Yachigashira, mon amour

Ceux qui me suivent sur Twitter ou Instagram ont sans doute déjà vu, et peut-être à plusieurs reprises, la photo suivante :

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Port de Sumiyoshi, août 2016

Il s’agit d’une vue du cap Tachimachi, prise depuis le petit port de pêche de Sumiyoshi. Je viens souvent ici, surtout quand je ressens besoin de prendre l’air. Je m’assois sur le petit muret surplombant la mer, je laisse mes jambes pendre dans le vide et ne pense à rien d’autre qu’au paysage qui s’étend devant moi. L’été, j’observe les surfeurs défiant les vagues ou les pêcheurs à la ligne installés un peu plus loin, des vieux ou des gosses avec leur père. Le reste du temps, il n’y a quasiment jamais personne ici.

J’aime cette partie de la ville, à mi-chemin entre les quartiers de Yachigashira et de Hōrai-chō, coincée entre la mer et la montagne. Ce quartier de vieux pêcheurs, où l’on dirait que le temps s’est arrêté. Ici, ce sont surtout l’atmosphère et le paysage qui valent le détour.

 

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Entrer une légende

Les rues de Yachigashira sont tranquilles sans pour autant être désertes. Les marchandes papotent entre elles devant leur magasin, assises sur de petits tabourets. La patronne du café donne du pain aux moineaux. Chez le marchand d’alcool, c’est la réunion des petits vieux qui fument en regardant la télé.

 

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Port de Sumiyoshi, septembre 2016

Cette atmosphère de tranquillité, Yachigashira la doit à sa position géographique. Bordé par le mont Hakodate et par la mer, le quartier s’est construit dans un ancien cratère. Cet enclavement donne à Yachigashira l’apparence d’un village dans la ville, et explique sans doute l’atmosphère particulière qui y règne.

 

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Le quartier Yachigashira, avril 2016

Le soir, la nuit y est plus noire que dans d’autres quartiers de Hakodate. Il y fait aussi plus frais, et il passe très peu de voitures. De nuit comme de jour, on se sent apaisé à Yachigashira. Le quartier a aussi son petit côté sauvage, puisque l’hiver, les renards affamés descendent parfois de la montagne pour chercher de quoi se nourrir.

À visiter

Le cap Tachimachi (Tachimachi misaki, 立待岬)
Le cap Tachimachi est situé à environ 15 à 20 minutes de marche de l’arrêt de tram. Il doit son nom à la langue aïnou, et s’appelait à l’origine « yokoushi », ce qui signifie « le lieu où l’homme attend pour attraper du poisson », d’où le japonais « tachimachi » de tatsu (se situer, se trouver, être debout) et matsu (attendre).

 

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Cap Tachimachi, juillet 2015

La montée qui mène au cap Tachimachi est bordée d’un cimetière dans lequel se trouve notamment la tombe d’Ishikawa Takuboku, poète maudit ayant vécu quelques temps à Hakodate avant de mourir, à 26 ans, de la tuberculose.

 

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Montée pour se rendre au cap Tachimachi, janvier 2016

Par beau temps, on a une vue panoramique sur la ville de Hakodate mais aussi sur le détroit de Tsugaru. Parfois, on peut même apercevoir Honshū, la principale île du Japon. J’aime y aller l’hiver, car les voitures ne peuvent y accéder et il n’y a quasiment jamais personne.

 

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Yachigashira et Sumiyoshi vus depuis la montagne, juin 2016

L’été, si vous en avez le courage, il est possible de redescendre par la route de montagne que doivent emprunter les voitures. C’est un peu plus long, mais entre les arbres vous avez parfois de bonnes vues sur le quartier. De plus, cette route amène directement au sanctuaire Hakodate Hachiman-gū.

Hakodate Hachiman-gū

 

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L’entrée du Hachiman-gū, février 2017

 

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Hakodate Hachiman-gū, février 2017

Une bonne volée de marches en pierre, parfois branlantes, mène à ce sanctuaire shintō. Lors du festival du Hakodate Hachiman-gū, qui a lieu tous les deux ans autour du 15 août, des chevaux montent cet escalier qui compte 134 marches. Et s’ils le peuvent, vous le pouvez aussi ! Depuis l’escalier, la vue sur le quartier Yachigashira, avec la mer qui se profile au loin, est tout simplement splendide.

