Journal du 11 au 15 juin

Dans cette nouvelle partie du journal, je parle encore boulot, puisque j’ai travaillé tous les jours. Mais je vous parle d’une bonne gueule de bois, et d’une jolie rencontre à la piscine.

Samedi 11 juin

Le samedi matin, pour changer, c’est… travail ! Je me lève à 5h00, comme d’habitude. Hier, j’ai oublié d’acheter du pain et je n’ai donc rien pour déjeuner. Je prends un café affalée dans le canapé, mais croyez-moi, le samedi matin à 5h, il n’y a pas grand-chose à la télé : du téléshopping et le match France-Roumanie. Du coup, je regarde l’épisode du asadora (drama du matin) que je n’ai pas regardé hier.

Mon mari se lève quand je pars. Je suis contente car il a décidé de rester à la maison aujourd’hui. Je peux donc prendre la voiture, et je suis rassurée que le chat ait une compagnie.

Je n’ai pas de cours ce matin car l’école s’arrête après la deuxième heure de cours (j’ai normalement cours en troisième et quatrième heure). Je prends mon petit-déjeuner, finis mes corrections, puis après la deuxième c’est branle-bas de combat car nous devons faire le grand ménage. Demain, les associations de parents d’élèves des lycées d’Hokkaido se réunissent dans notre école, tout doit être nickel.

Le midi, je mange une petite salade achetée au konbini. Comme il n’y a pas de cours le samedi après-midi, il n’y a pas non plus de cantine.

Après le déjeuner, je prépare mes cours pour la semaine prochaine. Je quitte le bureau un peu après 14h10, heure à laquelle nous sommes autorisés à partir le samedi. En rentrant, mon mari et moi installons le cellier qu’il a commandé. Notre appartement est petit et il faut un peu changer l’installation des meubles pour lui trouver une place.

Le soir, nous sortons manger à La Buvette, un bistro français. Nous y retrouvons des copains septuagénaires, qui sont bien gentils et rigolos… et qui tiennent l’alcool comme des rois !

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Ensuite, je me dispute avec mon mari, et je vais boire seule. Je retrouve des copains au bar, et comme une idiote je pleure dans leurs bras parce que je me suis disputée avec mon mari. Mon copain russe me prodigue ce qui est sans doute le meilleur conseil de la soirée : dépêche-toi de te rabibocher avec ton mari.

Au final, je ne sais pas trop vers quelle heure je rentre à la maison…

Dimanche 12 juin

C’est mon mari qui me réveille : « Il est 7h » Quoi ? Mais c’est l’heure à laquelle je dois partir ! Je fonce dans la douche, me maquille vite (j’ai trop peur de ressembler à un clown), j’attrape mes affaires et je fonce au bureau. Sur la route, il y a des conducteurs qui n’avancent à rien. Il y en a même qui mettent du temps à décoller quand le feu est vert, parce qu’ils regardent leur téléphone portable. Ceux-là, je leur klaxonne au derrière et ça doit leur faire drôle, car ce n’est pas un bruit qu’on entend souvent à Hakodate.

J’arrive au parking à 7h30, je fonce au konbini acheter un petit pain et de l’eau Aquarius. Je ne sais pas trop ce qu’il y a dedans, mais en général ça me fait du bien. Quand j’arrive à l’école, je vois que des gens sont déjà là pour la réunion. Persuadée que la réunion débute à 9h, je panique. Me suis-je trompée dans les horaires ? Non, tout va bien, c’est juste les personnes qui ont des préparatifs à faire qui sont arrivées tôt. Tous mes collègues qui arrivent après moi ont la même réaction : « J’ai eu peur, je croyais que j’étais en retard ! »

En attendant les chōrei, je sommeille la tête sur le bureau. J’ai mal à la tête et suis encore soûle de la veille, c’est horrible. On dirait que ma tête est dans un étau que quelqu’un serait en train de resserrer. J’ai apporté des masques pour le rhume, pour cacher mon haleine alcoolisée, mais je n’ose pas les mettre car cela inquiète mes collègues : « Ça va ? T’as attrapé un rhume ? T’as des allergies ? » Puisque personne ne me soupçonne d’être soûle, c’est que je ne dois pas puer.

Après les chōrei, l’équipe en charge de la réception, dont je fais partie, se réunit. L’école a deux entrées, alors nous nous divisons en deux équipes. Mon équipe s’occupe de l’entrée qui donne dans le bâtiment du collège. Je crois que je vais mourir tellement je me sens mal. Je passe aux toilettes pour vérifier la tête que j’ai, et je suis surprise de constater que j’ai l’air tout à fait normale. Je me trouve même plutôt jolie.

Les participants aux réunions arrivent, et je les salue d’une voix forte, avec un grand sourire et avec une inclinaison polie. Je n’arrive pas à croire que j’arrive à faire cela ! Il n’y a pas trop de monde qui passe par notre entrée, et j’en profite pour prendre l’air du dehors. Mes collègues masculins s’occupent du parking, et ils gèrent eux aussi. Je discute avec le prof de chimie, et je découvre que lui aussi était à la bourre ce matin. Il s’est levé à 7h30 ! Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir eu une soirée arrosée, et je me sens moins minable.

