Journal du 6 au 10 juin

Je continue mon journal, et si je n’ai pas eu trop de difficultés à écrire au début de la semaine, j’ai eu plus de mal vers la fin à cause de la fatigue. Durant ces cinq nouveaux jours de juin, je n’ai fait que travailler. Quasiment tout mon journal parle donc de mon travail. Il y a quand même, je pense, quelques anecdotes qui pourraient intéresser les personnes tentées par l’enseignement au Japon.

Lundi 6 juin

Les miaulements du chat me réveillent à 3h30. Je me lève pour vérifier qu’elle a bien à manger et à boire, je la caresse et me recouche. Elle fait souvent cela, sans raison. Réveil officiel à 5h, comme tous les jours quand je travaille.

En réfléchissant à ce que je dois faire aujourd’hui, je me souviens de plusieurs choses. Je commence à m’inquiéter, et c’est le début de la spirale infernale. Je pense à la semaine qui m’attend et à tout ce que j’ai à faire, puis je repense à l’arrivée de mes parents dans moins de deux mois alors que je n’ai encore rien prévu. Je panique.

DSC_0101
Mon emploi du temps de juin, sans les cours.

À 6h50, à quelques minutes de mon départ, mon mari se lève. Je lui demande si je peux prendre la voiture, comme on l’avait convenu la veille. Il semble hésiter et je me fâche. Si je dois partir en bus, il faut me le dire maintenant ! Il me dit qu’il a de la fièvre et ne se sent pas bien, mais que je peux prendre la voiture, lui prendra le bus. Évidemment, je pense que ce n’est pas une bonne idée et lui dit que non, moi j’irai en bus. Mais il insiste pour que je prenne la voiture et je me fâche de nouveau. Il me dit alors qu’il ne se sent pas suffisamment bien pour conduire, je prends donc la voiture en pestant.

Ce genre de disputes matinales est fréquent, car mon mari ne part jamais à la même heure et change souvent de moyen de transport en fonction de ses envies ou de ses besoins. N’ayant pas ce genre de flexibilité, cette incertitude quotidienne me stresse énormément.

J’arrive au bureau à 7h20, et il y a déjà plusieurs voitures de garées sur le parking. Mes collègues arrivent décidemment très tôt ! Il fait aujourd’hui encore un temps magnifique et je me calme un peu.

À 8h10, nous avons nos « chōrei » ou « salutations du matin ». Tous les profs se réunissent et ceux qui ont des annonces à faire les font. Je suis très concentrée ce matin, car je suis responsable de la classe de mon collègue néo-zélandais qui est absent. Une fois les chōrei des profs terminées, je rejoins la salle de classe des élèves dont j’ai la charge, les 1re année spécialité anglais. Toutes sont présentes, c’est une bonne chose ! Tous les matins, de 8h20 à 8h30, les élèves ont lecture, mais comme nous sommes en période de tests elles sont autorisées à étudier. Une fois le temps de lecture terminé, je récupère leur portefeuille et leur téléphone portable, leur transmets les informations de la journée, puis nous partons pour la messe qui a lieu dans le gymnase (parce que oui, nous avons une messe tous les matins).

Après la messe, les élèves retournent seules dans leur salle de classe et je me mets au travail. Je prépare une leçon pour les 3e années spécialité anglais, pour leur rappeler comment faire leur devoir de lecture de journal en anglais, car le premier était une catastrophe.

Ensuite, je suis chargée de la surveillance de deux examens pour deux classes de 1re année, un sur les études bibliques et un autre sur la biologie. Les élèves sont concentrées et font courir leur crayon sur leur feuille de réponses. Il fait beau dehors, et un vent léger et doux, chargé des odeurs de début d’été, pénètre tranquillement dans la salle de classe. Les rideaux, tirés, volètent doucement.

L’école est terminée après l’examen de biologie, je file faire mes salutations de fin de journée, je mange en vitesse un bentō pas terrible et je fume une clope.

Cet après-midi, nous avons une activité de bénévolat au cours de laquelle nous nettoyons le quartier autour de l’école. Chaque professeur est chargé d’un groupe de 12 élèves et d’une portion du quartier.