 

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Vue sur Yachigashira en redescendant du sacnctuaire, septembre 2016

Autrefois situé dans le quartier Motomachi, le sanctuaire shintō a été détruit par un incendie en 1878 et deux ans plus tard, il a été transféré à son emplacement actuel, au bout de la rue qui tourne à droite après le terminus de tramway.

Yachigashira onsen
Cette source d’eau chaude est l’une des plus emblématiques de Hakodate. Été comme hiver, à toute heure de la journée, vous pouvez croiser dans la rue des personnes s’y rendant, portant leurs affaires de bain sous le bras.

 

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Le bain pour femme, Yachigashira onsen, avril 2016

L’eau du Yachigashira onsen est chargée en fer, ce qui lui donne sa couleur brune. Et quand vous en ressortez, vous avez la peau toute douce pour trois jours ! Le bain extérieur, en forme d’étoile pour représenter la forteresse de Goryōkaku, est aussi très agréable.

Enfin, sachez qu’un petit sanctuaire shintō bien particulier se trouve près de l’établissement de bains. Saurez-vous le trouver ?

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Le parc Hakodate-kōen

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Parc Hakodate-kōen, juin 2016

Ce parc n’est pas dans le quartier Yachigashira, mais dans celui d’Aoyagi-chō, tout proche. C’est sans doute le deuxième lieu le plus populaire de Hakodate pour la contemplation des cerisiers, mais il est aussi agréable de s’y promener en toute saison.

 

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Hakodate-kōen, février 2017

Sur ce parc, on trouve le musée de la ville de Hakodate mais aussi un petit parc d’attraction très rétro qui peut être amusant pour des enfants… ou pour des amateurs de photos !

 

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Parc d’attractions, Hakodate-kōen, juin 2016

Cafés et restaurants
Si vous avez besoin d’une petite pause, je vous suggère de vous arrêter au café Classic ou au café Laminaire. Et si vous cherchez de bons sushis, je vous recommande Edo Matsu.

Café Classic

 

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Café Classic, septembre 2016

Si vous ne voyez pas ce café sur votre chemin, vous l’entendrez : c’est le rendez-vous des moineaux du quartier, qui viennent y piailler été comme hiver ! Le café Classic est ouvert depuis un peu plus d’un an, et ses jeunes propriétaires sont sympathiques sans pour autant être trop intrusifs.

 

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Le croque-madame du Café Classic

La carte du café Classic vous propose bien sûr café et thé, mais aussi de délicieux gâteaux. Le soir, vous pouvez y manger sur le pouce et y prendre un verre.

Laminaire

 

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Café Laminaire, octobre 2016

Saviez-vous que « laminaire » est le nom français du konbu, l’algue que l’on utilise pour préparer le bouillon dashi ? Yukari, la patronne du café, adore la France et a choisi de nommer ainsi son café qui se trouve face à la mer. Elle adore aussi les chats, le vin, fumer et lire, et c’est une femme au fort caractère, vraiment intéressante.

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Mer d’hiver (janvier 2017), vue depuis le café Laminaire

On pourrait rester des heures à Laminaire, à regarder par les grandes baies vitrées les mouettes voler au-dessus de la mer. L’été, il y a une petite terrasse où il est possible de venir avec son chien. C’est calme, le café et les gâteaux sont délicieux, la vue est belle, la patronne est sympa… que demander de plus ?

Edo Matsu Sushi
Ne vous laissez pas rebuter par l’aspect revêche du chef, vous passeriez à côté d’une extraordinaire expérience culinaire et culturelle. Les sushis sont devenus un plat courant, à tel point que l’on pourrait oublier que leur préparation, bien exécutée, est un art.

 

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Edo Matsu Sushi, Yachigashira, Hakodate

Chez Edo Matsu, le chef est là pour vous guider dans vos choix et dans votre façon de manger. Cela a un prix, 6 000 yens pour un dîner (alcool compris), mais cela les vaut.

Comment se rendre à Yachigashira

 

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Tramway se rendant à Yachigashira

Deux lignes de tramway circulent à Hakodate. L’une fait Yunokawa-Dokkumae et repart en sens inverse, Dokkumae-Yunokawa. L’autre fait Yunokawa-Yachigashira / Yachigashira-Yunokawa. Il suffit donc de prendre le tramway direction Yachigashira, et de descendre au terminus.