À 9h30, une fois mon travail terminé, je retourne à mon bureau. Certains ont l’air de travailler, d’autres papotent. Je file fumer une clope, et je retrouve le prof de maths dans le fumoir. Je lui raconte mes aventures d’hier, et ça le fait bien rigoler. Son conseil est de dédramatiser la situation. Je ris aussi, et je me sens mieux.

Vers 10h30, la réunion des associations de parents d’élèves fait une pause. La plupart des participants en profitent pour prendre des photos de notre école. Je l’ai déjà dit, mais nous avons une très belle école. Le bâtiment principal est très ancien, avec un parquet d’origine qui craque quand on marche.

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Le midi, nous mangeons tôt car nous devons être disponible à 12h, quand la réunion prendra fin. Nous avons commandé des hamburgers de chez Lucky Pierrot, la chaîne locale de hamburgers. Il y a plusieurs restaurants Lucky Pierrot à Hakodate, et ils sont tous très populaires.

À midi, à la fin de la réunion, trois activités sont prévues : la visite de la « Maison Blanche », l’ancien bâtiment dans lequel les missionnaires américains qui enseignaient à l’école vivaient, un concert de l’orchestre de l’école, et un concert d’orgue dans la chapelle. L’orchestre de notre école est plutôt doué, et représentera Hokkaidō au tournoi national qui aura lieu en novembre à Yokohama, près de Tōkyō.

Une fois les activités terminées, les participants repartis et le rangement fait, je décide de rentrer car je suis fatiguée. Arrivée à la maison, je veux me coucher mais mon mari veut qu’on discute. Je n’en ai pas trop envie, mais c’est nécessaire. On discute pendant un certain temps, puis on trouve un terrain d’entente. Dans la mesure du possible, mon mari rentrera à la maison à l’heure du dîner. Nous mettrons ce temps passé ensemble à profit pour discuter de toutes sortes, sauf du travail.

Je dors une demi-heure, puis me réveille tranquillement. À 18h, je parle à mes parents. Ils sont tout excités de venir me rendre visite au Japon, et j’ai hâte de leur montrer où je vis et de leur faire découvrir ce pays que j’aime énormément.

Le soir, je regarde le taiga (drama historique), puis je vais au lit pour bouquiner. Épuisée, je m’endors un peu avant 22h.

Lundi 13 juin

Réveil un peu avant 7h. Aujourd’hui, c’est daikyū (代休), c’est-à-dire que nous sommes en congé pour avoir travaillé la veille. Cependant, je dois aller à l’école pour le club d’anglais. Nous avons un concours de présentations le 26 juin, et comme nous allons manquer de temps, nous avons décidé d’utiliser ce matin pour travailler.

Il pleut aujourd’hui encore, et il fait un peu lourd. On dit qu’il n’y a pas de saison des pluies à Hokkaidō, mais on dirait qu’on en a une quand même cette année. Mon mari me dépose à l’école et me promets de rentrer à la maison pour 19h, pour le dîner.

D’autres professeurs sont présents à l’école, entre autres la prof de sport, qui supervise le club de basket, et l’un des profs de maths, responsable du club de badminton. Être professeur au lycée, c’est un peu comme élever des enfants : il faut toujours être présent.

Avec les élèves du club d’anglais, nous travaillons jusqu’à 13h. Je pense qu’elles ont bien avancé dans leurs présentations, mais nous allons sans doute devoir nous réunir plusieurs fois après l’école jusqu’au grand jour.

Après le club, je quitte le bureau. Une entreprise est venue tailler les pins du parc de l’école, et l’odeur des branches coupées mêlée à l’odeur de la pluie est agréable.

Je passe au grand magasin pour acheter du parfum pour mon mari, mais je ne trouve pas ce qu’il veut. Il y a beaucoup de femmes d’âge mûr qui font du shopping, et je leur en veux d’avoir autant de temps libre. Certaines déjeunent en groupe dans le bistro situé au rez-de-chaussée. Quelle vie tranquille !

J’ai envie d’aller voir la mer, mais il ne fait pas beau, alors je décide de rentrer. Avant cela, je passe au supermarché pour m’acheter un bentō, et j’arrive chez moi vers 14h30. Je mange, puis je décide de me détendre en faisant des choses que j’aime, mais très vite je m’ennuie. Que vais-je faire quand je n’aurai plus de travail ? Vais-je mourir d’ennui ? Je m’ennuie tellement que je décide de prendre une douche pour passer le temps. Cela me fait du bien, et après j’arrive à trouver un peu de courage pour étudier le japonais. Vers 18h, je commence à cuisiner. Mon mari rentre un peu avant 19h, comme promis.

