La Voix, de Matsumoto Seicho (松本清張)

Titre en français : La Voix

Auteur : MATSUMOTO Seicho (松本清張)

Date de parution : 1956-1958

Traductrice : Karine Chesneau

Date de traduction : 1992

Édition : Picquier poche (1996)

Nombre de pages : 253

Résumé

La Voix est un recueil de six nouvelles policières dans lesquelles l’auteur s’intéresse à la psychologie de personnes ayant commis des crimes, et notamment aux doutes qui les assaillent. Ont-ils commis un impair qui pourrait les perdre ? À force de vouloir le savoir, certains pourraient bien se trahir…

Le complice (共犯者)

Propriétaire d’un magasin de meubles à Fukuoka, Uchibori Hikosuke doit sa fortune à un cambriolage de banque commis avec un complice, Machida Takeji. Tous deux étaient à l’époque des représentants de commerce, et ne sont jamais revus une fois leur forfait commis. Mais au bout de quelques années, Uchibori commence à s’inquiéter : est-ce que son complice, au caractère instable, ne risque pas d’être arrêté un jour ou l’autre ? Ou s’il décidait de le faire chanter ? Un jour, il retrouve la trace de Machida, qui a ouvert un commerce à Utsunomiya. Il décide d’embaucher un journaliste pigiste chargé d’espionner trois, quatre personnes (dont Machida), en lui demandant de rédiger des articles sur leurs commerces, lui faisant croire que c’est pour une revue commerciale. Très vite, les nouvelles de Machida vont se révéler très inquiétantes.

Le visage ()

Ino Ryokichi, acteur de théâtre, est choisi pour tenir un petit rôle dans un film. Son jeu fait sensation, et il est bientôt choisi pour tenir le rôle principal dans une autre production. Ino est partagé entre la joie de réussir professionnellement et l’angoisse d’être reconnu. Car l’acteur a dans le passé assassiné Miyako, une hôtesse de bar avec qui il avait une relation, et qui était tombée enceinte. Et le jour où il l’a assassiné, alors qu’ils prenaient le train, une connaissance de Miyako leur a parlé, et a vu son visage. Ino décide alors d’assassiner le témoin Ishioka, le seul à pouvoir l’identifier.

Au-dessus de tout soupçon (捜査圏外の条件)

Kuroi, banquier, vit avec sa sœur Mitsuko, 27 ans et veuve de guerre. Un jour, cette dernière décide de se rendre dans la préfecture de Yamagata, pour se recueillir sur la tombe de son défunt mari. Une semaine après son départ, Kuroi apprend que sa sœur n’est jamais arrivée à Yamagata, et en informe la police. 10 jours plus tard, il apprend que sa sœur est décédée dans le nord du pays, de mort en apparence naturelle. Il se rend sur place pour récupérer les cendres et effets personnels de Mitsuko, et apprend que le soir de sa mort, elle était accompagnée d’un homme, qui s’est enfui après la constatation du décès de la jeune femme. À la description qui lui est faite de cet homme, Kuroi reconnaît son collègue Kasaoka Yuichi et prépare alors sa vengeance.

Le roman-feuilleton (地方紙を買う女)

Une jeune femme de Tōkyō, Shioda Yoshiko, envoie une demande d’abonnement à un journal local dont, prétend-elle, le roman-feuilleton l’intéresse particulièrement. L’auteur, Sugimoto Ryuji, touché, lui adresse une carte postale de remerciement. Mais brusquement, Yoshiko met fin à son abonnement, prétextant que le roman-feuilleton est devenu inintéressant. Vexé, Sugimoto s’intéresse alors de plus près aux motivations de cette femme, et découvre que son abonnement a cessé après que la découverte de deux corps ait été rapportée par le journal. Il charge alors un détective privé d’enquêter sur la mystérieuse Shioda Yoshiko.

La voix ()

Takahashi Tomoko est standardiste dans un journal. Elle a une excellente oreille et reconnaît quasiment toutes les voix des 300 employés du journal. Une nuit, alors qu’elle appelle un certain professeur Akaboshi pour un collègue, elle se trompe de numéro et la personne qui répond lui dit « Ici, c’est le crématorium », puis la conversation est coupée. Elle se rend compte par la suite qu’elle a composé le numéro d’un certain Akaboshi Shinzo, alors que le professeur se prénomme Akio. Le lendemain, elle découvre dans le journal que la femme d’Akaboshi Shinzo a été assassinée dans la nuit. Elle se précipite au commissariat pour raconter son histoire, mais elle ne parvient pas à bien décrire la voix qu’elle a entendue. Son histoire et son nom sont relayés par les journaux, mais rien ne se passe. Un an plus tard, Tomoko se marie avec Kotani Shigeo. Trois collègues de celui-ci viennent régulièrement chez eux pour jouer au mah-jong. Un jour, l’un de ces collègues ne peut pas venir et téléphone pour prévenir. Tomoko répond et reconnaît alors la voix de celui qui avait répondu plus d’un an auparavant, chez Akaboshi Shinzo.

La collaboratrice d’une revue de haïkus (巻頭句の女)

Shimura Sachijo publie régulièrement des haïkus dans une revue intitulée « L’Épi du roseau ». Mais récemment, elle n’a rien envoyée. Les personnes en charge de la revue, sachant qu’elle est malade, s’inquiètent pour elle. Deux personnes se rendent à l’hôpital dans lequel elle est soignée, et apprennent avec stupeur qu’elle est partie, avec un homme qui avait souhaité l’épouser. Ils apprennent également que Sachijo est gravement malade, et qu’il ne lui reste que quelques mois à vivre. Toujours désireux d’avoir de ses nouvelles, l’un d’entre eux se rend chez elle et apprend qu’elle est décédée, et que son mari a quitté la maison.

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Avis

De cet auteur, j’avais déjà lu « Le vase de sable », que je n’avais pas du tout aimé. L’histoire était quelconque et les personnages sans âme. Ici, au contraire, on est plongé pour la plupart des intrigues dans la psychologie d’un personnage particulier : l’assassin. On sent le doute l’envahir de plus en plus, et on attend qu’il commette le faux pas qui, on le sait, le perdra.

Bien qu’il n’y a ait pas beaucoup d’action et que l’auteur se concentre sur la psychologie de ses personnages, les récits sont rythmés et tiennent en haleine jusqu’à la fin. On a droit à de beaux retournements de situations, subtilement amenés.

Je le recommande à tous les amateurs de romans policiers, qu’ils soient fans du Japon ou pas.

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