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Scène du film « Over the fence », avec Odagiri Joe à bicyclette, Aoyagi-chō (prise sur le site Hakobura)

Mais vous pouvez aussi descendre à l’arrêt précédent, Aoyagi-chō. C’est un endroit très apprécié des amateurs de photographie et des réalisateurs de films.

 

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Port de Sumiyoshi, juillet 2015

Peu de touristes visitent Yachigashira, et pourtant c’est à mon sens l’un des quartiers les plus représentatifs de la ville, parce qu’il est à la fois tourné vers la mer et vers la montagne, lieux emblématiques de Hakodate. Que l’on contemple la mer depuis le cap Tachimachi ou que l’on se promène dans les rues du quartier, on se sent apaisé et inspiré par la quiétude des lieux.

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Cap Tachimachi, septembre 2015

Réflexions sur l’avenir de ce blog

Il s’est écoulé 4 longs mois entre la parution de mes deux derniers articles. La raison en est toute simple : je suis occupée à vivre ma vie. Je suis emportée dans un tourbillon d’activités, de rencontres et de découvertes personnelles. Ma vie a beaucoup changé depuis mon arrivée au Japon. J’ai même physiquement changé, avec la perte de 12 kgs en 6 mois.

Je suis heureuse et j’en profite. Bien sûr, tout n’est pas tout le temps rose, il y a même des moments douloureux, surtout que je me pose beaucoup de questions sur ma vie personnelle. Mais je suis heureuse, et je mesure la grande chance que j’ai de l’être.

Ma vie ayant à ce point changé, mes centres d’intérêts ont aussi changé, et je ne sais plus trop quelle direction donner à mon blog. J’aime toujours autant lire et cuisiner, mais j’ai perdu l’envie de partager mes découvertes. Alors que je regardais souvent des dramas auparavant, je n’en regarde plus du tout depuis que je vis ici. Je suis toujours passionnée par l’étude de la langue japonaise, mais j’ai perdu l’envie d’informer sur les manuels/sites existants, j’ai perdu l’envie d’expliquer cette langue sur un blog. Je crois que quand on est motivé par l’apprentissage d’une langue, on s’inscrit à des cours ou, à défaut, on s’achète un manuel digne de ce nom réalisé par des professionnels.

Mon autre problème vient du fait que je n’arrive pas à considérer le Japon comme un pays « étrange ». En furetant sur certains blogs populaires, je m’aperçois que leurs auteurs font des articles sur des thèmes extrêmement spécifiques comme « La Saint-Valentin au Japon » ou « Les règles d’or à suivre impérativement quand vous sortez boire un verre ». Oui, le Japon est différent de ce que je connais en tant que Française, oui, ces articles disent vrais (mais ils beurrent épais comme diraient les Québécois)… mais ça ne m’intéresse pas d’écrire là-dessus. Pour moi, ces articles entretiennent surtout les clichés, comme si les Japonais étaient des êtres mystérieux et l’auteur du blog un explorateur aventureux. Encore une fois, oui, dans certaines situations, les Japonais ne réagissent pas comme les Français, les Belges ou les Américains le feraient mais ils ont les mêmes problèmes que nous, les mêmes espoirs, les mêmes envies.

Le Japon est un pays encore fantasmé par beaucoup de gens et ce genre d’articles rencontrent évidemment un grand succès. Mais moi je ne veux pas faire cela, ça ne m’intéresse pas.

Alors, que faire de ce blog ? Je ne vois que deux options : le laisser sombrer dans les abîmes du Net ou lui donner une orientation radicalement différente. En ce qui concerne cette dernière option, je songe à un partage de ma vie quotidienne sous forme d’anecdotes plus ou moins longues. Ce ne sera sans doute pas toujours passionnant pour le lecteur, mais c’est la seule chose sur laquelle j’ai envie d’écrire actuellement. Quoi qu’il en soit, je ne me suis pas encore décidée…

active-A, le groupe rock qui déménage !

Quand j’ai rencontré mon amie Emi, elle m’a expliqué que son mari était bassiste dans un groupe de rock. Sur le moment, je n’ai pas pensé qu’il s’agissait de quelque chose de sérieux, simplement d’un groupe d’amis qui jouaient ensemble pour s’amuser.

active-A, festival Kurofune 2014
active-A, festival Kurofune 2014

Puis un jour, en juin, Emi m’a invité à une soirée où quelques groupes locaux, dont celui de son mari, se produisaient. active-A, c’est le nom du groupe, fut le dernier à se présenter sur scène. Au fur et à mesure de la soirée, le nombre de spectacteurs avaient pas mal augmenté et il était clair que beaucoup attendaient la performance d’active-A.