Dans mon groupe, trois élèves de 1re année (parcours régulier) et neuf élèves de 3e année (spécialité anglais). Les 3e années spécialité anglais, je les connais bien puisque je les avais en cours 4h par semaine l’an passé et que je les ai 2h par semaine cette année. Elles sont très heureuses d’apprendre que je suis leur superviseure pour l’activité de bénévolat, et ça me fait un pincement au cœur. Je ne leur ai pas encore annoncée que je ne serai plus leur professeur au retour des vacances d’été…

Armées de « waribashi » (baguettes jetables) et de sacs plastiques du konbini (supérette), nous partons à l’assaut des ordures qui traînent dans la rue. Il y en a très peu, et ce sont majoritairement des mégots de cigarettes. En une demi-heure nous avons terminé, et nous retournons à l’école. Les élèves sont libres pour le reste de la journée, quant à moi je finis de préparer mes cours pour cette semaine.

Je quitte le bureau à 17h30 et récupère mon mari et sa fièvre. Apparemment, il va mieux. Nous allons faire quelques courses puis je cuisine un shōgayaki. Après mangé, je suis prise d’un violent mal de tête, et je me rend compte que je suis trop tendue. Je m’écroule comme une masse devant la télé, et alors que je me dis que j’irai bien lire dans mon lit, je réalise que j’ai oublié Murakami au bureau…

Mardi 7 juin

Je me réveille à 3h30, persuadée d’avoir entendu le chat miauler, mais non elle dort bien sagement. Je suis de nouveau réveillée à 4h40, cette fois les miaulements sont bien réels. Je me rendors une vingtaine de minutes avant de me lever.

J’ai beaucoup rêvé cette nuit, ce qui est assez rare pour moi. Au départ, mon rêve était beau, puis il est devenu bizarre. J’aurais pourtant bien aimé qu’il continue comme il avait commencé…

J’arrive au bureau à 7h20, et je commence à réfléchir à la prochaine leçon du cours « Études internationales » des 3e année. Ce sera ma dernière leçon avec elle, et j’ai envie de travailler sur un sujet qu’elles aiment.

DSC_0102
Cadeau de mon collègue, pour avoir pris sa classe en charge.

Les tests sont terminés et les cours reprennent normalement. J’ai deux cours aujourd’hui, un le matin et un l’après-midi. Le cours du matin est de 9h55 à 10h45, et c’est « Études internationales » 3e année. Les élèves ont fait une recherche sur un animal en voie de disparition, et elles pratiquent leur présentation qu’elles feront demain. À la fin du cours, je leur propose différents thèmes pour la prochaine leçon. Elles hésitent entre « Musiques du monde » et « Nourriture autour du monde ». Je leur demande d’y réfléchir jusqu’au lendemain.

Après ce cours, je commence à réfléchir aux « procédures » que je pourrais écrire pour la personne qui va me remplacer. Je ne sais pas si c’est nécessaire, mais j’aimerais autant que possible alléger la charge de travail de mon collègue néo-zélandais qui va devoir, une nouvelle fois, tout expliquer à un(e) nouvel(le) venu(e).

Ce midi, je mange à la cantine. Au menu, des nouilles udon et un mini-donburi de porc, le tout pour 420 yens. Nous sommes tout un groupe de prof à manger régulièrement à la cantine. Il y a aussi la bibliothécaire, que je ne vois jamais en-dehors de ces déjeuners à la cantine. Mes collègues mangent à une vitesse folle, surtout le prof de sport qui s’envoie toujours des grosses portions de riz. Il nous raconte toujours des histoires drôles, c’est un vrai boute-en-train.

Je continue mes procédures jusqu’à mon deuxième cours, qui a lieu de 14h25 à 15h15. C’est un cours de conversation anglaise pour des 1re année, parcours « régulier ». Elles ne sont pas très douées en anglais, mais elles sont gentilles et drôles.

