Journal du 2 au 5 juin

Juin étant mon dernier mois de travail entier, j’ai décidé d’écrire un peu tous les jours sur ce que je fais, pour vous donner une idée de ce que peut-être le travail et la vie au Japon. De plus, je me dis que ce sera un bon exercice pour moi qui ai du mal à écrire en ce moment. J’ai décidé de publier mon journal tous les cinq jours, mais pour cette première fois, j’ai malheureusement oublié d’écrire sur le 1er juin…

Jeudi 2 juin

Réveil à 5h. Je suis crevée, je n’ai plus de force. Aujourd’hui commence à l’école le premier jour des tests de mi-semestre pour les lycéennes. J’arrive à l’école à 7h30, et je m’attaque aux corrections des travaux des 3e année de lycée. Il ne me reste que quelques copies à corriger, mais ce sont les plus mauvaises et j’ai beaucoup de difficultés à les évaluer. Le découragement m’envahit. Comme je n’ai pas de cours en après-midi et que je ne suis pas dans une forme olympique, je demande à prendre l’après-midi en congé. Accordé sans problèmes.

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Une partie de l’école

Je donne mon premier cours de 9h55 à 10h45, aux collégiennes de 2e année. Elles sont mignonnes et drôles, et me redonnent la pêche. Je suis ensuite chargée de la surveillance de la deuxième partie de l’examen de maths pour des premières années de lycée. Je les surveille tout en lisant « La ballade de l’impossible », de Murakami Haruki. Je commence à me sentir fiévreuse, et je me dis que j’ai bien fait de prendre un congé.

Après mon déjeuner, je file à la maison. J’aimerais m’arrêter au supermarché pour acheter à manger mais je ne suis pas en forme. À la maison, je commence par faire une lessive, puis je me dis que je devrais faire un peu de rangement. Mais je me raisonne et me force à me reposer. Comme je ne veux pas dormir, par peur d’avoir du mal à m’endormir le soir, je comate devant la télé.

Je me sens mieux le soir venu, et je prépare à manger quand mon mari arrive (du steak et des pâtes au pesto, rarissime). Je regarde un peu la télé, me met au lit avec Murakami et m’endort vers 22h.

Vendredi 3 juin

Réveil à 5h. Je suis toujours fatiguée, mais ça s’améliore au fil de la journée. Je n’ai pas de cours le vendredi matin, mais je dois aller à l’école car tout le monde doit être présent en période de tests. Au cas où. Durant la matinée, j’arrive presque à venir à bout de mes corrections des travaux des 3e années de lycée. C’est toujours aussi mauvais, mais je suis en meilleure forme qu’hier.

Le midi, je mange trois petits sandwiches achetés au Lawson et un yaourt que j’avais oublié dans le frigo. Il fait froid aujourd’hui, et j’aurais dû acheter un repas à réchauffer.

Mon cours de cet après-midi, de 13h30 à 14h20, est le même que celui d’hier, mais la classe est différente. Tout se passe bien, comme hier.

Je quitte le bureau à 17h10, chose rare, mais en période d’examen on peut souvent rentrer chez nous tôt.

Arrivée à la maison, je fais lessive puis je prépare à manger, quelque chose de très simple, du porc sauté avec des carottes et des oignons. Quand mon mari est rentré vers 19h, nous avons dîné puis nous sommes allés à la librairie Tsutaya, pour acheter un cadeau pour notre ami Mike dont nous fêtons l’anniversaire ce soir. Nous avons trouvé un livre d’illustration Star Wars, et nous sommes contents de notre achat car nous savons qu’il est un grand fan.

Nous prenons ensuite l’autobus de 20h54 pour rejoindre le centre-ville, où a lieu la soirée. Nous commençons par un cocktail chez Audelia, le bar de notre ami Wes (il faudra que je vous parle un jour de ce bar et de Wes). Ensuite, la soirée se déplace dans un gros karaoké-bar appelé « Boys Be Ambitious ». Je déteste les gros karaoké-bars car ce sont des endroits bruyants et il est impossible d’avoir une discussion sans hurler dans les oreilles de son interlocuteur.

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Happy Birthday!

Nous avons bien bu, puis nous sommes partis vers 23h30 car oui, je travaille le samedi ! Le temps de rentrer à la maison et de bouquiner un peu, j’ai dû m’endormir vers 0h30.

Samedi 4 juin

Réveil à 6h. Il n’y a plus de pain à la maison, je m’enfile donc un café devant la télé. L’annonce de la relation entre un footballeur et une célébrité défile sur l’écran, comme hier. Je suis vaseuse mais étrangement les conneries de la télé me réveillent un peu. Je file ensuite prendre une douche, et hop ! à l’école !

Phénomène incroyable, je n’oublie pas que nous devons aujourd’hui nous garer sur le 2e parking, alors que d’ordinaire j’oublie tout le temps. Je passe au Lawson m’acheter un déjeuner. Ce sera des pâtes ce midi. Je m’installe à mon bureau à 7h45 et je boucle mes corrections en augmentant un peu les notes de certaines élèves envers lesquelles je m’étais montré trop sévère.

De 10h35 à 11h25, je suis chargée de la supervision de l’examen de communication anglaise. Les examens au Japon ont un format très particulier, étrange pour la Française que je suis. J’en parlerai sans doute un jour sur le blog.

Ensuite, mon collègue étant absent, je le remplace pour les « shūrei », les salutations de fin de journée. Là encore, il faudrait que j’en parle sur le blog. C’est un rituel qui n’existe pas en France, et je me dis qu’en parler pourrait sans doute intéresser certains lecteurs.

