Journal du 21 au 25 juin

Un tournage de film, un conseil de discipline… Nous sommes très occupés à l’école en ce moment ! Ce qui ne m’empêche pas de sortir m’amuser, et de faire de nouvelles rencontres !

Mardi 21 juin

Minuit dix, l’alerte du téléphone retentit : « Jishin desu ! Jishin desu ! » C’est l’alerte pour nous prévenir qu’un tremblement de terre va avoir lieu. Je secoue mon mari qui a le sommeil lourd et enfile un bas de pyjama, puis j’attends. Rien. Fausse alerte ? Déjà passé ? J’allume la télé et je découvre que le tremblement de terre a bien eu lieu, d’une force de 4 sur l’échelle shindo. Il n’y a pas d’alerte au tsunami, ce qui est rassurant. Au bout de quelques minutes, je retourne me coucher et je me rendors tant bien que mal.

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Shindo 4 en pleine nuit

À 5h, je me lève pour me préparer à aller au travail. Je suis fatiguée, et j’ai mal aux jambes, sans doute à cause de ma longue marche de dimanche.

J’ai une journée chargée au bureau aujourd’hui : en matinée, deux cours, plus l’entraînement de quatre élèves à l’entrevue du test Eiken. Le midi, j’ai une pause de 20 minutes, et je mange rapidement mon bentō, pour aller ensuite en réunion. Samedi matin, nos élèves de 1re et 2e années spécialité anglais vont accueillir des touristes étrangers arrivant par bateau croisière, et nous leur expliquons les grandes lignes de l’activité.

En après-midi, j’ai un cours avec les 2e année de collège. Elles sont vraiment dissipées, et je dois les rappeler à l’ordre plusieurs fois. Tout rentre dans l’ordre assez rapidement. J’enseignais à des élèves de ce niveau l’an passé, et je sais bien que c’est le moment où elles prennent confiance et se relâchent.

En fin d’après-midi, nous avons club d’anglais et nous continuons à préparer nos élèves pour le concours de présentations de dimanche. Je quitte le bureau vers 18h30. Je n’ai pas envie de cuisiner, alors j’achète un bentō pour mon mari, et moi je finis les restes. Ensuite, je regarde un peu la télé avec le chat, puis je lis et je me coucher vers 22h30. D’autres longues journées m’attendent…

Mercredi 22 juin

Je me lève à 5h, me prépare et part. Aujourd’hui, mon mari me laisse la voiture, ce qui m’arrange bien puisque j’ai un cours de français après l’école dans une autre partie de la ville.

Mon premier cours commence à 10h55, mais je dois être à l’école avant. En attendant mon cours, je m’occupe de corrections et de préparations de leçons.

J’ai trois cours aujourd’hui, mais ce ne sont pas des cours très demandant. Lors du premier, les élèves doivent lire un article scientifique en anglais et répondre à des questions. Le but est de leur montrer plusieurs choses, notamment le fait que l’on peut comprendre un texte a priori difficile en se servant de ce que l’on sait déjà. Je ne sais pas comment les élèves français ou ailleurs se comportent, mais au Japon, les élèves cherchent tous les mots qu’ils ne connaissent pas dans le dictionnaire. Je veux vraiment que mes élèves comprennent qu’il n’est pas nécessaire de comprendre tous les mots pour comprendre un texte, et que l’aptitude à deviner le sens en fonction du contexte est très importante.

Mon deuxième cours se fait avec mon collègue néo-zélandais. Nous préparons nos élèves à répondre aux questions qui leur seront très probablement posées par les passagers du bateau croisière samedi.

Après ma pause déjeuner, j’ai mon troisième cours. Comme il ne me reste que 3 cours avec cette classe d’ici les vacances d’été, nous commençons à regarder un film (High School Musical, que je connais par cœur à force de le voir plusieurs fois tous les ans).

J’ai ensuite une pause avant plusieurs travaux administratifs. Dans le parc de l’école, le tournage du film a débuté et les élèves sont tout excitées. Elles tentent d’apercevoir l’héroïne, sans y parvenir.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis mon arrivée à l’école, se tient un genre de conseil de discipline pour deux élèves. Je ne vous dirai pas ici pourquoi, mais je vais vous parler un peu du déroulement d’un conseil de discipline. Je ne sais pas si c’est dans toutes les écoles pareilles, par contre.