Amano à la basse, Shimada au chant et à la guitare
Amano à la basse, Shimada au chant et à la guitare

La première chose qui frappe, et ce dès que le groupe entre sur scène, est le charisme de chacun des quatre membres. À la basse, Masatoshi Amano, le mari d’Emi. À la batterie, Shige Nabeya. À la guitare, toujours avec ses chaussures rouges et la mèche rebelle, le beau Kenji Tanaka. Et au chant et à la guitare, le très charismatique Yuusuke Shimada.

active-A, Burning Rock Festival 2014
active-A, Burning Rock Festival 2014

active-A propose un rock plutôt pop. Voici quelques vidéos pour vous donner une idée de ce qu’est leur musique.

active-A existe depuis 10 ans et est relativement connu à Hakodate. Le groupe est très actif et organise de nombreux événements rock auxquels ils convient d’autres groupes de la ville.

Les quatre membres sont très proches de leur public et toujours disponible pour discuter après leurs concerts. Ils vont même jusqu’à se déplacer pour saluer leurs fans et les remercier de toujours venir les soutenir.

Un groupe très sympathique donc, en plus d’être doué !

Site Web : http://active-a.biz
Page Facebook : https://www.facebook.com/activeactiveA
Chaîne Youtube : https://www.youtube.com/user/MrActiveactive

Discographie

Wonderland (mini album sorti le 24 août 2014)
Snow Motion / Heisei non-fiction
Anakoronomi / Zero no kawa
Shunkashuutou
Here There e.p
Samuraihood
Saishuu densha
Musica e.p
Floor&Lounge Orchestra
A

« Le Japon de Paméla » : vous avez la parole !

Comme certains d’entre vous le savent, ma vie a pas mal changé depuis la création de ce blog, avec mon installation au Japon il y a quelques semaines.

De plus, « Le Japon de Paméla » a fêté sa première année d’existence il y a déjà plusieurs semaines, et c’est l’occasion pour moi de faire un bilan sur mes intentions premières en créant ce blog, sur ce qui a été réellement fait, et de réfléchir à la direction que je souhaite donner au blog.

Dans le premier « À propos » que j’ai rédigé, je mentionnais que mon objectif principal était « de documenter mon chemin d’apprenante de niveau intermédiaire vers le niveau avancé ». En consultant la liste des articles publiés sur mon blog, je me rends compte que cet objectif n’est pas du tout atteint… tout comme je n’ai toujours pas atteint le niveau « avancé » en japonais d’ailleurs !

Les catégories les plus fournies sont celles concernant les dramas et la littérature, et en ce sens je remplis mon souhait de « partager (…) mes découvertes (…) culturelles ».

Plusieurs idées concernant de nouvelles catégories de sujets qui pourraient être traités sur le blog me traversent régulièrement l’esprit, mais avant de me lancer j’aimerais connaître votre avis, savoir ce que vous aimez, ce que vous aimez moins, ce que vous aimeriez trouver sur ce blog. Pour mieux connaître vos attentes, j’ai donc créé 3 petits sondages. Vos réponses seront une aide très précieuse pour le développement de ce blog. Merci !

Et la ville où nous allons nous installer est…

Vue sur la ville d’Hakodate, photo from Hakodate International Tourism and Convention Association

Hakodate ! (en japonais, 函館)

La ville d’Hakodate est située à l’extrême sud de l’île d’Hokkaidō, la plus au nord des îles principales japonaises. Hakodate compte un peu moins de 300 000 habitants mais semble être une ville très prisée des touristes japonais : tous les collègues de mon mari sont allés au moins une fois à Hakodate !

Cette ville de taille moyenne est en effet réputée pour la qualité de sa nourriture, mais aussi pour posséder l’une des plus belles vue nocturne sur une ville, 3 étoiles au Guide Michelin tout de même !

La ville semble dynamique et propose différents festivals tout au long de l’année. Le célèbre groupe de Visual Kei GLAY, originaire de la ville, y a d’ailleurs donné un méga-concert en juillet 2013.

