pluies à Hokkaido, mais cette année, il ne fait aucun doute que nous sommes en plein dedans. Je me dirige ensuite vers le quartier adjacent à Yachigashira, Aoyagi-chō. Je traverse le parc Hakodate Kōen, dans lequel se trouve un parc d’attraction plutôt kitsch.

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Quand Mario rencontre Anpanman

Je décide de finir ma promenade dans un autre quartier du coin, Hōrai-chō. C’est un quartier de vieux pêcheurs, et je l’aime beaucoup. Alors que je photographie la mer, un homme d’un certain âge m’aborde. Il veut savoir d’où je viens et me dit que son loisir est d’apprendre tout un tas de choses sur tout un tas de pays. Il n’arrête pas de parler, et je me demande quand il va bien vouloir s’arrêter. Mais il a vraiment l’air content, alors ça me fait plaisir aussi. Après notre discussion, je vais prendre un café et un gâteau au café Laminaire (le nom français de l’algue konbu). La propriétaire, Yukari, est vraiment drôle, un peu fofolle. Elle aime les chats, boire et fumer, tout comme moi. Mon mari nous rejoint ensuite, puis nous partons car je dois acheter des chaussures pour l’école (les miennes ont cassé dans la semaine).

Le soir, je cuisine des aubergines et du tōfu façon mābō. Après manger, mon mari et moi regardons le taiga drama sur la NHK. Je range ensuite certaines choses, puis vais lire dans mon lit. Je m’endors vers 22h30.

Lundi 20 juin

Je me réveille vers 3h30, je ne sais pas pourquoi. Pour une fois, ce n’est pas la faute du chat. Ensuite, j’ai du mal à me rendormir et j’alterne les périodes de sommeil et de réveil. Je me lève néanmoins à 5h, comme d’habitude. Il pleut aujourd’hui encore, mais il ne fait pas froid.

Je panique à l’idée de la semaine à venir, qui sera chargée : préparation des élèves à l’entrevue du test Eiken, cours de français mercredi soir, cours de cuisine samedi soir, concours de présentation en anglais dimanche. Il faut que je m’organise pour ne pas rentrer trop tard à la maison le soir et trouver des moments de détente, et surtout il va falloir que je me couche tôt.

Le lundi, je suis assez occupée. La messe de ce matin me semble interminable. L’homme qui nous fait le sermon réussit à endormir la moitié de l’assistance. J’ai ensuite deux cours, avec des 1re année de lycée. Les deux classes sont complètement différentes : dans l’une, les élèves participent activement, dans l’autre, elles sont passives. Je préfère les classes actives, même si les filles sont parfois un peu bruyantes.

Le midi, je mange à la cantine. Le plat du jour est un gratin au curry, et c’est plutôt bon. Il y a un morceau d’orange en dessert, mais je n’aime pas les fruits alors je l’offre à un collègue. Il me dit alors « Tu ne fais pas de sport, tu ne manges pas de fruits, tu bois et tu fumes ? Ça va pas ! » Effectivement, dit comme ça, ça paraît horrible. Mais j’adore les légumes et marcher. Enfin, à 35 ans, ce n’est peut-être plus suffisant… Mon collègue courra le semi-marathon dimanche prochain. Il veut que j’aille courir avec lui, pour moi aussi participer au semi-marathon de l’an prochain. Non merci, la course, très peu pour moi.

Un peu après 13h, l’alerte de nos téléphones retentit. Tout le monde se fige, mais comme je suis devenue experte en sonnerie, je leur dis que c’est pour la pluie. Décidemment, on reçoit plein d’alertes en ce moment !

Mon cours de l’après-midi, avec les 2e année de lycée spécialité anglais, se passe bien et on termine enfin nos speechs. On a même le temps de débuter la leçon suivante, un miracle !

À 16h20, je supervise le ménage puis à partir de 16h30, nous avons le club d’anglais. Nous préparons nos élèves au concours de présentations qui aura lieu dimanche, et nous travaillons jusqu’à 19h, heure à laquelle les élèves doivent quitter l’école. À la fin du club, l’une de mes élèves viennent me voir pour dire que son groupe a décidé qu’une personne ne présenterait pas, et que c’est tombé sur elle. Elle semble déçue, alors je lui dis que je vais voir ce qu’on peut faire. Je ne sais pas trop ce qu’ont les élèves en ce moment à venir me confier leurs problèmes, mais je me sens adulte tout d’un coup. J’explique la situation à mon collègue, qui me dit que toutes les élèves du groupe doivent présenter, puisque toutes sont enregistrées comme présentatrices. Voilà qui résout le problème !

Ensuite, je quitte moi aussi l’école, et rentre en bus. Je m’arrête au supermarché pour acheter de quoi faire à manger. J’arrive à la maison un peu après 20h, et mon mari rentre en même temps que moi. Ce soir, je cuisine du poulet mariné dans une sauce à base de miso. Il est près de 21h quand nous commençons à manger. Je me mets au lit vers 22h, épuisée. J’essaie de lire un peu mais mes yeux se ferme tout seuls, et je décide de dormir. Il est à peine 22h10, et je suis contente d’avoir quasiment 7h de sommeil devant moi.