Mars 2017 à Hokkaidō : Love, love, love

Fin d’année scolaire oblige, en ce mois de mars je vais beaucoup vous parler d’école. Relations avec les élèves et avec les collègues sont au menu !

Larmes, selfies et jus d’orange
Le 1er mars de chaque année se tient la cérémonie de fin d’études du lycée. C’est toujours un moment très émouvant pour toutes les personnes présentes. Devant la scène sont installées les élèves qui terminent le lycée. À leur droite, les personnalités importantes de l’école, à gauche les professeurs, derrière les parents et les élèves de première et deuxième années.

Comme nous sommes une école chrétienne, la cérémonie débute invariablement par une messe. Ensuite, c’est l’appel de toutes les élèves de 3e année, qui montent sur scène et se voient remettre un diplôme par le directeur de l’école et leur prof principal. Elles descendent ensuite à l’autre bout de la scène, et saluent les professeurs, puis les parents et vont se rasseoir. Quasiment toutes nos élèves font ce chemin en pleurant, et parfois, nous les profs on pleure aussi. Le directeur, lui, ne pleure jamais, et je me demande bien comment il fait.

Une fois que tous les diplômes ont été remis, vient le temps des interminables discours. Le directeur de l’école d’abord, puis la présidente de l’association des parents d’élèves, puis une représentante des élèves de première et deuxième année, et enfin une représentante des élèves diplômées.

Après cela, ces dernières quittent la salle sous les applaudissements des personnes présentes. Les professeurs principaux des troisième année partent ensuite pour leur salle de classe, puis d’autres professeurs conduisent les parents dans ces mêmes salles. Ceux qui restent sont chargés de ranger les chaises.

Après la cérémonie, nous avons un repas dans la grande salle d’un hôtel de la ville. Nos élèves se jettent alors sur nous pour prendre des selfies et au bout d’un moment on a tous la tête qui tourne. Puis on mange, répartis à des tables avec des élèves, on discute et certaines élèves jouent de la musique pendant le repas, qui est arrosé au jus d’orange ou au thé.

Une fois que nous sommes bien repus, les professeurs principaux des troisième année font un discours. Celui d’une de mes collègue m’a beaucoup marqué, et particulièrement la fin : « Je vous aime, je vous aime énormément. Vous ne vous rappellerez peut-être pas mon nom dans quelques années, et je m’en fiche, mais je veux que vous vous souveniez que je vous aime et que j’ai fait tout mon possible pour vous soutenir. »

Ensuite, des photos des trois années que les filles ont passées au lycée défilent sur différents écrans, accompagnées d’une musique qui donne bien envie de pleurer. Puis les profs partent, sous les applaudissements des élèves. La cérémonie est terminée.

Les beuveries des profs (et là, on ne tourne plus au jus d’orange !)
L’année scolaire se terminant en mars, nous avons beaucoup d’occasions de sortir entre profs. J’adore mes collègues, et sortir avec eux n’est jamais déplaisant. Je vois souvent certains étrangers, sur les réseaux sociaux, se plaindre de ces sorties, mais moi j’adore, car mes collègues sont hyper sympas et nous sommes tous très soudés.

Notre première soirée s’est déroulée le soir de la cérémonie de fin d’études. Comme on avait terminé notre déjeuner à 15h, personne n’avait faim, mais nous avions par contre tous terriblement envie d’une bière.

Le hasard a voulu que je sois assise à côté de celui que j’appelle bogoss, mon collègue bel homme. On ne se parle pas souvent à l’école, car nous n’avons pas trop l’occasion de nous voir, mais on commence à bien se connaître parce qu’on est toujours ensemble dans les soirées et on s’entend bien.

Comme d’habitude, nous avons parlé de tout un tas de choses durant 2h, les sujets allant de la course à pied à la politique, en passant par nos frères et sœurs. Nous sommes ensuite aller prendre quelques verres tous les deux chez Kinoshita-san, l’un de mes bars favoris, où nous avons encore papoté comme des commères avant de rentrer complètement claqués. C’est une soirée qui m’a fait énormément plaisir, parce que je pense que ce n’est pas tout le monde qui est suffisamment ouvert d’esprit (ou un peu fou !) pour aller prendre un verre à tête-à-tête avec une étrangère qui ne parle pas parfaitement japonais. Et lui aussi était ravi, car de son aveu, c’était la première fois qu’il avait une bonne discussion avec une personne non japonaise (mon collègue néo-zélandais n’entrant pas, pour lui comme pour nos autres collègues japonais, dans la catégorie « non-japonais »).