Les profs sont assis et l’élève debout au centre de la pièce. L’élève doit décliner son nom et sa classe. On lui demande ensuite pourquoi elle a été appelée ici et elle doit nous expliquer ce qu’elle a fait en détails, et nous dire pourquoi elle l’a fait. Ensuite, un ou plusieurs profs lui font un sermon, comme quoi c’est mal de faire ça, etc. La dernière question que l’on pose à l’élève est « Qu’as-tu appris de ton erreur ? ». Ensuite, on la met en garde pour lui dire qu’il n’y aura pas de prochaine fois, et au revoir !

Je suis toujours surprise que les élèves japonais reconnaissent immédiatement leur tort. Ils ne cherchent jamais à nier, à se défendre ou à se justifier. Ils reconnaissent leur erreur sans tente de la minimiser. Aussi, ils ne sont pas désinvoltes dans leurs explications et font l’effort de s’expliquer poliment.

Ensuite, nous avons notre réunion du groupe de profs responsables des 1re année de lycée, que nous devons abréger car une autre réunion nous attend après.

L’autre réunion est en fait un cours pour les profs. Cela a lieu une fois par an, et une personne extérieure vient nous faire un cours sur un sujet que l’on a choisi. Cette année, nous parlons de la façon de comprendre et de gérer les réactions des élèves ayant des troubles mentaux. C’est triste à dire, mais il y a de plus en plus d’élèves ayant des difficultés, le tout parfois mêlé à une histoire familiale triste. Le cours est très intéressant, mais j’ai malheureusement oublié d’amener mon dictionnaire et il y a plein d’informations qui m’échappent.

Le cours se termine un peu après 18h, ce qui m’arrange car je dois partir bientôt. En effet, à partir de 19h, je donne un cours d’initiation au français dans un centre culturel de Yachigashira, mon quartier favori. Ce n’est jamais désagréable d’aller là-bas, car les paysages et l’atmosphère du quartier sont extraordinaires. Mon rêve serait de vivre à Yachigashira, ou dans les quartiers adjacents.

Le cours en lui-même n’est pas très difficile, mais je ressens toujours un peu de frustration car c’est un cours mensuel, ce qui ne sert à rien, et de nouveaux étudiants se présentent à chaque fois. Mais je n’y peux rien, c’est la règle fixée par le centre culturel. Aujourd’hui, deux des élèves présentes ont un bon niveau de français. Elles cherchent un professeur pour des cours privés, ce que je n’aime pas trop, mais je prends tout de même leurs coordonnées car je n’ai plus de travail à partir du mois prochain.

Après le cours, je vais au Café Classic, où m’attend mon mari. Il discute avec un homme que nous connaissons, un photographe qui habite le quartier. J’adore aller au Café Classic, car ils font de délicieux croque-monsieur, mais aussi parce qu’on peut y sentir une certaine atmosphère de vie de quartier qui me plaît beaucoup.

Après avoir mangé et discuté, nous quittons le café vers 21h30. J’aimerais avoir la force de jouer avec le chat, mais je suis épuisée, et je file direct au lit pour lire. Je m’endors vers 22h30.

Jeudi 23 juin

Réveil à 5h. J’ai mal partout, alors que je ne fais pas de sport. Je sens que mon corps est fatigué, et je décide aussitôt que je prendrai mon congé du vendredi matin.

J’arrive à l’école à 7h20, et je commence à travailler fort pour pouvoir prendre mon congé demain. Je dois m’y mettre dès maintenant, car le reste de la journée va être intense.

J’ai 3 cours qui se suivent, de 9h55 à 12h45. Ensuite, c’est la pause déjeuner. Mon cours suivant, dernier cours de la journée, débute à 13h30. Ensuite, je poursuis mon travail et comme j’avance bien, j’enregistre un congé pour demain.

Dans l’après-midi, des élèves de 3e année viennent me voir pour me « demander une faveur ». Elles voudraient que je danse avec elles sur le titre « I’m a perfect human » durant le festival. Comme c’est mon dernier festival, j’accepte avec plaisir… mais j’ai un terrible problème de coordination de mouvements, alors je vais devoir répéter beaucoup. Heureusement, il me reste un mois pour me préparer.

À 16h30, c’est le club d’anglais. Nous travaillons jusqu’à 19h, et je quitte l’école peu après. Mon mari est rentré à la maison, il a toujours de la fièvre. Je m’arrête au supermarché pour aller acheter de la litière pour le chat. En rentrant, je cuisine un shōgayaki et nous commençons à manger vers 20h30. Je change ensuite la litière du chat, me repose devant la télé, puis je vais me coucher vers 22h30.

