Le Pauvre cœur des hommes (こころ) de Natsume Sôseki (夏目漱石)

Pendant plus de dix ans, « Crime et châtiment » de Dostoïevski est demeuré le meilleur roman que j’ai lu, sans jamais être inquiété par aucun autre. C’était sans compter sur « Le Pauvre cœur des hommes », qui vient de rejoindre le roman russe à la place de numéro 1.

« Le Pauvre cœur des hommes » se divise en trois parties qui pourraient chacune fonctionner indépendamment l’une de l’autre. La première partie raconte la rencontre entre un jeune étudiant universitaire et un homme plus âgé, qui n’a d’autre activité que de réfléchir… ce qui est déjà un bien vaste programme ! Le jeune étudiant est attiré par cet homme, à tel point qu’il le suit et finit par devenir un habitué de sa maison. Son attirance se transforme en admiration pour celui qu’il appelle « le Maître ». Ce dernier, homme mystérieux portant un regard désespéré sur le monde et sur le genre humain, semble cacher au fond de lui un bien lourd secret.

Dans la deuxième partie, alors qu’il vient tout juste d’obtenir sa licence, le jeune étudiant doit quitter Tôkyô pour retourner dans sa province natale auprès de son père malade. Il se rend compte alors de la différence qui existe désormais entre lui et sa famille, entre lui et les gens de son village, qui n’ont jamais quitté la campagne et qui continue de voir le monde comme il était autrefois. C’est le choc entre le Japon ancien et le Japon nouveau, moderne. Bien que la santé de son père se dégrade, le jeune étudiant ne pense qu’à une seule personne : le Maître, dont il recevra une épaisse enveloppe brune.

Ce qui est contenu dans cette mystérieuse enveloppe brune constitue la troisième et dernière partie du roman. Il s’agit du récit de la vie du Maître, de sa poignante confession. On découvrira et comprendra pourquoi l’homme est si désespéré du genre humain, on suivra la progression de son cheminement philosophique jusqu’au dénouement, tragique, de la vie de cet esprit torturé par la conscience du mal.

Les qualificatifs ne me manquent pas pour qualifier « Le Pauvre cœur des hommes » : puissant, profond, philosophique, doux-amer, tendre, désespéré,… À lire absolument !

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