Pas la peine de vous dire que j’ai bien hâte de découvrir et de vous faire découvrir ma nouvelle ville ! Pour en savoir un peu plus, je vous invite à consulter le site Internet Travel Hakodate (en français).

Sayōnara Canada / さようならカナダ

Dans très exactement un mois, je quitterai le Canada pour m’installer au Japon. Après 7 années passées en Amérique du Nord, c’est sans regret que je me tourne vers de nouvelles aventures en Asie.

Je ne reviendrai pas ici sur mon parcours canadien, car ce n’est pas le sujet de ce blog. Cependant, au cours de ces 7 années, j’ai eu la chance de participer à de nombreuses activités en rapport avec le Japon et je voulais revenir sur les plus marquantes.

1. Échange linguistique avec Kaori

Pendant trois ans, Kaori et moi nous sommes rencontrées quasiment chaque lundi dans un café de l’avenue du Mont-Royal à Montréal. Le but de nos rencontres était, pour Kaori, d’améliorer sa prononciation du français, et pour moi de m’habituer à parler japonais en-dehors des cours. Cet exercice hebdomadaire et la patience de Kaori m’ont permis de réaliser de grands progrès à l’oral. Et surtout, j’ai gagné une amie !

2. Mes camarades de classe et ma professeur à l’OJLS

J’ai été inscrite à plusieurs cours de japonais durant ma vie canadienne et, très souvent, je ne m’y suis pas sentie à ma place, principalement à cause d’un mauvais placement des étudiants. L’Ottawa Japanese Language School (OJLS) est la dernière école que j’ai fréquentée. La directrice de l’établissement m’avait laissé le choix entre deux classes : Avancé I et Avancé II. Pour diverses raisons, j’ai choisi la classe de niveau Avancé II… mais croyez-moi, j’étais très angoissée à l’idée de rejoindre cette classe. Et pourtant, mes appréhensions se sont avérées infondées. En effet, mes camarades de classe n’étaient pas prétentieux, bien au contraire. Ils étaient très humbles et très gentils, et, chacun d’entre nous ayant des points forts/faibles différents, nous avons pu nous soutenir et nous entraider.

Bien que j’ai quitté l’école depuis plusieurs mois, mes camarades, ma professeur et moi sommes toujours en contact et nous nous reverrons pour une soirée au restaurant japonais avant mon départ.

3. Le Festival des Films du Monde de Montréal

Malgré les nombreuses critiques dont il est l’objet (pas assez de vedettes américaines internationales, des films peu connus, etc.), le Festival des Films du Monde (FFM) de Montréal est selon moi un grand festival de cinéma et restera dans les meilleurs souvenirs de ma vie montréalaise. Ce n’est peut-être pas le plus grand festival cinématographique du monde mais, doté d’une riche et large programmation, c’est un festival des plus intéressants.

Pour l’amatrice de culture japonaise que je suis, ce fut l’occasion de voir de nombreux films nippons auxquels je n’aurais jamais eu accès sans ce festival : Okuribito, Caterpillar, Samayō Yaiba, Akunin, Dear Doctor, La femme de Villon, Kokuhaku, et bien d’autres encore !

Et si les vedettes américaines ne se déplacent pas, les vedettes japonaises, elles, répondent présentes. Quelques photos des personnalités croisées :

Shōfukutei Tsurube
Shōfukutei Tsurube
La belle Fukatsu Eri
La belle Fukatsu Eri
Eita
Eita

4. Les soirées de l’Ambassadeur

Après de longues, très longues années d’étude, mon mari a choisi de passer un concours lui permettant d’obtenir un poste de 2 ans à l’Ambassade du Japon au Canada… et il l’a réussi ! Direction Ottawa donc, qui, comme chacun ne le sait pas, est la capitale du Canada. En tant que « femme de », je devais participer à certaines activités comme la soirée donnée chaque année à l’occasion de l’anniversaire de l’Empereur.

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Au début, j’étais un peu inquiète mais tout s’est toujours très bien passé pour moi. Les épouses des collègues de mon mari ne m’ont jamais snobée, et m’ont toujours incluse dans leurs conversations malgré mes capacités limitées en japonais.

J’ai également eu la chance de côtoyer les collègues de mon mari et leurs épouses lors d’activités moins formelles, comme des fêtes chez les uns ou les autres, des sorties en ski ou encore une course de bateau dragon (que nous avons lamentablement perdue d’ailleurs).

