Petits crimes japonais, de Nishimura Kyôtarô (西村京太郎)

« Petits crimes japonais » est un recueil de huit nouvelles policières écrites par l’un des plus grands auteurs japonais de romans policiers, malheureusement peu traduit en français. Depuis les années 60, Nishimura Kyôtarô a en effet écrit plus de 500 œuvres de fiction (liste en japonais sur Wikipédia : http://ja.wikipedia.org/wiki/西村京太郎の著作一覧) dont seulement une dizaine sont disponibles en français (incluant ces 8 nouvelles) !

Résumé

Métro à gogo

Employé de bureau ordinaire, Fujiwara Kotaro voit sa vie bouleversée lorsqu’il remarque un pickpocket à l’œuvre dans le métro de Tokyo. Non pas que le vol l’indigne ou l’effraie, au contraire… il l’excite. Et puisque cela semble si facile de dérober leur portefeuille à tous ces passagers imprudents, l’idée que lui aussi peut le faire se met à germer. Mais à ce petit jeu, Kotaro pourrait bien tout perdre : son travail, sa femme… et peut-être sa vie.

Les « bonnes œuvres » de l’agent Shibata

À la demande de sans-abri désirant passer l’hiver au chaud, l’agent de police Shibata commet de menus larcins qui les amènent à la prison pour quelques mois. Tout le monde y gagne : les sans-abri comme Shibata, qui obtient des promotions pour ses bons résultats. Mais un jour, un sans-abri surnommé Iwakuni lui demande plus : à 60 ans, n’ayant plus rien à espérer de la vie, il souhaite être condamné à la perpétuité pour finir tranquillement ses jours en prison. Pour une telle condamnation cependant, un simple vol ne suffirait pas. Et si l’agent Shibata assassinait une personne devenue trop gênante ?

« L’amour du prochain »

Une jolie jeune femme se présente chez un médecin avec une requête bien particulière. Son voisin, un homme âgé, est dépressif et n’a plus foi en l’être humain. Alors qu’il menaçait de se suicider, elle lui a lancé un défi : composer un numéro de téléphone correspondant à sa date de naissance et raconter ses malheurs à son interlocuteur. Si celui-ci l’écoute, cela prouvera que l’être humain n’est pas aussi insensible qu’il le pense, et elle espère que cette expérience lui redonnera le goût de vivre. Ce numéro de téléphone, c’est celui du médecin qu’elle est venue rencontrer. Arrivera-t-il à empêcher le vieil homme de se suicider ?

« Le jeu de la charité »

Lors d’un gala de charité, un jeune et riche PDG rencontre un vieillard critiquant la donation qu’il vient d’annoncer. Ce vieillard pense que le don est une vertu des riches, et qu’il doit être réalisé avec panache. Il propose une démonstration de ses principes au jeune PDG qui accepte de le suivre et découvre que le panache dont parlait le vieillard consiste en fait en un jeu cruel. Il se rend sur le quai des gares, repère sa proie, une personne qui semble être dans le besoin, et lui remet un portefeuille contenant 100 000 yens en lui disant « Monsieur, vous avez perdu votre portefeuille ». Il se délecte ensuite de l’embarras de sa « victime », déchirée entre son honnêteté et son besoin d’argent. Si dans un premier temps ce jeu amuse le jeune PDG, il en vient à le dégoûter et à détester le vieillard, à qui il compte bien rendre la monnaie de sa pièce.

Les pigeons

Qui s’amuse à tuer les pigeons du temple Sensôji ? Est-ce cette mère qui, chaque matin, promène son fils atteint de polio dans l’enceinte du temple ? Est-ce ce vieillard aveugle, qui donne aux pigeons des fèves bouillies préparées par sa fille ? Mais dans quel but quelqu’un irait-il tuer les pigeons ? L’inspecteur Tajima enquête à temps perdu sur cette mystérieuse affaire, mais une autre bien plus importante requiert bientôt toute son attention : l’évasion de Goro-chan, un violent criminel.