N.-chan et la classe de 2e année
Une de mes élèves de 2e année, N.-chan, m’a beaucoup intriguée en cette fin d’année scolaire. Pour dire les choses simplement, elle me collait et faisait le bébé. Chaque fois que je la croisais dans les couloirs, elle me disait que j’étais belle, que je sentais bon, qu’elle m’aimait. Bon, jusque-là rien d’anormal, la gaijin de l’école est toujours un phénomène de foire. Mais ce qui est plus rare, c’est qu’elle se comportait ainsi pendant les cours. Et dans la rue. Après la cérémonie de remise de diplômes, alors que je m’en allais à l’hôtel pour la réception, j’ai croisé N.-chan et d’autres filles de sa classe. Elle m’a alors pris par le bras, a posé sa tête sur mon épaule et m’a supplié de ne pas l’abandonner. Son comportement m’a paru tellement étrange que j’avais décidé d’aller voir son prof principal pour savoir si elle n’avait pas un problème dans sa vie personnelle, et puis faute de temps je n’ai pas pu et les vacances sont arrivées. En y réfléchissant maintenant, je crois qu’elle était stressée par son passage en 3e année.

Mais elle n’est pas la seule à m’avoir surprise, toute la classe m’a pris de court lors de notre dernière séance. L’une des élèves m’a demandé ce que nous ferions en 3e année, et déjà là j’étais surprise car elles étaient sensées le savoir : je ne serai pas leur prof. J’ai donc pris des pincettes et leur ai dit que la probabilité était forte pour que je ne sois pas leur enseignante. Cris de surprise et de déception ! Comment ça, on ne fait pas de français l’année prochaine ? Ben, non, je vous l’ai dit déjà plusieurs fois… Non, mais nous on ne veut pas, on veut rester avec toi !

Leur réaction m’a fait chaud au cœur, mais m’a fait de la peine tout à la fois. J’adorais cette classe, et quand je l’enseignais, j’adorais le cours de 3e année. Une fin d’année scolaire, c’est rempli d’amour, mais aussi de tristesse.

Esashi et Parikko Bento
Marie, l’amie de mon amie Mizuki, est venue à Hakodate au début du mois de mars. Et la passion de Marie, ce sont les bento ! Si ce sujet vous intéresse aussi, je vous invite à faire un petit tour sur son blog : ParikkoBento.

Du coup, afin de lui laisser un bon souvenir de Hakodate, nous avons organisé un événement autour du bento, en collaboration avec Kitami-san, notre ange-gardien et avec l’aide précieuse de Yamada-san, mon maraîcher.

Nous avons fait une présentation sur le bento et j’ai donné un petit cours de français. Ensuite, avec les participants, nous avons rempli nos boîtes à bento et nous avons mangé tous ensemble en discutant. Ce fut une très belle journée !

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Avant cet événement, nous sommes allées visiter Esashi toutes les trois. En mars, Esashi se transforme en village des poupées ! Comme vous le savez sans doute, le 3 mars au Japon, c’est hina matsuri (ひな祭り), la fête des poupées, et par extension la fête des petites filles. Et à Esashi, ils font les choses en grand ! Toutes les vitrines de magasin en sont ornées, et le clou du spectacle est dans ichiban-kura : il y en a du sol au plafond !

Photo 3
Poupées Hina-ningyō à Esashi, mars 2017

Nous avons aussi eu la chance, grâce à notre ami Muroya-san, de pouvoir visiter le temple annexe Nishi Hongan-ji et d’être reçu par le bonze qui nous a fourni des explications fascinantes, à la fois sur sa branche du bouddhisme et sur l’architecture du temple.

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Nishi Hongan-ji Betsu-in, Esashi

Et avant de rentrer, nous avons été saluées par les rayons du soleil se couchant sur une mer du Japon agitée.

Photo 5
Vue sur la mer du Japon, Esashi, mars 2017

C’étaient donc les événements qui ont principalement marqué mon mois de mars. J’ai aussi eu beaucoup de travail, mais ce n’est pas forcément intéressant à raconter, alors à lire… En échange, je vous propose quelques photos de Hokkaidō en ce mois de mars 2017.

Photo 6
Aomori vu depuis Hakodate, mars 2017
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Kikonai, mars 2017
Photo 9
Kikonai, mars 2017
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4 réflexions sur “Mars 2017 à Hokkaidō : Love, love, love

  1. tetoy

    J’adore le mois de Mars. J’ai toujours aimé cette période de transition de saison 🙂
    J’aime aussi beaucoup lire tes récits sur ton école et la relation que tu as entre tes élèves et tes collègues.
    Et quelles belles photos. Ça donne envie de sortir avec un de ces bento et finir sur un joli coucher de soleil =)

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