Journal du 26 au 30 juin

J’ai été très occupée ces derniers temps, et si j’avais bien écrit mon journal, je n’avais pas eu le temps de le publier. C’est maintenant chose faite.

J’espère que mon récit aura pu donner au lecteur une idée de ce que peut être la vie professionnelle au Japon. Bien sûr, chaque expérience est différente, mais je pense que la plupart des profs de lycée employés à temps plein vivent plus ou moins la même chose.

Pour moi, l’écriture de ce journal a été bénéfique, et je vais le continuer, même si je ne le publierai pas. J’ai retrouvé le goût d’écrire, et j’ai trouvé le courage de débuter l’écriture d’une rubrique « Humeurs », dans laquelle je parlerai de ce que je vois de la société japonaise ou à Hakodate. J’ai toujours eu peur de lancer cette rubrique, car je sais que c’est un coup à se faire lyncher, genre « Tu connais rien du Japon ! » ou « Tu généralises, là, ma vieille ! », et je ne me sentais pas assez forte pour supporter ça. Mais j’ai réalisé qu’en fait je m’en foutais, et que mon avis ne valait pas moins qu’un autre (il ne vaut pas plus d’ailleurs non plus).

J’espère que cette nouvelle rubrique te plaira, cher lecteur, et surtout, n’hésite pas à me proposer des sujets !

Dimanche 26 juin

Je me lève à 7h, ce qui est exceptionnel pour moi. Aujourd’hui, c’est le grand jour pour le concours de présentations en anglais. Nous avons prévu de nous réunir à l’école à 12h, pour réviser une dernière fois avant de partir pour le concours.

Mais aujourd’hui, c’est aussi le marathon de Hakodate. Comme plusieurs collègues y participent, je veux aller les encourager. Malheureusement, il n’y a pas de bus suffisamment tôt pour me permettre d’arriver au stade pour le départ. Je décide donc d’aller jusqu’au marché Nakajima, là où les coureurs devraient passer.

J’aperçois deux copains, mais pas mes collègues. Je vais ensuite à un autre endroit, derrière le marché, où les coureurs devraient repasser après leur boucle. Il fait froid et il commence à pleuvoir. Là encore, j’aperçois seulement quelques copains et connaissances, mais toujours pas de collègues. Je commence à croire qu’ils ont menti et qu’en réalité ils ne participent pas au marathon. J Et là, j’aperçois l’un des profs de maths, qui me voit lui aussi et semble bien content.

Je pars ensuite pour l’école, où le tournage se poursuit. Après avoir rapidement mangé, nous faisons pratiquer nos élèves, puis nous partons vers 13h15. Le lycée où a lieu le concours est tout proche de notre école.

Le concours débute à 14h. Au total, huit équipes y participent, dont trois pour notre école. Les présentations se terminent vers 16h, puis nous avons une pause. Ensuite, une amie vient faire une présentation sur l’architecture, « Regards croisés Paris-Hakodate ». C’est vraiment très intéressant, et je me rends compte que je ne vois plus plusieurs mochetés du paysage urbain. Il y aurait tellement à faire pour améliorer le paysage de Hakodate !

Ensuite, les résultats du concours : l’une de nos équipes remporte le deuxième trop, une autre le prix « mention honorable ». L’équipe qui n’a rien gagné est évidemment un peu déçue. La cérémonie de clôture se termine vers 18h.

Je prends le tramway pour rejoindre mon mari et un de ses anciens collègues au restaurant. Sur place, nous croisons d’autres amis et nous continuons à boire avec eux. Et ensuite, nous croisons une écrivaine apparemment bien connue au Japon, auteure de best-sellers, qui nous invite à prendre un verre chez elle. Nous y allons, bien sûr. Elle a une chouette maison dans la montagne, avec une grande terrasse qui offre une vue magnifique sur toute la ville. Quel dommage que la maison soit la plupart du temps inhabitée !

Nous rentrons à la maison un peu après minuit, et je file au lit, épuisée.