De retour à mon bureau, je me plonge dans le manuel de l’examinateur du test Eiken, le test d’anglais japonais. Évidemment, tout est rédigé en japonais et mon niveau n’étant pas terrible, je dois chercher beaucoup de mots dans le dictionnaire, ce qui me prend un temps fou.

À 16h15, à la fin des cours, je dois superviser le ménage de la salle informatique que nous utilisons pour le cours de conversation anglaise. Au Japon, ce sont les élèves qui font le ménage de leur salle de classe, et cela intrigue beaucoup les étrangers. Les images diffusées sur cette particularité de l’école japonaise montrent toujours des enfants hyper motivés. Dans la réalité, c’est un peu différent. Je veux bien croire que les élèves d’école primaire sont motivés, mais je peux vous assurer qu’au lycée ce n’est pas le cas. Les ados japonais ne sont pas si différents de leurs homologues occidentaux… Aujourd’hui, mes élèves manient le balai mollement mais je ne les bouscule pas trop, car je comprends tout à fait qu’on ne soit pas passionné par le ménage à cet âge.

Après le ménage, je me replonge dans la lecture du manuel Eiken jusqu’à 18h. Je quitte ensuite le bureau, dépose des vestons au nettoyeur à sec, et je passe au Uniqlo. Ce n’est pas que j’aime particulièrement ce magasin, mais j’ai absolument besoin d’un gilet pour demain, et le magasin est tout proche du nettoyeur à sec.

Je rentre à la maison à 19h, je fais une lessive et je prépare un curry. Mon mari a un dîner de travail ce soir, je dîne donc seule en regardant Le Petit Journal sur Internet. À 20h30, le repas est terminé, la vaisselle lavée et la lessive étendue. Le chat réclame des câlins, c’est son rituel du soir. Je m’installe sur le canapé et elle vient se blottir dans mes bras. Elle est incroyablement mignonne et gentille, je l’aime énormément.

DSC_0104
Pause câlins

Je me mets au lit vers 22h, et mon mari rentre aussitôt. Il a le chic pour rentrer chaque fois que je commence à bouquiner et à me détendre de ma journée. Je n’ai pas trop envie de parler et il ne me dérange pas. Je lis jusqu’à 22h30 environ, et je m’endors le chat à mes côtés.

Mercredi 8 juin

Réveil à 5h. Mon mari aussi a mis son réveil à 5h, car il a une visite médicale aujourd’hui, mais il ne se lève pas. Je lui dis qu’il doit se lever, et il se réveille d’un seul coup en poussant un cri qui fait fuir le chat. Je suis fâchée, car je ne comprends pas qu’on ne soit pas capable de se lever quand le réveil sonne.

J’arrive au bureau à 7h20, comme d’habitude. Le mercredi matin, quand les élèves sont à la messe, je dois faire le tour des salles de classe pour m’assurer qu’aucune élève n’est restée cachée. La semaine passée, une élève était en pleurs dans les toilettes, je suis donc restée près d’elle jusqu’à ce que son prof principal revienne de la messe. Aujourd’hui, tout était normal.

Je rejoins ensuite le lieu de la messe, car une annonce va être faite aux élèves. Je sais ce qui va leur être dit, et j’ai hâte de voir leur réaction. Notre école a été choisi pour servir de lieu de tournage d’un film. Nous avons une très belle école, et ce n’est pas la première fois qu’elle est utilisée pour un tournage. Les acteurs principaux du film sont connus et, comme je m’y attendais, nos élèves hurlent à l’annonce de leurs noms. Je ne peux pas en dire plus, car nous avons interdiction d’en parler pour que le tournage se passe dans les meilleures conditions possibles… même si je suis quasiment certaine qu’au moins une élève en parlera sur Twitter ou le racontera à une amie qui le racontera à une amie, etc.

De retour en salle des profs, mais collègues parlent des figurants et pensent que je devrais participer. Je l’ai déjà fait l’an passé, et j’étais très nulle. Je ne suis pas photogénique, et je passe aussi mal à la caméra qu’en photo. Mais mes collègues s’emballent et pensent qu’on devrait carrément tourner une scène pendant mon cours de français, parce que ça donnerait une bonne image de l’école. J’espère que cela n’arrivera pas, car je serai trop stressée.