En retournant à mon bureau, je passe devant une classe et je vois une élève de 1re année se servir de son téléphone. Les tests sont terminés pour aujourd’hui, mais le règlement stipule qu’il est interdit d’utiliser son téléphone dans l’école. Je lui rappelle donc la règle, elle pose son téléphone sur son bureau avec un sourire ironique, et je sais très bien qu’elle va s’en resservir sous peu. De retour à mon bureau, je veux informer la professeure principale de cette élève, mais elle n’est pas là. J’en parle donc à mes autres collègues, qui me rappellent que dans ces cas-là, on doit confisquer le téléphone. Une collègue convoque donc l’élève en question, lui rappelle les règles et lui confisque son téléphone, en lui disant qu’il lui sera remis par sa professeure principale quand celle-ci aura discuté avec ses parents. Manque de bol pour l’élève, sa prof principale a déjà quitté l’école et ses parents sont injoignables… elle ne récupèrera son téléphone que lundi. Je m’en veux un peu de l’en priver pour le week-end, mais mes collègues pensent que c’est de sa faute à elle, puisqu’elle savait qu’elle ne devait pas l’utiliser dans l’école.

Après mon déjeuner, je suis soudainement fatiguée et je commence à avoir mal à la tête. Mais heureusement, la journée est bientôt terminée À 14h10, je quitte le bureau et, arrivée à la maison, je décide de faire une sieste d’une heure. Ma sieste n’arrange malheureusement pas ma condition physique, et je me demande même si je ne suis pas plus fatiguée qu’avant.

Je prends une douche, m’habille et me maquille, et c’est reparti ! Ce soir, on sort entre collègues. Une ex-collègue, qui a quitté l’école après son mariage avec un autre prof, est là aussi. Je suis contente de la revoir, et cela me fait plaisir de voir qu’elle apprécie sa nouvelle vie. On mange, on boit, on papote, et comme toujours on s’amuse beaucoup. J’ai la chance d’avoir des collègues formidables, sympathiques, gentils et drôles. J’ai énormément de peine à l’idée de devoir les quitter.

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Petites entrées

Après ce restaurant, nous partons pour le « nijikai », littéralement le deuxième tour. Nous allons dans notre snack habituel, un petit bar tenu par un couple âgé. Comme bien souvent, nous sommes les seuls clients et on se lâche sur le karaoké. L’une de mes collègues est drôlement douée, elle impressionne tout le monde ! Avec mon ex-collègue, nous chantons « Poupée de cire, poupée de son ». Je ne connais pas la chanson et je chante très mal, mais mes collègues sont toujours heureux quand je chante en français. La langue française est une très belle langue à entendre, et les Japonais en général trouvent notre langue très chic. Nous sommes chanceux !

Vers minuit, tout le monde commence à fatiguer. Nous décidons donc de partir. Je prends le taxi avec un collègue qui habite dans la même direction. Nous avons l’habitude de rentrer ensemble et je prends toujours plaisir à discuter avec lui pendant le trajet. Il est intelligent et drôle, je l’aime beaucoup.

Arrivée à la maison, je trouve mon mari endormi. Je lis un peu, puis m’endort à mon tour.

Dimanche 5 juin

Les miaulements du chat me réveillent à 7h30. Je me sens en forme et décide de me lever. Le chat veut des câlins, on s’installe sur le canapé et c’est parti pour une séance de ronrons. J’allume la télévision. Il y a une émission où les invités débattent de la politique et de l’argent. Mon niveau de japonais est un peu trop faible pour suivre…

Mon mari finit par se lever vers 8h et nous prenons tranquillement notre petit-déjeuner. Après ma douche, je fais un peu de ménage et de rangement. Il fait un temps magnifique, mais la température est plutôt fraîche.

Il n’y a pas grand-chose dans mon frigo, mais je parviens tout de même à cuisiner du porc au kimchi. Après le repas, j’ai rendez-vous chez le coiffeur. J’ai eu la chance de tomber sur le bon coiffeur dès mon arrivée ici. Il me coiffe après m’avoir coupé les cheveux, et je me sens coupable de le laisser faire tant d’efforts, en sachant que dans 2h ils seront tout en bazar.

Ensuite, comme il fait toujours beau et plutôt doux, je propose à mon mari d’aller se promener. Nous décidons d’aller dans les quartiers d’Irifune et de Benten. Voir la mer me fait toujours un bien fou.

Sur le chemin du retour, nous faisons des courses et allons dans une petite boulangerie, Tombolo.

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La boulangerie Tombolo

De retour à la maison, vers 18h, mon mari commence à cuisiner. Il a décidé de faire un ragoût. De mon côté, je m’occupe des photos et j’écris un peu.

Après le repas, nous regardons le « taiga », le feuilleton historique diffusé tous les dimanches. Je suis contente car j’arrive à suivre, alors que d’habitude j’ai du mal avec le vocabulaire et la façon de parler utilisés dans ces feuilletons.

Comment toujours avant de m’endormir, je bouquine. Je me mets au lit vers 22h15, mais je commence à paniquer. « Je n’ai pas étudié le japonais ! », « J’aurais peut-être dû faire le ménage au lieu d’aller me promener… » Mais non, il faisait beau aujourd’hui et c’était bien plus intelligent d’aller jouer dehors. Surtout qu’à partir de demain, débute mon marathon de travail : 12 jours de travail consécutifs, sans congé.

Sur cette pensée, je finis par m’endormir.

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2 réflexions sur “Journal du 2 au 5 juin

    1. Coucou Béné ! Je suis effectivement fatiguée, mais si je me souviens bien c’était la même chose l’an passé. Entre la Golden Week et les vacances d’été, nous n’avons quasiment pas de congés. Ça ira mieux bientôt !

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