5. Rencontre avec des personnes de la préfecture de Fukushima

En juin 2013, un groupe de personnes âgées résidant à Kōriyama, préfecture de Fukushima, est venu visiter le Canada. Au cours de leur programme, un après-midi d’échange linguistique japonais/anglais était prévu, auquel j’ai participé. C’était la première fois pour moi de parler à des personnes de cet âge, hormis bien sûr mes beaux-parents et ce fut une expérience fascinante. Beaucoup m’ont indiqué à quel point ils étaient inquiets de la situation à Fukushima, non pas pour eux-mêmes mais pour les jeunes et les enfants. Et tous, sans exception, m’ont fait la même remarque amusante, d’un ton de conspirateur : « Au Canada, on ne mange pas de poisson, n’est-ce pas ? ».

6. Des expositions fascinantes

Je ne saurais pas très bien expliquer pourquoi, mais je m’intéresse à l’archéologie. Alors quand le musée Pointe-à-Callière de Montréal a offert une exposition sur l’archéologie japonaise, autant vous dire que je m’y suis précipitée ! Dogū, dōtaku, haniwa, poterie de l’époque Jōmon, ils étaient tous là !

Autre exposition réussie, bien que de taille modeste, l’exposition « Japon, Tradition/Innovation » proposée en 2011 par le Musée des Civilisations du Canada à Gatineau. Le fil rouge de cette expo était la comparaison de certains aspects de la vie japonaise à l’époque d’Edo et maintenant. On pouvait y admirer une vieille mais sublime Honda, les robots Wakamaru et Paro (malheureusement non actifs), des planches de manga, etc.

En dehors de ces activités extraordinaires, il y a aussi eu tous ces petits moments du quotidien qui ont fait que pas un seul jour de mon séjour au Canada ne se soit passé sans contenir un élément japonais : étude de la langue, sorties entre amis, lecture d’œuvre de fiction, émissions télévisées, cuisine, groupes de discussion, etc. Après avoir vécu le Japon à distance, un peu comme si j’y étais, il est maintenant temps de le vivre en réalité !

Bonne année 2014 ! あけましておめでとうございます!

Chère lectrice, cher lecteur,

Je vous souhaite à toutes et à tous une merveilleuse année 2014, emplie de bonheur, de succès, de projets et de rêves à concrétiser !

La fin de l’année 2013 a été plutôt mouvementée, entre mes derniers jours de travail et l’arrivée de mes parents, et j’ai dû laisser de côté mes activités habituelles. C’est pourquoi je n’ai pas pu écrire sur ce blog comme je le souhaitais. Mais décembre a aussi été l’occasion de retourner à New York et de re-visiter cette ville fascinante… et bien sûr de profiter des plaisirs japonais qu’elle a à nous offrir !

Dogu, The Metropolitan Museum of Art, NYC
Dogu, The Metropolitan Museum of Art, NYC
Paravent japonais, The Metropolitan Museum of Art, NYC
Paravent japonais, The Metropolitan Museum of Art, NYC
Restaurant Sakagura, NYC
Restaurant Sakagura, NYC

Le début de l’année 2014 s’annonce tout aussi trépidant, avec les suites de la préparation de notre déménagement au Japon, qui aura lieu à la fin du mois de février. Mon mari a une opportunité d’emploi sérieuse, mais tant que celle-ci ne s’est pas concrétisée, je préfère rester discrète sur notre destination… ah ! superstition, quand tu nous tiens !

Comme beaucoup de personne, je ne tiens jamais mes résolutions, alors j’ai cette année décidée de rester modeste. Voici, en désordre, ce que j’aimerais réaliser en 2014 :

  • Passer et réussir le JLPT N2
  • Regarder plus de drama
  • Profiter du moment présent
  • Faire un peu de sport (un peu, faut pas exagérer non plus !)
  • Améliorer mon écriture et proposer de meilleurs articles

Voilà, je crois que c’est déjà pas mal ! Et vous, quelles sont vos résolutions pour cette nouvelle année qui commence ?

Un an de mariage, déjà !