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Le tramway de Hakodate, bien vintage

Lundi 27 juin

Avec 4h30 de sommeil seulement, le réveil est difficile, mais je suis à l’heure au travail. À partir de cette semaine, je vais devenir moins occupée et je devrais pouvoir rentrer chez moi assez tôt.

La matinée n’est pas trop dure, puisque dans mes deux cours je regarde High School Musical. Je ne sais pas combien de fois j’ai vu ce film, mais je connais certaines répliques par cœur. Le voir deux fois de suite est tout de même un peu ennuyant.

Le midi, je mange à la cantine avec mes collègues. Tout le monde est relativement tranquille, car je pense que tout le monde est fatigué.

L’après-midi, je n’ai qu’un cours, qui se passe normalement. Aujourd’hui, nous n’avons pas de club d’anglais, car nous faisons relâche après les présentations d’hier. J’en profite pour quitter le bureau vers 17h30, ce qui est vraiment tôt.

Mon mari a une soirée et ne mangera pas à la maison, et comme je n’ai pas envie de cuisiner pour moi seul, j’achète de quoi manger au supermarché. Le soir, j’aimerais commencer l’écriture de nouveaux articles pour mon blog, mais Momo ne l’entend pas de cette oreille. Elle veut vraiment des câlins, alors je m’installe dans le canapé pour qu’elle puisse venir dans mes bras.

Je me couche tôt, vers 22h.

Mardi 28 juin

Je me réveille à 5h et je suis en pleine forme. Je prends le bus, et j’arrive au travail vers 7h30. J’ai une journée un peu plus chargée aujourd’hui, à cause de la préparation aux entretiens du test Eiken.

Le matin, j’ai un cours avec les 3e année, et je dois entraîner quatre élèves pour le test Eiken. L’après-midi, j’ai un cours avec les 1re année, qui sont plutôt mollassonnes aujourd’hui. Ce n’est pas évident de donner un cours de conversation quand les élèves ne réagissent pas.

Après l’école, j’ai une élève pour la préparation à l’entrevue du test Eiken. Elle est censée venir à 16h30, mais quand je vois qu’elle n’est pas là au bout de 10 minutes, je quitte la salle de cours. Je décidé de ne pas aller la chercher dans l’école, car je considère qu’il est de sa responsabilité de venir.

Je retourne à mon bureau, corrige des tests et prépare de futures leçons. Je commence aussi à préparer les leçons pour la personne qui me succèdera, pour ne pas qu’il ou elle ait trop à faire à son arrivée. Je continue à travailler jusqu’à 18h, pensant que peut-être l’élève viendra, mais non.

Rentrée chez moi, je mets du riz à cuire et je joue un peu avec Momo. Elle a l’air vraiment contente, mais au bout de 10 minutes elle en a marre et s’allonge pour se reposer. Quelle faignasse !

Après manger, j’écris un peu puis je regarde la télé avec le chat. Je regarde le dernier épisode d’un drama que j’avais enregistré, et la fin me surprend agréablement. Le drama en lui-même était ordinaire, mais j’ai trouvé la fin belle. Cela m’a fait réfléchir aussi sur certains aspects de ma vie personnelle.

À 21h30, alors que je commence ma lecture, mon mari rentre du travail. Cela faisait depuis dimanche soir que je ne lui avais pas parlé, incroyable ! Car quand je pars, il dort encore, et quand il rentre, je dors déjà.

Mercredi 29 juin

Momo me réveille à 3h, sans raison apparente. Je l’appelle pour qu’elle vienne dormir avec moi, et elle arrête son bazar.

Aujourd’hui, je n’ai que deux cours au lieu de trois, car j’ai échangé mon heure de cours avec celle d’une collègue. Mes deux cours ont lieu en matinée, ce qui me laisse du temps en après-midi pour travailler en profondeur. Je continue de préparer la venue de mon ou ma remplaçante, en lui écrivant des petites descriptions pour chaque place et en préparant la première leçon à donner.

L’équipe de tournage du film est de retour à l’école, mais ils filment en extérieur, ce qui ne nous dérange pas trop.

