Permis de conduire et conduite au Japon

Ça y est, j’ai obtenu mon quatrième permis de conduire ! Après un premier permis obtenu en France, j’ai obtenu un permis québécois (qui n’est plus valide) puis un permis ontarien lors de ma vie au Canada. Me voici maintenant en possession d’un permis de conduire japonais !

Convertir son permis de conduire en permis de conduire japonais

Traduction du permis de conduire d’origine

La première chose à faire a été d’obtenir une traduction de mon permis de conduire d’origine. Cette traduction se fait auprès de la JAF, la Japan Automobile Federation.

Puisqu’il faut normalement prouver qu’on a résidé au moins trois mois dans le pays d’obtention du permis, j’ai choisi de faire la conversion à partir de mon permis de l’Ontario, mon dernier lieu de résidence, mais la procédure aurait été identique si j’avais choisi de convertir mon permis français.

Je me suis donc rendue avec mon mari dans les locaux de la JAF de notre ville, munie des documents nécessaires. Le monsieur qui nous a accueilli a sorti de gros classeurs dans lesquels se trouvaient des photocopies de quasiment tous les permis de conduire du monde, avec pour chacun la traduction correspondante. Après avoir vérifié que mon permis correspondait bien au modèle photocopié dans son classeur, il nous a avisé que la traduction serait disponible quelques heures plus tard. Quelle efficacité ! Les frais de traductions étaient de 3 000 yens, soit l’équivalent d’environ 22 euros.

Pour plus de détails sur la procédure de traduction, je vous invite à consulter la page en français du site de la JAF.

Dépôt de la demande auprès de la police 

Une fois la traduction obtenue, j’ai dû me rendre au service de police en charge des permis de conduire. À Hakodate, ce service se trouve dans le centre d’examen du permis de conduire de la ville, où, surprise, je découvre que les jeunes Japonais passent leur examen de conduite… sur un circuit !!!

Mais revenons à nos moutons. Pour le dépôt de ma demande de permis de conduire, en plus de la traduction de mon permis d’origine, j’ai dû fournir les documents suivants :

  • une preuve de résidence émise par la mairie
  • des photocopies couleurs de différentes pages de mon passeport
  • une photocopie couleur de mon permis de conduire étranger

Après certaines vérifications, qui ont pris environ 10 jours ouvrables, la police nous a contacté pour fixer un rendez-vous pour la récupération du nouveau permis.

Récupération du permis japonais

Pour récupérer le précieux sésame, il faut remplir un formulaire, remettre une photo d’identité et payer les frais de demande (shinsei tesuuryou, 申請手数料) d’un montant de 2 200 yens ainsi que les frais de délivrance (koufu tesuuryou, 交付手数料), d’un montant de 2 050 yens, soit un total d’environ 30 euros.

Ensuite, on m’a fait passer un examen de la vue, que l’on appelle en japonais 運転免許証視力検査, untenmenkyo shiryokukensa (littéralement, examen de la vue pour le permis de conduire). Pour cet examen, il faut se mettre face à une machine comme celle-ci et regarder par les lunettes :

Machine pour examen de la vue

Voici ce que l’on voit dans la machine :

Comme vous le voyez, les différents ronds possèdent une ouverture qui est soit en haut (ue, 上), soit en bas (shita, 下), soit à gauche (hidari, 左), soit à droite (migi, 右). Lors de l’examen, une lumière s’allume sur un des ronds, et il suffit de dire où se trouve l’ouverture. Ensuite, deux lumières de couleur sont allumées et il faut dire la couleur de chaque lumière.

On continue la procédure avec la prise de la photo qui sera apposée sur le permis de conduire, puis celui-ci est enfin émis ! Je devrai par contre porter durant un an le signe des jeunes conducteurs, mais cela m’arrange bien comme je vais vous l’expliquer dans la deuxième partie de cet article.

Signe pour jeunes conducteurs au Japon
Signe pour jeunes conducteurs au Japon

Conduire au Japon

Au Canada, j’ai vécu au centre de deux grandes villes, Montréal et Ottawa, bien desservies par les transports en commun, et nous ne possédions pas de voiture. Ainsi, pendant 8 ans, aussi incroyable que cela puisse paraître, je n’ai pas conduit (hormis deux fois, lors de voyages en Gaspésie et à Terre-Neuve). J’ai même commencé à avoir peur de conduire, refusant de conduire la voiture de mes parents lors de mes retours en France et refusant de conduire les voitures que nous louions en auto-partage à Ottawa. Conduire en ville surtout me terrorisait, moi qui vient d’un petit village de Normandie.

Mais voilà, à Hakodate, ville de taille moyenne, il est nécessaire d’avoir une voiture et de plus, je n’ai pas envie de me retrouver isolée. Je veux aussi pouvoir me promener sur l’île d’Hokkaido cet été, et découvrir de nouveaux paysages. Malgré ma peur, en voyant les gens d’Hakodate conduire, je me suis dit qu’il n’y avait pas trop de danger. En effet, les gens roulent plutôt doucement, sans agressivité. De plus, j’ai eu l’occasion de parcourir différents endroits de la ville en bus ou en voiture avec mon mari, et je commence à bien me repérer.

Sitôt mon permis obtenu, j’ai pris le volant pour rentrer à la maison. Je n’étais pas rassurée mais je n’avais pas peur non plus, et surtout j’avais envie de conduire. Avoir le signe des jeunes conducteurs a bien entendu aidé à diminuer ma peur, puisque je savais que grâce à ce signe les autres seraient indulgents à mon égard.

Comme vous le savez sans doute, au Japon, on roule à gauche, comme en Angleterre, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire à ma reprise de la conduite. Le volant est à droite, et les commandes sont inversées : pour mettre le clignotant, c’est à droite, et pour mettre les essuie-glaces en route, c’est à gauche. Si rouler du côté gauche de la route ne m’a absolument pas déroutée, cette inversion de commandes m’a par contre embêtée au début. Mais après quelques erreurs, on se corrige vite, puis on s’habitue.

Le plus difficile n’est pas de conduire à gauche, mais de conduire sur des routes qui sont parfois très étroites. Comme je suis de nouveau une toute jeune conductrice, j’ai tendance à trop serrer le bord de la route, ce qui est problématique car les bords des trottoirs sont plutôt hauts, et aussi parce qu’au Japon les fils électriques ne sont pas enterrés, ce qui entraîne la présence de poteaux tout au bord des routes les plus étroites.

J’apprends donc à ajuster mon positionnement sur la route, je redécouvre les subtilités de la conduite, et je m’améliore à chaque fois. J’ai eu l’occasion de conduire seule (sur une petite distance) et pendant plus de 2h en montagne, accompagnée de mon mari. Mon prochain objectif est de conduire seule sur une distance plus longue. J’ai également acheté un livre sur le code de la route, car si la signalisation routière est globalement la même qu’en France, il y a toute de même certaines différences. De plus, j’imagine que la culture de la conduite est un peu différente et une chose qui me paraît normale pourrait ne pas l’être au Japon.

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Il est évident que je ne suis pas une super conductrice et que j’ai encore beaucoup à apprendre, mais je suis très fière d’avoir surmonté ma peur et d’avoir repris le volant.

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4 réflexions sur “Permis de conduire et conduite au Japon

  1. Pierre

    Félicitation pour l’obtention de ton permis de conduire japonais !!

    Bon courage. Bientôt tu seras une conductrice japonaise hors pair 😉

    1. Coucou Pierre !

      Justement, je pensais en faire un article qui s’intitulerait peut-être « La zone de confort ». J’imagine que ça te donne une idée de la situation… 🙂

      Paméla

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