Le mercredi, j’ai trois cours, qui se suivent tous, seulement séparés par la pause déjeuner. Les deux premiers le matin (de 10h55 à 12h45) et le dernier l’après-midi (de 13h30 à 14h20). Je donne le cours des 1re année spécialité anglais avec mon collègue néo-zélandais, car les élèves sont nombreuses (40). Nous continuons l’activité commencée la dernière fois, à savoir la rédaction d’une lettre à soi-même dans trois ans. Mon collègue la leur remettra dans trois ans, lors de la cérémonie de fin de lycée. Je trouve que c’est une chouette idée, et je me dis que j’aimerais bien moi aussi écrire une lettre à la Paméla de 2019. Certaines lettres sont touchantes, d’autres inquiétantes, comme celle de cette élève tout à fait normale qui espère ne plus peser que 40 kg à la fin de ses années lycée. La dictature de la maigreur au Japon…

Les mercredis, toutes les élèves finissent exceptionnellement à 15h15, car les profs ont ensuite des réunions. Comme je ne suis pas employée permanente, je n’assiste pas à toutes, seulement la première, celle que l’on fait entre profs responsables des 1re année. Nous avons sept classes de 1re année, donc sept profs principaux (en japonais tannin, 担任), et nous sommes trois profs « vice-principaux » (en japonais fukutannin, 副担任). Lors de cette réunion, nous faisons le tour des activités à venir et des différentes élèves « problématiques ».

Après la réunion, je travaille sur mon manuel de l’examinateur Eiken. Mon collègue néo-zélandais se propose pour m’aider au début, ce qui est très gentil, mais j’aimerais essayer au maximum de comprendre par moi-même.

Je quitte ensuite le bureau à 17h45, car j’ai un cours de français à l’université de 18h30 à 20h. Ce n’est pas un cours officiel, mais une démonstration de cours. À partir de septembre, je donnerai un cours de conversation française à l’université, et l’objectif de mon cours de démonstration est bien sûr de recruter des élèves. Le cours se passe bien, les élèves sont attentifs et motivés.

Après le cours, mon mari et moi allons manger dans un petit restaurant et nous sommes de retour à la maison vers 21h. Commence alors la routine habituelle avec le chat, puis je me mets au lit pour lire. Je m’endors vers 23h30.

Jeudi 9 juin

Réveil à 5h. Mon mari a besoin de la voiture cet après-midi et il ne peut me déposer au bureau parce qu’il dort, je prends donc le bus. Il pleut beaucoup aujourd’hui, mais il ne fait pas froid.

À l’école, nous sommes retombés dans la routine habituelle. Ce matin, en surveillant que les élèves ne parlent pas pendant qu’elles se rendent à la messe, j’ai eu droit à un sourire de la part d’une élève, un beau sourire qui m’a rendue heureuse. Cette élève est un peu étrange, et elle a tendance à me fixer pendant les cours et quand je la croise dans le couloir, sans rien dire et sans sourire. Moi, je lui souris toujours et ce matin, pour la première fois, elle a souri elle aussi. Je suis contente.

Le jeudi, j’ai trois cours, mais j’en ai cédé un à la prof de musique qui doit préparer les élèves au concours de chant choral.

Mon premier cours, le matin, est celui des 2e année de collège. Elles sont assez dissipées aujourd’hui et si d’ordinaire ce genre d’atmosphère ne me dérange pas, aujourd’hui je ne suis pas d’humeur. Mais j’essaie de ne pas être trop sévère dans mes remontrances, car mes élèves ne sont pas responsables de mes sautes d’humeur.

Ce midi, c’est la déception à la cantine : il n’y a plus de plats du jour, les élèves ont tout commandé ! L’omuraisu est un plat populaire, apparemment. Je me rabats sur un curry, sans trop de convictions. Mes collègues du groupe cantine ont l’air déçus aussi.

Mon deuxième cours est en après-midi, et j’enseigne à une classe de 1re année de lycée (parcours régulier). Cette classe est probablement la plus indisciplinée de toute l’école, mais bizarrement les filles participent très bien en cours de conversation anglaise, et c’est amusant de leur enseigner.