Il y a un an jour pour jour, j’épousais celui qui est mon compagnon de vie depuis maintenant 9 ans. Comme nous ne vivons ni au Japon ni en France, nous avons eu une toute petite cérémonie de mariage, en présence seulement de nos plus proches amis, qui ont fait pour l’occasion office de témoins. Malgré sa simplicité et sa courte durée, ce fut néanmoins une émouvante cérémonie. Émouvante car nous sommes passés ensemble à travers plusieurs épreuves, que je ne détaillerai pas ici.
Pour compenser cette petite cérémonie, nous avons décidé de partir au Japon le mois suivant, pour voir la famille de mon mari et aussi prendre quelques photos de mariage. Ce fut une expérience incroyable ! Avoir la chance de porter de si jolis kimonos est un privilège, et aujourd’hui encore ce moment reste gravé dans ma mémoire.

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Je profite de cet article pour remercier les personnes qui ont toujours été proches de nous et qui nous ont soutenus, et pour remercier mon mari de toujours me tirer vers le haut et de faire de moi une personne un peu meilleure chaque jour.

11 questions pour mieux se connaître !

Une petite chaîne circule en ce moment sur le Web parmi les bloggeurs francophones qui s’intéressent au Japon. Je me suis faite taguée par Lili, de l’excellent blog Sukinanihongo, un incontournable pour quiconque s’intéresse à la langue japonaise.

Les chaînes sont ce qu’elles sont mais celle-là permet de rapprocher des gens qui partagent la même passion. C’est donc avec un grand plaisir que je me prête au jeu, fort simple… du moins en apparence :

1)   Poster les règles du jeu sur votre blog
2)   Répondre aux 11 questions que le bloggeur ou la bloggeuse précédente a soigneusement sélectionnées pour vous
3)   Inventer 11 nouvelles questions sur le thème que vous voulez
4)   Partager le tag avec 11 personnes en mettant un lien vers leur blog et en les avisant bien sûr !

Voilà, c’est fait pour les règles, je suis maintenant prête à m’attaquer aux questions de Lili !

1) Quel le premier drama/animation/film japonais que tu as regardé ou manga/livre japonais que tu as lu ? Qu’est-ce qui t’as donné envie de continuer ?
Mon premier livre d’un auteur japonais, ce fut « La pierre et le sabre » de Yoshikawa Eiji. Il s’agit d’un roman historique qui traite de la vie du samourai Miyamoto Musashi. En lisant cette histoire, je me suis rendue compte que je ne connaissais absolument rien à la culture japonaise et j’ai décidé de commencer à apprendre la langue. Je n’avais pas l’intention de continuer mon apprentissage à un niveau aussi poussé, mais, de fil en aiguille, j’ai découvert de nouveaux centres d’intérêt et je n’ai jamais pu décrocher ! Aujourd’hui, la littérature japonaise reste un des aspects de la culture qui me plaît le plus. Ce que j’aime chez les auteurs japonais, c’est qu’ils décrivent beaucoup, laissant leurs lecteurs faire leur propre réflexion, contrairement aux auteurs français qui ont tendance à livrer une analyse « clés en main ».

2) Est-ce que c’est le Japon/la langue japonaise qui t’a amené au drama/animation/film/manga ou l’inverse ?
C’est tout d’abord la littérature et la musique qui m’ont amenée à m’intéresser à la langue japonaise. Puis cet intérêt pour la langue m’a amené aux dramas, à certains mangas que je peux maintenant lire en japonais (Doraemon, Yotsuba, …), à la cuisine, … Une fois qu’on goûte à la culture japonaise, il est difficile de s’en défaire !

3) Quelle est l’œuvre que tu aimerais absolument faire lire à ton/ta meilleur(e) ami(e) ?
Sans hésiter, « Le pauvre cœur des hommes » de Natsume Sôseki, こころ en version originale. La puissance qui émane de cette œuvre est telle que j’en ai été marquée à vie. Je suis de nature cynique et je porte un regard très critique sur la société qui m’entoure, comme Sôseki à son époque… sauf que lui l’exprime bien mieux que je ne pourrai jamais le faire ! J’invite les curieux à lire le résumé que je fais de Kokoro

4) En quel personnage de drama/animation/film/manga aimerais-tu te transformer et pourquoi ?
J’aimerais être Doraemon, pour pouvoir me servir de la Dokodemo Doa, la porte qui donne sur n’importe où, et m’évader de l’endroit où je suis. Pouvoir rendre visite à ma famille aussi souvent que je le voudrais, pouvoir revenir en arrière pour corriger certaines erreurs, ça n’a pas de prix ! Ou bien Nodame, du manga Nodame Cantabile, car elle ne se soucie pas du regard des autres.