À 18h30, je rejoins mon mari car nous sommes invités à manger chez un de ses collègues. Les rénovations de la vieille maison qu’il a achetée sont terminées, et la transformation est incroyable. Nous étions venus l’an dernier pour plâtrer les murs, et il y avait vraiment de gros travaux à faire.

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Une jolie pièce bien rénovée

Après manger, nous allons prendre un verre à l’extérieur. Les femmes restent à la maison pour s’occuper des gamins, ce qui me met mal à l’aise. Pourquoi ce ne serait pas l’inverse ? Les femmes qui sortent boire un coup et les hommes qui restent à la maison pour s’occuper des gosses ? Moi je n’ai pas d’enfant, alors je peux aller boire avec les hommes. Je les accompagne dans le premier bar, mais je décide de rentrer quand ils vont dans le deuxième. Je suis fatigué, et en plus je n’apporte pas grand-chose à la conversation.

Je me couche vers 22h30.

Jeudi 30 juin

J’ai une grosse journée aujourd’hui, avec trois cours et huit élèves à entraîner à l’interview du test Eiken. Durant deux de mes cours, nous regardons un film (c’est bientôt les vacances d’été !) et l’autre est un cours de français.

Certaines des élèves qui passent l’entrevue du test Eiken ne sont clairement pas à point. Il faut dire aussi que cette entrevue à un format plutôt particulier, qui déstabilise souvent les élèves. Je pense sincèrement que ce test est idiot, parce qu’il n’évalue pas correctement, selon moi, la compétence à s’exprimer oralement. Par exemple, il y a un exercice au cours duquel les élèves doivent reconstituer une histoire à partir de trois images. Le problème, c’est que parfois les images ne sont pas très explicites, et les élèves sèchent à cause d’un problème d’imagination, et non pas à cause d’un manque de compétences en anglais.

L’autre problème de la plupart des élèves est qu’elles formulent une réponse en japonais dans leur tête, réponse qu’elles essaient de traduire telle quelle en anglais… évidemment, en faisant cela, il leur manque du vocabulaire et elles n’arrivent pas à formuler leur réponse correctement. À aucun moment il ne leur vient à l’esprit d’utiliser des formules simples pour exprimer leurs pensées.

Je quitte le bureau vers 17h30, après ma dernière entrevue. Pour le dîner, je cuisine des nouilles udon froides avec de la viande hachée au miso. Comme je suis très fatiguée ce soir, je vais au lit tôt et je m’endors vers 22h. Demain, c’est juillet, et juillet, c’est mon dernier mois de travail à l’école… La plupart de mes collègues ne le savent pas encore, et mes élèves non plus.

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3 réflexions sur “Journal du 26 au 30 juin

  1. (Je suis venue grâce à twitter)
    Sympa, une collègue ! ^^
    Par contre, j’ai plusieurs questions, si tu permets : tu as un visa d’épouse ? J’ai vu que tu enseignais seule (sans Japonais dans la salle), ça veut dire que tu as une licence d’enseignement ?
    Ton lycée est privé ou public ?

    1. Bonjour et merci pour ton commentaire ! Alors oui, j’ai un visa d’épouse, et oui j’enseigne mes cours seule. J’ai effectivement un permis d’enseigner, valable pour 3 ans. Le lycée dans lequel je travaille est privé.
      Malheureusement, c’est un lycée chrétien qui embauche des religieux(ses) pour enseigner l’anglais, et comme ils ont trouvé quelqu’un, j’ai depuis perdu mon poste. J’enseigne maintenant seulement 4h par semaine dans cette école, et ça me fait beaucoup de peine car j’adorais mon travail. Et toi, tu enseignes en lycée depuis combien de temps ?

      1. Si tu as une licence tokubetsu menkyo (je pense ?) tu peux essayer de chercher du travail dans d’autres lycees prives. Si tu peux enseigner l’anglais ET le francais, c’est un plus.
        Moi, j’enseigne depuis cette annee en lycee (anglais), mais j’ai la chance d’etre joukin.

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