Entre mes cours, je termine la lecture du manuel Eiken. C’est bon, je suis parée pour demain ! Je prépare aussi mes futures leçons et je corrige des tests, la routine habituelle. En fin de journée, je suis de nouveau sollicitée pour remplacer une collègue lors des shūrei de sa classe. Je me demande vraiment comment mes collègues vont se débrouiller quand mon / ma remplaçant(e) arrivera, car en général les gens qui occupent mon poste actuel ne parlent pas japonais (ou pas très bien).

Je décide de partir tôt ce soir. J’ai tergiversé toute la journée, me demandant si je donnais un grand coup ce soir et prenait mon congé hebdomadaire du vendredi matin, mais j’ai choisi de rentrer plus tôt et de venir normalement demain.

Avant de rentrer, je récupère mes vestons au nettoyeur. Pour le repas de ce soir, j’ai choisi de faire du riz frit et une salade de tomates (j’ai besoin de légumes). Pendant que le riz cuit, je suis prise d’une frénésie de ménage et tout y passe : lessive, rangement, poubelles, aspirateur. Le chat semble perplexe.

Mon mari rentre quand j’ai fini de manger. Je n’ai pas le courage de le servir et je le laisse se débrouiller. Le reste de la soirée se passe comme d’ordinaire : télé/câlins avec le chat, lecture et dodo vers 22h30.

Vendredi 10 juin

Réveil à 5h, je suis fatiguée. Mon mari se lève à 5h30, à la première sonnerie du réveil, un miracle. Nous nous préparons et je dépose monsieur à son travail. Il a une soirée des anciens de son université ce soir, donc je peux avoir la voiture aujourd’hui.

J’arrive au bureau à 7h30, il fait un temps magnifique aujourd’hui. On va encore avoir chaud aujourd’hui dans les salles de classe !

Ce matin, je n’ai pas de cours mais je prépare la prochaine leçon pour le cours d’études internationales des 3e année. J’avais déjà donné ce cours sur la nourriture étudiée d’un point de vue anthropologique, mais je souhaite l’améliorer. Je travaille bien et la matinée passe vite.

Le midi, je suis chanceuse : j’arrive à avoir un plat du jour, qui est un donburi de porc. Je me sens un peu gênée quand mes collègues arrivent ensuite, car j’ai en fait pris le dernier. Le prof d’histoire arrive avec un jeune étranger fagotté comme un enfant de cœur, et je me dis « C’est mon remplaçant ! » En fait non, c’est un Américain qui est venu pour le programme d’apprentissage du Japonais qui a lieu en été, et qui sera hébergé durant deux mois chez le prof d’histoire. J’ai travaillé avant dans l’organisme qui gère ce programme, et je n’aime pas trop les étudiants qui y participent. Les participants sont des étudiants américains venant des meilleures universités (Princeton, Harvard), et ils sont souvent condescendants. Mais le jeune homme amené par mon collègue a l’air plutôt gentil.

DSC_0107
Le repas de la cantine

L’après-midi, c’est la course. J’ai d’abord un cours avec les 2e année de collège. Je fais mon show, elles font le leur et on rigole beaucoup. Entre les moments de fous rire, elles travaillent sérieusement, et je me dis que quand un cours se passe comme ça c’est l’idéal. Il y a un bon équilibre travail / fun. Ensuite, j’ai un cours avec les 2e année de lycée, parcours anglais. Et là, ça se passe moins bien. Elles doivent faire une présentation et elles ne sont pas prêtes, alors que je leur ai laissé largement le temps de se préparer. Je me fâche, ce qui est rare en classe.

Après mon cours, je vais avec ma collègue voir comment elle fait au début de son test Eiken, car le mien débute à 16h40. Tout est comme je l’avais lu dans le manuel, je suis donc confiante pour mon tour. Ensuite, je remplace une collègue pour ses shūrei et je me dirige vers la salle où a lieu le test Eiken. Et là, c’est la catastrophe !