Vendredi 24 juin

Je me réveille à 7h. Quel bonheur d’avoir pu dormir autant en une nuit ! Je suis en forme, et je profite de ma matinée pour faire tout un tas de petites choses laissées en suspens. Je pars à 10h, et arrive au bureau vers 10h30.

L’équipe de tournage du film et les figurants sont présents en force. Aujourd’hui, ils filment à l’intérieur de l’école. Il y a des caméras, des projecteurs et des câbles un peu partout, et ce n’est pas évident de circuler. Va-t-on apercevoir l’héroïne du film, une jeune actrice bien connue ?

Je travaille sur tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire hier, mais c’est difficile de se concentrer car une scène se tourne juste à côté de la salle des profs. Lors des pauses entre les cours, nos élèves se précipitent pour essayer d’apercevoir l’actrice. Certains profs font la police pour les obliger à retourner en classe quand la sonnerie a retenti.

Le midi, je vais manger à la cantine. Une fois le カット! entendu, je me faufile hors de la salle des profs, et là, je la croise cette fameuse actrice. Mon Dieu qu’elle est petite ! Mais elle est drôlement mignonne. Je mange avec le prof de chimie, qui va jouer le rôle d’un prof dans le film. J’ai vraiment hâte de voir sa performance !

Après la pause déjeuner, c’est le début des cours. Je regarde Shrek 2 avec les élèves du collège, puis j’ai un cours d’anglais avec les 2e année de lycée. Ensuite, j’ai une réunion qui porte sur l’orientation des étudiants de 1re année. Je ne sais pas trop ce que je fais là, étant donné que je ne suis pas prof principale, et surtout étant donné que je n’enseignerai plus qu’à temps partiel après les vacances d’été.

Après cette réunion, c’est encore le club d’anglais. Nos élèves sont plus ou moins au point pour la présentation de dimanche. À 18h, je dois partir pour le pensionnat de l’école, pour une visite. Avec un collègue, nous mangeons avec les élèves de 1re année qui restent en pension, puis nous participons avec elles à la messe du soir. Je quitte le bureau vers 19h30.

Arrivée à la maison, je regarde la télé avec le chat. Il y a un programme rigolo qui parle de ce que certains mecs recherchent chez une fille. C’est assez « clichés », mais c’est drôle.

À 21h, je pars pour Daimon Yokochō, où se tient le « baru-gai ». Chaque restaurant du quartier propose une boisson et une petite assiette pour 500 yens. Je vais d’abord à « La Buvette », un bistro français que j’adore.

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Le jambon blanc de La Buvette

Ensuite, après avoir hésité, j’entre au hasard dans un autre resto. Il y a là un petit vieux que je connais. Je commande une bière avec une assiette, mais dans le même temps ce petit vieux décide de m’offrir un verre de blanc.

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Des gens partent et d’autres arrivent, et nous sommes tous rassemblés autour du minuscule comptoir. Il doit y avoir quoi, 10 places à tout casser dans ce resto. Au final, je me retrouve assise près du mur. Un homme entre et vient s’asseoir à côté de moi, la seule place qui reste, puisque le petit vieux qui m’a offert le verre de vin vient de partir. L’homme à côté de moi me regarde de temps à autre. Je pense qu’il a envie d’engager la conversation mais qu’il ne sait pas trop comment faire. J’ai l’habitude de ce genre de situation, ça m’arrive quasiment tout le temps. Les femmes sont moins timides que les hommes quand il s’agit de commencer à parler, je ne sais pas pourquoi.

Nos yeux finissent par se croiser, et on se sourit, mais on ne se parle toujours pas. J’ai fini ma bière et je voudrais en commander une autre mais j’hésite un peu. Je sais que dès que j’aurai commandé, l’homme d’à côté va en profiter pour engager la conversation, en commençant par le toujours très classique « Vous parlez bien japonais ! » Ce n’est pas que je ne veux pas qu’il me parle, au contraire j’adore discuter, mais c’est la phrase cliché du début de conversation qui me met mal à l’aise. Parce que je sais déjà ce que je vais répondre après, toujours la même chose.