5) Quel est l’aspect de la culture japonaise contemporaine qui t’attire le plus ? Pourquoi ?
J’aime beaucoup tout ce qui reflète l’évolution de la société, les films, les dramas, la littérature… Le Japon est une société qui bouge et évolue rapidement, et c’est très intéressant à observer. Malgré ses difficultés économiques, je pense que le Japon possède de nombreux atouts pour s’en sortir.

6) Quel est l’aspect de la culture traditionnelle japonaise qui t’attire le plus ? Pourquoi ?
J’aime beaucoup l’histoire, que ce soit pour le Japon ou d’autres pays. Connaître et comprendre le passé est quelque chose de fondamental, pour ne pas reproduire de vieilles erreurs et pouvoir améliorer le monde dans lequel nous vivons. Chaque fois que je vais au Japon, j’ai l’impression de marcher d’être entourée d’Histoire et cela m’apaise.

7) Qu’est-ce que tu détestes au Japon / dans la culture japonaise ?
Il y a plusieurs irritants dans la culture et dans la société japonaise, comme pour n’importe quel pays, mais deux choses m’irritent particulièrement. Tout d’abord, la pédopornographie, avec ses images d’écolières soumises, me révulse. Ensuite la rigidité du monde du travail, qui oblige certaines femmes à choisir entre carrière et vie familiale, et qui pèse également sur les hommes, qui doivent absolument jouer le rôle que la société leur a assigné.

8) Quel est ton plat/ingrédient japonais préféré ?
Ah ! La nourriture et moi, c’est toute une histoire ! Mes hanches peuvent d’ailleurs en témoigner. S’il ne fallait choisir qu’un seul plat, je choisirai le tonkatsu, que je réussis d’ailleurs plutôt bien. J’aime aussi beaucoup le kare raisu, le riz au curry japonais.

9) Qu’est-ce qui te pose le plus de problèmes dans la langue japonaise ?
Tellement de choses ! Le japonais est une langue fascinante mais tellement complexe ! Néanmoins, il y a une chose que je trouve particulièrement frustrante : la difficulté à former des phrases, que ce soit à l’écrit ou à l’oral. J’ai la chance de pouvoir parler japonais fréquemment, et j’ai développé des techniques pour pouvoir exprimer ce que je veux dire, mais ma capacité de production reste tout de même largement inférieure à ma capacité de réception.

10) Quel est ton kanji préféré et pourquoi ?
仏, car il représente à la fois la France, mon pays que j’adore, et ce qui est relié à Bouddha et au bouddhisme, élément important de la culture japonaise.

11) Pour toi, le Japon est-il mieux en rêve ou en réalité ?
J’ai visité le Japon pour la première fois environ six ans après avoir débuté mon apprentissage de la langue et de la culture. J’étais très effrayée, car j’avais peur que l’image que je m’en étais faite ne corresponde pas du tout à la réalité. Mais arrivée sur place, tous mes doutes se sont envolés : c’était encore mieux que ce que j’avais imaginé !

À mon tour de préparer des questions pour ma future victime… Plutôt que de rester dans un thème particulier, trop restrictif à mon goût, j’ai choisi de diversifier mes questions, comme Lili l’a fait.

1) Quelle ville japonaise aimerais-tu visiter et pourquoi ?

2) Si tu étais un écrivain japonais, qui aimerais-tu être ?

3) Quel est le mot japonais ou l’expression japonaise que tu préfères ?

4) Quel est le premier groupe ou chanteur/chanteuse de J-pop que tu as écouté ?

5) Quel est ton manga/anime favori et pourquoi ?

6) As-tu un groupe/une idole qui t’énerve et pourquoi ?

7) Un Japonais ou une Japonaise qui t’inspire, ce serait qui ?

8) Es-tu plutôt izakaya ou sushiya ?

9) Es-tu plutôt sake ou shôchû ?

10) Si tu étais un homme ou une femme politique japonaise, qu’aimerais-tu changer en premier dans la société japonaise ?

11) Le Japon, pour y vivre ou pour voyager ?

やった! Il me reste l’étape la plus difficile, c’est-à-dire sélectionner des victimes. J’en choisis trois, que je ne connais pas, mais dont j’ai plaisir à lire les blogs :

Béné, du blog Bene no Fukuoka

Noella, du blog Oyakodon

et notre ami belge, du blog Bejamisaki