La plupart des candidates sont déjà dans la salle, et dès que j’arrive elles sont nombreuses à me sauter dessus : j’ai oublié mon numéro de candidate, je ne sais pas où m’asseoir… Et arrive l’information qui tue : « Sensei, il manque une rangée de tables… » Quoi ??? Je trouve ce qu’il faut dans la salle d’à côté et je demande à des candidates de m’aider car je ne peux pas faire ça toute seule. Mais elles ne réagissent pas, et des candidates continuent de venir vers moi en me disant « Sensei, j’ai oublié mon numéro de candidate… ». J’essaie de leur dire qu’on verra ça tranquillement après, qu’on doit d’abord arranger les tables, mais rien n’y fait, elles restent concentrées sur leur problème. Je ne sais plus quoi faire quand je vois apparaître mon collègue néo-zélandais, tel Jésus venant à ma rescousse. Merci ! Il prend les choses en main pour les tables, et de mon côté j’envoie tout le monde à sa place. Mon collègue se charge de faire les annonces de début du test, et je n’ai plus qu’à donner le top départ du test. Tout le reste se passe bien. Ouf !

Je quitte le bureau un peu après 19h et, rentrée à la maison, je mange les restes. Mon mari est de sortie, et je peux me reposer. Ce soir, Wes fête le premier anniversaire de son bar, mais je n’ai plus de forces et je ne trouve pas le courage de ressortir.

Mon mari rentre alors que je viens de commencer à lire et commence à me parler boulot. L’université souhaite que je prenne en charge le cours de français avancé jusqu’à la fin du semestre (juillet), car le professeur qui enseigne normalement ce cours ne peut plus l’assurer.

Je vais sans doute sembler un peu obtus, mais comme je l’ai déjà dit, je n’aime pas qu’on me dérange pendant ma lecture du soir, qui est le moment que j’utilise pour moi, pour me détendre. On décide de se parler de cette histoire de travail le lendemain, et je m’endors un peu après 22h. Je suis épuisée.

 

Publicités

2 réflexions sur “Journal du 6 au 10 juin

  1. yukiko

    Bonjour Pamela,
    En lisant votre journal, je suis vraiment surprise. J’ai l’impression que votre vie ne ressemble pas vraiment à quelque chose d’agréable. Est-ce le Japon ? Ce genre d’existence ne semble pas favoriser, qui plus est, une vie amoureuse épanouissante.
    Est-ce que les jeunes Français qui désirent tant aller vivre au Japon ne devraient pas mieux réfléchir avant de partir ? Je ne fais que voyager dans ce pays dont je ne possède pas la langue, donc beaucoup de choses m’échappent. Je vous souhaite d’avoir meilleur moral et de ne rien regretter quand vous atteindrez un certain âge.La lettre à l’avenir est utilisée en psychologie positive et c’est un bon exercice !

    1. Bonjour Yukiko ! Merci pour votre commentaire. Je suis un peu surprise, car je ne pensais pas donner l’impression de ne pas avoir le moral… je suis fatiguée, oui, mais je me sens globalement bien. Je suis seulement triste à l’idée de quitter bientôt mon travail, car de tous les emplois que j’ai pu occuper dans ma vie, celui-ci est celui que je préfère.
      C’est un travail très demandant, mais aussi très gratifiant. Si je le pouvais, je passerai encore plus de temps au bureau, mais je n’aime pas l’idée de laisser le chat tout seul.
      Beaucoup de gens savent que les Japonais travaillent beaucoup, mais entre le savoir et le vivre je pense qu’il y a un fossé. Il est clair que la charge de travail au Japon a un impact négatif sur la relation familiale. Je pense que c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les Japonais ne font pas suffisamment d’enfants. Quelle femme voudrait avoir la charge d’élever plusieurs enfants seule ?
      Mon travail prendra fin en juillet, avec l’arrivée des vacances d’été, et je ne sais pas comment ma vie va changer, j’ai beaucoup de mal à l’imaginer. Mais j’ai confiance en mon destin, puisqu’il m’a amené dans une ville que j’adore, dans un pays que j’aime énormément.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s