L’invitation au meurtre

Un quadragénaire et son ami débattent dans un bar de la plus grande sensation qu’un homme puisse éprouver. Suite à leur discussion, un vieillard aborde l’un d’entre eux et lui dit que la plus grande sensation qu’un homme peut éprouver ne peut être procurée que par le meurtre. Ce vieillard commence alors à raconter comment il a pris plaisir à tuer durant la Seconde guerre mondiale. Son récit est si prenant que son interlocuteur pourrait bien se laisser attirer dans un jeu dangereux…

L’homme qui venait d’Andromède

Un homme emménage dans un quartier résidentiel chic de Tokyo. Ses voisins, apprenant qu’il vient d’être muté au Japon et que sa famille est restée dans son pays d’origine, l’invite à dîner chez eux. Au cours de la soirée, cet homme demande à ses hôtes de leur montrer leur possession favorite. Mais le lendemain matin, à leur réveil, ils se rendent compte que cet objet a disparu ! Le nouvel habitant du quartier se met alors à rendre visite à d’autres voisins. Chaque fois, il leur demande de leur montrer ce qu’ils ont de plus précieux, et chaque fois, cet objet disparaît mystérieusement dans la nuit. D’abord ulcérés, les habitants du quartier se rendent très vite compte qu’ils peuvent profiter de la situation pour se débarrasser de choses encombrantes…

Le maître-chanteur bienveillant

Alors qu’il circulait au volant de sa camionnette, Nomura Shinkichi a renversé et tué une fillette. Pris de panique, il s’est enfui et est persuadé qu’aucun témoin ne l’a vu. Mais trois mois après l’accident, un homme vient se faire raser dans son salon de barbier et lui annonce qu’il était présent au moment de l’accident. Cet homme commence alors à le faire chanter, et lui demande chaque fois toujours plus d’argent en échange de son silence. Jusqu’à quand Shinkichi supportera-t-il ce chantage ? Sera-t-il tenté d’égorger le maître-chanteur quand il vient se faire raser ? Et d’ailleurs, qui est réellement ce maître-chanteur ?

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Commentaire

Cela ne fait aucun doute : Nishimura Kyôtarô est l’un des grands maîtres du roman policier ! Et il excelle dans le genre de la nouvelle, nous offrant pour chacune d’elle un dénouement joyeusement sinistre et teinté d’humour noir. Pour découvrir cet auteur et son univers, marqué notamment par sa fascination pour les trains, je vous suggère de commencer par lire « Les dunes de Tottori »

Si je ne peux que féliciter les traducteurs et la maison d’édition (Payot & Rivages) d’avoir travaillé ici sur un auteur peu traduit en français, je regrette néanmoins les nombreuses coquilles qui parsèment le recueil. Ponctuation mal placée et faute de frappe dans les noms des personnages et de lieu (notamment en quatrième de couverture, où la ville de Tottori est bizarrement devenue Tattoori) sont des perturbateurs de lecture et des générateurs de frustration. D’autant plus qu’une simple relecture aurait facilement permis de les éliminer !

Mais surtout, que cela ne vous empêche pas de vous jeter dans l’univers délicieusement cruel que Nishimura Kyôtarô nous offre au travers de ces nouvelles.

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Une réflexion sur “Petits crimes japonais, de Nishimura Kyôtarô (西村京太郎)

  1. Pierre

    Bonjour Paméla,

    Merci de nous faire découvrir de nouveaux auteurs japonais, je ne connaissais pas du tout Nishimura Kyôtarô !! Je crois pouvoir me procurer le recueil via une librairie spécialisée de mon quartier 🙂

    En ce moment, je suis occupé à lire « Les bébés de la consigne automatique » de Ryû Murakami. Ayant lu et donc acheté pas mal de romans écrits par Haruki Murakami, j’étais intrigué par cet auteur qui m’était inconnu ! Je ne regrette vraiment pas mon achat, c’est un bouquin très intéressant et super varié ! Si tu ne l’as pas encore lu, n’hésite surtout pas 😉

    Bonne journée,
    Pierre

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