J’ai seulement à moitié raison : l’homme en profite pour engager la conversation, comme je m’en doutais, mais il ne prononce pas la fameuse phrase habituelle. Il me demande si j’habite Hakodate. J’apprécie qu’il ne commence pas la conversation par ma « gaijinitude », et je me sens moins stressée.

La glace est rompue et on papote durant plus d’une heure, d’un peu de tout. Il s’appelle Kenji, et est journaliste sportif. Il travaille et vit à Tokyo, mais Hakodate est sa ville natale. Il est venu pour écrire un papier sur les courses de chevaux, et il en profite pour rendre visite à sa famille. Il est gentil, et sa conversation est intéressante. J’aime beaucoup ce genre de rencontre imprévue, car j’aime découvrir les gens. Et c’est aussi une bonne occasion de pratiquer mon japonais.

Il est bientôt minuit et je rentre en taxi. Il y a toujours des taxis qui tournent dans ce quartier, et j’en attrape un très vite. Quand je dis au chauffeur le nom du quartier où je vis, il me dit, surpris : « Ah mais oui, je vous connais, vous ! D’ailleurs, j’ai ramené votre mari l’autre jour ! » C’est génial, je n’ai même pas besoin d’expliquer la route au taxi ! Là encore, on papote, et le taxi se révèle être une vraie pipelette lui aussi !

J’arrive à la maison vers 0h30.

Samedi 25 juin

Réveil à 5h. Aujourd’hui, nous emmenons nos élèves de 1re et 2e année spécialité anglais accueillir les passagers d’un bateau-croisière. Généralement, lors de cette activité, nos élèves doivent renseigner les touristes. Comment peut-on aller ici ? Comment prendre le tramway ? Où puis-je acheter… ? C’est une bonne occasion de pratiquer leur anglais et les touristes sont toujours heureux de voir des lycéennes.

Mais aujourd’hui, le temps est mauvais, il pleut énormément et le vent souffle en tempête. Quand nous arrivons au port, nous voyons le bateau mais il ne peut pas accoster à cause du vent. Nous attendons dans les bus, et au bout d’une heure, le bateau finit par réussir sa manœuvre. Quand les premiers passagers commencent à débarquer, nous devons aller leur souhaiter la bienvenue. Il pleut toujours et c’est difficile. Nos élèves se donnent à fond, et elles leur font même la « danse du calmar », une danse locale très amusante à danser. Mais personne ne daigne leur jeter un regard alors qu’elles se démènent sous la pluie. Vers la fin, heureusement, une passagère se met à danser en rythme avec elle. Je ne sais pas qui est cette dame, mais je la remercie du fond du cœur. Cela a vraiment fait plaisir à nos élèves, et elles se sont bien amusées malgré la pluie.

Vers 11h, nous quittons le port pour revenir à l’école. Le temps est très mauvais, les touristes ne font que s’engouffrer dans les taxis qui les attendent, alors ça ne sert à rien de rester plus longtemps.

De retour à l’école, je mange le hamburger que la mairie nous a offert, puis je fais mon travail habituel. À 12h45, nous avons club d’anglais. Le grand jour est demain, et nous voulons répéter encore un peu. Je quitte l’école vers 15h.

Arrivée à la maison, j’ai faim, donc je me cuisine des œufs et du bacon vite fait. Vite fait, car je dois repartir sous peu. En effet, je donne un cours de cuisine française à Nanae, la ville voisine. La cuisine, ce n’est pas mon truc mais c’était la deuxième demande du centre qui organise ce cours, et je me sentais mal de refuser. J’ai proposé un truc très simple, des tomates farcies et un gâteau aux pommes.

 

Il y a beaucoup de dames âgées dans mon cours, et pour être franche, elles sont parfois un peu casse-bonbons. Elles vont très vite, et reviennent tout de suite me voir en disant : « Et après ? », mais moi je dois cuisiner aussi, et je ne suis pas en équipe comme elles, alors j’ai du mal à suivre.

Le cours se termine vers 20h, et ensuite je rentre chez moi. Je regarde Shrek 2, pour faire des feuilles de travail pour mes élèves de collège. Je trouve le film rigolo, mais je me demande comment font les gens pour comprendre toutes les références culturelles qui s’y trouvent.

Ensuite, je lis un peu et je me couche tôt. C’est à peine croyable que je sois au lit avant minuit un samedi soir, mais demain, je dois encore bosser !

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2 réflexions sur “Journal du 21 au 25 juin

  1. Bonsoir,

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