Vivre avec la menace nord-coréenne

Le vendredi 15 septembre, un missile nord-coréen a survolé Hokkaido pour la deuxième fois en moins d’un mois. Pour la deuxième fois en moins d’un mois, l’alerte nippone, J-Alert, a cassé ma routine matinale.

Le premier tir nous a survolé le 29 août et l’alerte a retenti peu après 6h du matin. Je me lève habituellement à 6h, mais ce matin-là, je me suis rendormie après la sonnerie du réveil. Quand l’alerte a sonné quelques minutes plus tard, je l’ai arrêtée sans même lire le message d’alerte. Je pensais qu’il s’agissait d’une nouvelle fausse alerte à la pluie, comme ça avait été le cas quelques jours plus tôt. C’est mon mari qui a réagi : « Missile ! »

 

Missile
Hakodate, en plein sur la trajectoire du premier missile

On s’est levé et on a allumé la télé pour suivre les infos. Machinalement, je m’apprêtais à faire ce que je fais toujours en me levant, c’est-à-dire ouvrir les rideaux, quand mon mari m’a rappelé qu’il fallait les laisser tirer. J’avais oublié. Il faut fermer les rideaux car si les vitres explosent, cela permet d’éviter la projection des débris de verre.

Les sirènes retentissent dans la ville et des messages d’alerte sont diffusés par haut-parleur. Peu de temps après, la télé nous informe que c’est bon, le missile est passé. On peut reprendre notre vie normale. À aucun moment je n’ai paniqué, car à aucun moment je n’ai cru qu’un missile nous tomberait dessus. Car une telle chose est difficile à imaginer. En comparaison, l’alerte au tremblement de terre est beaucoup plus effrayante, car là, on est certain qu’il va avoir lieu, mais on ne sait pas à quel point il sera puissant. Et puis, que pourrait-on faire si le missile nous tombait dessus ? Absolument rien.

Un sondage, diffusé sur une chaîne de télé par la suite, a révélé ce que les gens avaient fait suite à l’alerte. Les deux plus gros résultats sont les suivants : 54% ont vérifié les infos et 41% n’ont rien fait. Pas surprenant, car il n’y a rien à faire.

Lors du deuxième tir, le 15 septembre, j’étais levée, lavée, habillée et je m’apprêtais à sortir sur le balcon fumer ma première cigarette quand l’alerte a retenti. Cette fois, je l’ai lue et quand j’ai vu « Missile », je me suis dit que Kim Jong-Un faisait vraiment chier. Déranger les gens à l’heure de la clope, franchement !

Je ferme donc mes rideaux, j’allume la télé et je m’éloigne des fenêtres. Je remplis mon pichet d’eau, on ne sait jamais. Les informations me semblent arriver moins rapidement que la fois précédente et je me dis qu’à l’heure qu’il est le missile doit être loin. La confirmation arrive enfin : le missile est encore passé au-dessus de Hokkaido, mais cette fois, il s’est abîmé beaucoup plus loin en mer.

 

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Les infos télé, avec vue sur Esashi

Cette fois encore, je n’ai pas paniquée, pour les mêmes raisons que la fois précédente. Je ne crois pas que la Corée du Nord attaquera le Japon, du moins dans un avenir proche. Et si elle le faisait, encore une fois, que pourrions-nous y faire ?

Il y a quelques jours, des mouvements de missiles ont été observés en Corée du Nord. Où ont-ils positionnés, quand seront-ils tirés, quelle sera leur cible ? Impossible de le savoir.

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3 réflexions sur “Vivre avec la menace nord-coréenne

  1. J’ai pensé à toi ces jours-ci Pamela. A toi et à ma correspondante qui vit à Sendai. Elle m’a parlé de l’alerte aussi, et m’a dit plus ou moins la même chose que toi : il n’y a rien à faire, à part attendre. J’imagine que les japonais, habitués aux phénomènes naturels extrêmes, doivent gérer la tension avec beaucoup de sang froid.
    Merci pour ce témoignage en tout cas.

    1. Merci pour ton message, et merci d’avoir pensé à moi. C’est vrai que les Japonais sont plutôt fatalistes, mais ça n’empêche pas que beaucoup de gens en parlent, surtout les enfants. Je crois que ça doit les perturber quand même. En tout cas, on croise les doigts pour que tout se calme !

  2. Jean-Pierre Moscato

    Bonjour Paméla,

    On aurait préféré que votre blog s’achève et qu’il n’eut pas fallu devoir le rouvrir dans de telles circonstances.
    Oui, on pense à vous, et à tous les japonais qui doivent maintenant vivre avec cette épée de Damoclès au dessus d’eux.
    Mon épouse est à Tokyo jusqu’en Décembre et franchement je ne suis pas plus rassuré de la savoir là-bas que vous à Hokkaido. Dans ces cas là, on est à l’abri nulle part effectivement.

    Bon courage, et vivement que cette tension retombe.
    Jean-Pierre.

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