Après manger, nous regardons « La famille Bélier ». Je compte montrer ce film à mes élèves du cours de français avant les vacances d’été, et je veux vérifier qu’il n’y a pas de scènes « olé-olé », car nous avons interdiction de montrer ces scènes à nos élèves. En regardant le film, je suis surprise par le langage vulgaire utilisé, et s’il n’y a pas de scènes de sexe à proprement parler, il y a tout de même énormément de référence au sexe. Je ne sais pas trop si je vais pouvoir montrer ce film en classe, et c’est dommage car je pense que mes élèves aimeraient beaucoup.

Après le film, je lis et je m’endors vers 22h30.

Mardi 14 juin

Réveil à 5h, puis je me prépare tranquillement. Mon mari se réveille au moment où je m’apprête à partir. Aujourd’hui, je pars en bus car mon mari a une réunion en soirée et a besoin de la voiture pour rentrer. Le ciel est couvert aujourd’hui, mais il ne pleut pas encore. L’air est humide et lourd, « mushimushi » comme on dit en japonais.

Aujourd’hui, les cours se terminent après la période 3 (11h45) car le reste de la journée est consacrée aux rencontres parents-prof principal. Je n’ai donc qu’un cours le matin, celui d’études internationales pour les 3e année. Nous avons travaillé sur les changements climatiques depuis le début de l’année, et les élèves présentent leur travail final, une recherche sur un animal en voie de disparition.

Je consacre le reste de ma journée à évaluer ces présentations, ce qui prend toujours beaucoup de temps et est assez difficile, car il faut savoir rester objectif entre la première personne évaluée et la dernière, quand on commence à fatiguer. Je travaille ensuite sur la préparation du cours de français pour le cours d’études internationales des 2e année.

Je quitte le bureau vers 17h30, et avant de rentrer à la maison je passe au drugstore pour acheter des sacs poubelles et du savon liquide pour les mains. J’en profite pour acheter du poulet frit et une salade, car je n’ai pas le courage de faire à manger pour moi seule. Je mets simplement du riz à cuire, et en attendant qu’il soit prêt je fais une lessive, je prépare les poubelles de demain et je joue avec le chat.

Je mange ensuite en regardant Le Petit Journal, puis, vers 20h, quand mon repas est terminé, je me pose devant la télé pour la séance câlins du chat. Il y a une émission sur des femmes japonaises mariées à des étrangers, et cette fois l’émission s’intéresse à des femmes mariées à des Français. L’une d’elle est mariée au grand chef Dominique Bouchet, et l’autre a un descendant de Gustave Eiffel.

Mon mari rentre vers 20h30, et je continue de regarder la télé. Le chat semble heureux, elle ronronne de plaisir. Je me mets au lit vers 22h pour lire, et je m’endors vers 23h.

Mercredi 15 juin

Réveil à 5h, j’ai un peu de mal à émerger. Mon mari se lève à 5h30 et me dépose au travail. Il a une réunion ce soir jusqu’à 19h30 et ça m’embête car j’avais l’intention d’aller à la piscine après le bureau. J’aurais aimé lui demander de prendre en charge le repas du soir, pour ne pas avoir à m’en occuper en rentrant après 20h, mais ce ne sera pas possible.

Je suis au bureau à 7h15, et certains de mes collègues sont déjà là. Comme tous les mercredis, après les salutations du matin où nous échangeons des informations, je fais la circulation des élèves allant à la messe, puis je fais le tour des classes pour vérifier qu’aucune élève n’est restée cachée.

Mon premier cours commence à 10h55, et les autres cours s’enchaînent jusqu’à 14h20. À 15h40, nous avons notre réunion hebdomadaire. Le reste de la journée se passe à effectuer des tâches habituelles : préparation de cours, corrections, organisation de la vie scolaire (plusieurs événements s’en viennent).

Je quitte le bureau vers 18h30, pour aller à la piscine. J’essaie d’y aller une fois par semaine, mais je n’ai pas pu y aller la semaine passée car j’étais trop occupée. La piscine que je fréquente est plutôt cool, et il n’y a généralement pas beaucoup de monde. Je ne nage pas bien, mais mon objectif est plutôt d’avoir une activité physique régulière. En plus, nager me libère beaucoup de mon stress.

Dans les vestiaires, un petit garçon me regarde et me demande si je suis étrangère. Je lui réponds que oui, il a raison. Après un moment de réflexion, il me demande d’où je viens. Je lui réponds par une question : « D’après toi, je viens d’où ? » Il pense au Canada, ce qui n’est pas faux puisque j’y ai longtemps vécu, mais c’est trop compliqué à expliquer à un si petit enfant, et je lui réponds que non, je viens de France. Il ne sait pas c’est où, évidemment. Tout de suite après, il me demande pourquoi j’ai les yeux verts, et alors que je ne sais pas trop quoi lui répondre, sa prof de natation vient à ma rescousse et lui explique qu’il y a plein de gens différents selon les pays, et que même au Japon il y a des gens qui ont les yeux plus foncés que d’autres. Merci, Madame !

Mon mari vient me récupérer vers 19h45, après ma séance de piscine, et nous allons manger dans un petit resto près de chez nous. Après avoir regardé la télé avec le chat, comme toujours je lis, puis je m’endors vers 23h.

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Repas d’après piscine
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